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Olivier Giroud (Montpellier) et Jean-Eudes Maurice (Paris) à la lutte | AFP - PASCAL GUYOT

Montpellier tient sa finale

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Après 17 ans d'attente, Montpellier a enfin touché son Graal: les Héraultais disputeront une finale de Coupe. Vainqueurs à l'arraché du PSG en demi-finales de la Coupe de la Ligue (1-0 ap.), les hommes de René Girard ont décroché leur billet pour le Stade de France. Réduit à 10 après l'expulsion de Chantôme, Paris s'est montré beaucoup trop maladroit.

A une marche du Stade de France, l'enjeu était de taille pour des Montpelliérains. Les protégés de René Girard abordaient leur demi-finale de Coupe de la Ligue avec l'avantage de jouer à domicile. Mais dans une Mosson bien remplie, les Héraultais ont tardé à entrer dans la partie. Bien décidé à poursuivre son aventure en Coupe, le PSG avait sorti l'artillerie lourde au coup d'envoi, Antoine Kombouaré confiant le jeu offensif à son quatuor de choc (Hoarau, Erding, Giuly, Nenê).

Du talent, mais finalement peu de réussite. En 90 minutes de jeu, les Parisiens n'arriveront jamais à cadrer un tir. Ce n'est pas faute d'avoir eu des occasions de tromper la vigilance de Pionnier, remplaçant d'un soir de Jourdren. Si Nenê parut emprunté, diminué physiquement par un virus et serré de près par la défense du MHSC, Hoarau, souvent bien servi par ses remuants ailiers, multiplia les frappes sans jamais trouver le cadre. L'attaquant parisien aurait même pu obtenir rapidement un penalty après avoir été fauché par El Kaoutari dans la surface (9e). Mais monsieur Ennjimi faisait signe de continuer.

Passé le premier quart d'heure de domination francilienne, Montpellier sortait la tête de l'eau. Plus présents dans le jeu, les locaux étaient tout près d'ouvrir la marque lorsque Giroud manquait d'un rien de pousser au fond du but un ballon mal contrôlé par son coéquipier Belhanda (21e). La seconde moitié de la première période était héraultaise avec des tentatives mal ajustées de Giroud (24e) et d'Estrada (33e). Le PSG se contentait de lancer de longs ballons à l'avant pour le trop esseulé Hoarau.

17 ans d'attente pour Montpellier

La seconde période repartait sur la même cadence, entre deux équipes volontaires mais peu inspirées face au but. Paris mettait le pied sur le ballon tandis que Giroud et consorts misaient sur les contres. Une fois encore, l'occasion de but la plus sérieuse était à mettre à l'actif de Hoarau. Mais une fois de plus, l'ancien Havrais se précipitait un peu trop, gâchant un bon service de Giuly en reprenant de volée un peu trop rapidement (65e) avant d'être stoppé d'un magnifique geste défensif par El Kaoutari (79e). La réplique héraultaise était pour Ait Fana. Mais le Marocain ratait lui aussi le cadre (74e).

Le match basculait dans les dernières minutes. Entré en cours de jeu à la place de Nenê, Chantôme quittait ses coéquipiers en avance, coupable d'un tacle en retard sur Bocaly, synonyme de second carton jaune et d'expulsion (88e). Après 90 minutes sans grand relief, Paris devrait encore lutter 30 minutes à 10 contre 11.

La prolongation fut finalement plus animée que le temps réglementaire. Même en infériorité numérique, la bande à Kombouaré jouait sa chance. Maurice obligeait Pionnier à un arrêt des deux poings (98e) avant que Tiéné et Hoarau (99e) ne ratent coup sur coup leur chance. Estrada, pour Montpellier, n'était pas plus en vaine (101e). Il fallait finalement attendre la 110e minute pour assister au premier véritable tir cadré parisien, l'œuvre une fois de plus de Hoarau en bout de course.

Alors que la séance des tirs au but semblait incontournable, Olivier Giroud délivrait La Mosson dans les toutes dernières minutes. L'ancien Tourangeaux décroisait sa reprise de la tête après un service somptueux de Dernis (1-0, 117e). Malgré une dernière tentative de Maurice, qui profitait d'un relâchement de la défense montpelliéraine mais se heurtait au poteau de Pionnier (120e), Paris s'arrête là. Pour la première fois depuis 1994, Montpellier dispute une finale de Coupe. Ce sera cette fois celle de la Coupe de la Ligue le 23 avril au Stade de France face à Auxerre ou Marseille qui s'affronte mercredi en Bourgogne.

René Girard (entraîneur de Montpellier): "Les garçons ont montré ce soir qu'ils étaient capables de bien faire, malgré tout ce qu'on dit sur eux. C'est un moment exceptionnel pour nous, petits provinciaux... Disputer une finale, contre qui que ce soit, c'est beau! Tout le monde a été présent et a rempli son rôle. C'est très satisfaisant. Je ne commente pas, par ailleurs, les propos de mon président dans la presse."

Antoine Kombouaré (entraîneur de Paris): "C'est une grosse déception, car j'ai le sentiment d'avoir fait un très bon match. Mais en foot, pour gagner, il faut marquer. Nous avons manqué de justesse, de précision, malgré beaucoup d'occcasions. Mais je n'ai pas grand chose à reprocher à mes efforts, qui ont fait beaucoup d'efforts. Quand tu ne marques pas, tu t'exposes... On a rectifié le tir en 2e mi-temps, mettant le ballon au sol. Mais sans réussite. On est donc tous très déçus. Je suis très fier cela dit de la performance de mes joueurs. Je souhaite bon vent à Montpellier, qu'ils aillent au bout! Quant à nous, nous devons repartir de l'avant. Mais j'ai confiance, vu notre état
d'esprit et la qualité du jeu que l'on propose".