L'OL et la Coupe de la Ligue, une histoire forte et contrastée

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Auteur·e : Denis Menetrier
Anderson soulève la Coupe de la Ligue en 2001 aux côtés d'Edmilson et Coupet
Anderson soulève la Coupe de la Ligue en 2001 aux côtés d'Edmilson et Coupet | BEP/NICE MATIN

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Vendredi, contre le Paris Saint-Germain, l’OL jouera la sixième finale de Coupe de la Ligue de son histoire. Une victoire lui permettrait de se qualifier pour la Ligue Europa et offrirait au club son deuxième succès dans la compétition. Le premier remonte à 2001, lorsque l’OL remportait le premier trophée significatif de l’ère Jean-Michel Aulas. Depuis, le club reste sur trois défaites en finale de la compétition, confirmant la relation et l’histoire particulière qu’entretient l’OL avec la Coupe de la Ligue.

Vingt-cinq ans après sa création en 1995, la Coupe de la Ligue tire sa révérence vendredi au Stade de France, à l’occasion de la finale entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais. Pour Lyon, remporter ce match permettrait au club d’obtenir une place au deuxième tour de qualification de la Ligue Europa, mais aussi et surtout de boucler la boucle d’une histoire contrastée avec la Coupe de la Ligue. Car cette compétition restera gravée dans l’histoire de l’OL pour plusieurs raisons. Durant ses 25 ans d'existence, le club rhodanien a atteint cinq fois la finale de la Coupe de la Ligue, mais ne l’a remporté qu’une fois.

Un ratio négatif alors que l’OL a écrasé le football français du début du siècle et aurait pu briguer plus d'une Coupe de la Ligue. À titre de comparaison, le PSG, qui domine outrageusement la Ligue 1 depuis plusieurs années, a remporté cinq fois la compétition ces dernières saisons. Malgré les quatre finales perdues (1996, 2007, 2012, 2014), la Coupe de la Ligue est surtout le synonyme du début d’un récit, celui de "la belle époque" comme la décrit Cris, défenseur de l’OL de 2004 à 2012. Après avoir gagné le championnat de deuxième division en 1989, la Coupe de la Ligue est en effet le premier trophée de l’ère Jean-Michel Aulas, président du club depuis 1987. Une victoire décisive en finale contre l’AS Monaco de Claude Puel, le 5 mai 2001 au Stade de France.

"C’était un très grand moment", se remémore Vikash Dhorasoo, qui a pratiquement joué l’intégralité de la finale. "On était heureux d’emmener toute la ville, tous les supporters qui se sont déplacés au Stade de France avec nous". Plus de 40 000 Lyonnais montent à Paris pour assister à la victoire en prolongations de l’OL (2-1 a.p.) de Jacques Santini, grâce à un but de Patrick Müller à la 118e minute suite à un débordement du capitaine Sonny Anderson.

La finale de 2001 "a décomplexé l'OL"

À l’époque, Lyon remporte sa première coupe nationale depuis 1973 et annonce surtout à la France du football que le club est prêt à passer un cap. "On a prouvé à tout le monde que Lyon pouvait gagner", explique Sidney Govou, entré à la 77e minute de cette finale. Pour l’ancien attaquant de l’OL, "on était considéré jusque-là comme un club de gentils, mais pas de gagnants. Psychologiquement parlant, à partir de cette finale, on savait qu’on pouvait gagner. S’il n’y avait pas eu ce match contre Monaco en 2001, je ne pense pas qu’on aurait eu le parcours qu’on a eu après."

Jacques Santini et Jean-Michel Aulas savourent la victoire en Coupe de la Ligue en 2001
Jacques Santini et Jean-Michel Aulas savourent la victoire en Coupe de la Ligue en 2001 © BEP/LE PROGRES

"C’est vrai que cette victoire a déclenché quelque chose, elle a décomplexé l’OL", souligne Dhorasoo, qui n’a pas connu le premier titre de champion de France la saison suivante puisqu’il était prêté à Bordeaux. La finale de 2001 contre l’AS Monaco consacre la relation particulière entre la Coupe de la Ligue et l’OL, malgré la première défaite en finale en 1996 contre le FC Metz (0-0, 5-4 t.a.b.). "Cette victoire est alors l’aboutissement de la construction du club avec Aulas", juge Dhorasoo.

