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Koziello (Nice) face à Metanire (Metz) | VALERY HACHE / AFP

Metz passe par tous les états

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D'abord euphorique après avoir rapidement mené 3-0, puis fébrile devant le retour de Nice qui parvenait à arracher les prolongations, le FC Metz s'est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue à l'issue de la séance des tirs au but (3-3, 3 t.a.b 2).

Les Niçois avaient encore la tête à Guingamp en début de match. Grisés par leur éclatant succès en Ligue 1 chez les Bretons (2-7), les Aiglons allaient vite piquer du nez. Sans le héros Eduardo, auteur d'un retentissant quintuplé face à l'EAG mais laissé sur le banc par Claude Puel, les Azuréens étaient pris à la gorge dès les premières secondes par des Messins survitaminés. Beaucoup plus présents dans l'engagement physique, les Lorrains asphyxiaient la faible opposition et ouvraient logiquement le score face à une défense aux abois sur un corner et une tête piquée de Palomino (0-1, 5e). Et ce n'était que le début du calvaire de Simon Pouplin. Quelques minutes plus tard, le gardien niçois devait à nouveau repêcher le ballon au fond de ses filets après une tête plongeante de Ngbakoto (0-2, 13e). Apathiques, les joueurs de l'OGCN ne réagissaient toujours pas malgré l'urgence. Devant tant de largesse, les hommes d'Albert Cartier ne se privaient pas et Vion, comme à la parade, prenait le boulevard entre deux défenseurs adverses avant de conclure d'une belle pichenette (0-3, 17e). 

Opération portes ouvertes

Le match aurait pu s'arrêter là mais, par un étrange retour des choses, le FC Metz tombait à son tour dans la suffisance et les approximations et remettre Nice en jeu. A l'orgueil, les locaux revenaient d'abord par Maupay, qui bénéficiait d'un contre favorable face à Carrasso, pour marquer en deux temps (1-3, 21e). Subitement relancés, les Rouge et Noir se ruaient sur le but lorrain, et à la suite d'une nouvelle incroyable partie de billard, Bosetti ramenait les siens à une longueur (2-3, 37e). Scénario renversant pour un match aux allures d'opération portes ouvertes.

Les deux formations avaient repris un peu leur sérieux à la reprise, ce qui devait satisfaire Puel et Cartier, moins les spectateurs. Nice retombait dans ses travers de la première période en multipliant les erreurs techniques alors que Metz se satisfaisait de son maigre avantage. Il aurait pu le creuser davantage si Pouplin n'avait pas sorti, d'une manchette, un coup de tête de Maïga (69e) ou si l'arbitre avait décidé de sanctionner d'un penalty Diawara, auteur d'une main dans sa surface (70e). Alors que l'entrée en jeu d'Eduardo était guettée côté niçois, Puel créait la surprise en relançant Dario Cvitanich. L'Argentin, qui n'avait plus marqué depuis la première journée de L1, ne tardait pas à se montrer décisif en convertissant un penalty accordé après une main de Palomino dans sa surface ! (3-3, 88e). Coup dur pour le FC Metz qui payait une fin de match trop fébrile et voyait ses efforts initiaux réduits en fumée. 

Les prolongations confirmaient que le rythme de ce match allait decrescendo. D'abord échevelée, la partie se terminait sur une allure de sénateur, chaque équipe refusant de trop s'exposer au contre adverse et, sans surprise, la séance de tirs au but intervenaient pour départager deux formations essorées. Les premiers tireurs (Bodmer et Cvitanich côté niçois, Malouda à Metz) manquaient tous leur cible avant que leurs coéquipiers ne règlent enfin la mire. Et c'était le malheureux Bosetti, dont la frappe fracassait la barre de Carrasso, qui envoyait Metz en 1/8e de finale. 

Déclarations : 

Claude Puel (entraîneur de Nice): "Nous  n'avons pas le temps de nous apitoyer sur notre sort. Nous avons eu une éclipse  pendant un quart d'heure, le premier. Nous sommes tous fautifs, et moi également. Je n'ai sans doute pas eu le discours nécessaire pour que nous  entrions mieux dans la partie. Metz était bien présent et nous absents. Nous  avons voulu relancer court devant le pressing lorrain. Nous avons été ensemble  dans l'insuffisance puis ensemble dans la réaction collective. Car après, les  joueurs ont été énormes dans l'envie et dans le caractère. Ils ont tout donné  dans l'adversité. Mais nous n'avons pas mis le quatrième but alors que nous  avons eu les situations. Même s'il y a beaucoup de frustration et de déception,  il faut passer à autre chose. Je ne veux rester que sur le positif, nous avons  vu que nous sommes capables de remonter trois buts.
   
Albert Cartier (entraîneur de Metz): "Nous sommes évidemment super contents de nous être qualifiés dans un match équilibré entre deux formations ayant  montré des choses intéressantes. Bien sûr qu'il y a de la crainte quand  l'adversaire remonte trois buts, mais pas plus qu'à 3-0 en notre faveur. Finir  aux tirs au but n'est jamais facile pour le vaincu bien sûr mais également pour  le vainqueur. On sortait d'une période difficile avec peu de buts marqués à  l'extérieur. En un peu plus d'un quart d'heure, nous avons donné la copie  parfaite de ce qu'on voulait faire en déplacement depuis longtemps. L'équipe a  toujours eu envie de jouer loin de chez elle, mais n'a pas toujours été  réaliste. Nous avons gagné ce match sur la générosité, Nice n'en a pas manqué  dans cette rencontre ouverte, engagée et intense. Ce match comptera ou pas,  seul l'avenir le dira. 

Julien Lamotte