Henrique et Brandão, bourreaux de l'OL

Si un lien fort existe dorénavant entre l’OL et la Coupe de la Ligue, les années suivantes ne sont pas fructueuses pour Lyon : malgré ses sept titres de champion de France, l’OL ne parvient pas à dépasser les quarts de finale de la compétition lors du reste de la décennie, excepté en 2007. Lyon perd alors la finale contre les Girondins de Bordeaux. "C’est la première fois qu’on avait l’occasion de réaliser le doublé (Coupe-championnat, ndlr) pour le club et on n’a pas réussi. C’était un gros regret à l’époque", se souvient Cris, titulaire lors de la finale. "On avait une grande équipe qui jouait ensemble depuis très longtemps, c’était dur à avaler."

Dominateurs tout au long de la rencontre, les Lyonnais s'inclinent sur un corner et une tête de Henrique en toute fin de match. "J’étais très déçu pour Rémy (Vercoutre, fautif sur le but, ndlr), mais ce match, on ne l’a pas abordé comme une finale", concède Sidney Govou. "Il y avait une forme de relâchement, de décompression. Et avec le recul, cette défaite ne m’a pas trop impacté, ce qui n’est pas bien. Et ce qui est le signe qu’on n’était pas prêt à jouer cette finale."

Henrique passe devant Cris et Squillaci pour marquer le but victorieux en 2007
Henrique passe devant Cris et Squillaci pour marquer le but victorieux en 2007 © JACK GUEZ / AFP

Le syndrome de champions peu enclins à se motiver pour une Coupe de la Ligue souvent décriée et déconsidérée par rapport à la Coupe de France ? "Non, pas vraiment", rétorque Anthony Réveillère, désormais directeur sportif du Goal FC. "La Coupe de la Ligue faisait bien évidemment partie des objectifs qu’on avait à chaque début de saison. On avait envie d’aller chercher le maximum de titres". Remplaçant contre Bordeaux en 2007, l’arrière droit de l’OL (2003-2013) était titulaire contre l’Olympique de Marseille lors de la finale de l’édition 2012. Une nouvelle défaite, concédée en prolongations sur un but de Brandão (0-1, a.p.), qui vient à nouveau brouiller le lien entre la Coupe de la Ligue et l’OL.

La fin de "la belle époque"

"J’avoue que j’avais rangé ces souvenirs dans un coin de ma tête, je préfère ne garder que les bons", sourit Réveillère. "Mais ce que je retiens de 2012, c’est un énorme regret même si on remporte la finale de la Coupe de France deux semaines plus tard (contre Quevilly, 1-0, ndlr)." Pour Cris, désormais entraîneur de l’équipe première du Goal FC, la finale contre l’OM reste également un symbole dans l’histoire de l’OL : "C’est l’année de la transition avec les jeunes. On ne gagnait plus le championnat depuis quelques saisons, on perd la Coupe de la Ligue, on remporte la Coupe de France mais dans la difficulté. Le club a commencé à changer à ce moment-là, avec de nouveaux objectifs pour la suite."

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L’OL nouvelle génération perdra une autre finale de Coupe de la Ligue deux ans plus tard, en 2014 (1-2), contre un PSG dont la domination sur le football français s’accroît d’années en années. Des quatorze joueurs qui ont participé à la finale de 2014, aucun n’a remporté le moindre titre de champion de France avec l’OL. La "belle époque" a bel et bien pris fin et Lyon, qui attend un titre depuis 2012, n’a plus joué la moindre finale depuis.

Buteur en finale, Lacazette ne peut empêcher la défaite contre le PSG en 2014
Buteur en finale, Lacazette ne peut empêcher la défaite contre le PSG en 2014 © FRANCK FIFE / AFP

Les huit ans de disette pourraient prendre fin ce vendredi en cas de victoire en finale de la Coupe de la Ligue, "une compétition que l’OL aurait finalement dû gagner beaucoup plus que cela", juge Cris. "Une compétition qui a de la valeur, qui est importante", tient à souligner de son côté Dhorasoo, qui est "déçu qu’elle disparaisse". En cas de succès contre le PSG au Stade de France, l’OL obtiendrait une place en Ligue Europa et pourrait effacer les échecs passés en finale de Coupe de la Ligue. Remporter la dernière édition de cette compétition aurait forcément une saveur particulière pour l’OL, qui entretiendra avec elle un lien historique important.

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