Ruffier
Stéphane Ruffier déterminant dans la victoire des Verts | AFP - FRANCOIS LO PRESTI

Les Verts font tomber le PSG

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Saint-Etienne s'est qualifié pour les demi-finales de la Coupe de la Ligue en éliminant le PSG aux tirs au but, mardi à Geoffroy-Guichard (0-0, 5 tab à 3). Dans une vraie rencontre de coupe, enlevée et disputée, les Verts ont montré beaucoup de solidarité et d'envie alors que les Parisiens ont laissé passer leur chance.

Entre deux des meilleures attaques et deux des meilleures défenses du championnat, la dimension tactique a supplanté le spectacle échevelé alors que l'on pouvait s'attendre soit à un festival, soit à un match fermé. C'est ce dernier scénario qui a prévalu dans un Stade Geoffroy-Guichard des grands soirs, dans une chaude ambiance pour soutenir une équipe stéphanoise qui lançait les premières offensives.  

Les Verts mettaient leur emprise sur le jeu, en imposant leur rythme, et en gagnant des duels dans des affrontements très engagés, et un milieu de terrain qui donnait du fil à retordre à des Parisiens qui perdaient beaucoup de ballons. 

Chacun sa mi-temps

Quand les Parisiens parvenaient à construire, ils portaient certes quelques menaces sur le but stéphanois, mais la défense tenait parfaitement, même si sur une mauvaise passe de Bayal, interceptée par Ibrahimovic, il fallait une sortie de Ruffier pour sauver la maison verte. Mais dans l'ensemble d'une première période dominée par les hommes de Galtier, les occasions n'étaient pas très nombreuses, la plus significative étant à mettre à l'actif d'Aubameyang, reprenant un corner de Ghoulam,  pour placer une tête repoussée sur sa ligne par Chantome alors que Douchez était battu. Pour le reste, ce ne fut que quelques occasions sans grand danger, même si Lavezzi se montrait remuant dans l'attaque parisienne. Les Verts toujours dans le rythme poussaient en fin de période, profitant du fait que les espaces s'étiraient dans un milieu parisien où Matuidi heureusement était omniprésent.

La deuxième période était davantage parisienne.Les hommes d'Ancelotti ne se laissaient plus dicter le tempo, mais ils ne se montraient pas pour autant très dangereux, en partie à cause d'un Ibrahimovic en demie-teinte. Le PSG jouait plus haut, allait davantage vers l'avant, mais ses actions manquaient de mouvements pour déstabiliser un bloc défensif stéphanois bien organisé. Les Verts procédant en contres, et tombant parfois dans un excès de précipitation, ne se procuraient plus beaucoup de possibilités et laissaient les clés du jeu à des Parisiens peu tranchants, même si l'entrée de Nene leur donnait un peu plus de possibilités offensives. Le temps réglementaire se terminait sur une baisse de régime notable, et une dernière montée stéphanoise à l'image d'une rencontre engagée où les deux équipes se rendaient coup pour coup.    

Lavezzi manque le KO

La prolongation s'engageait sur de bonnes bases côté Stéphanois avec des Verts bien décidés à tenir et à jouer leur chance jusqu'au bout Avec notamment un tir tendu de Brandao. Les Parisiens s'offraient aussi quelques bons ballons et s'offraient surtout une occasion énorme à la 105e minute. Sur une relance complètement ratée de Clerc, le ballon échouait dans les pieds de Lavezzi, seul en position favorable. Mais au lieu de pivoter et de crucifier le gardien stéphanois, l'Argentin sans doute contaminé par la Zlatan-dépendance, servait Ibrahimovic en retrait. Mais sa passe était mal ajusté et Ruffier pouvait sortir proprement dans les pieds du Suédois.

Les Parisiens avaient du mal à digérer cette occasion manquée. D'autant qu'ils s'en procuraient encore quelques unes par Lavezzi ou Ibrahimovic -décidément pas dans un bon jour- où sur une frappe de Menez repoussée des deux poings par Ruffier, dans une deuxième partie de prolongation où les Verts s'éteignaient physiquement, subissant les vagues parisiennes, mais ne cédant pas défensivement sous les assauts, et parvenant finalement à sauvegarder au moins une chance d'accrocher leur qualification aux tirs au but. 

Mais il était écrit que l'ASSE aurait le dernier mot. Pas de vainqueur cette fois, mais un qualifié. Si Ibrahimovic finissait par avoir le dernier mot sur son penalty, Ruffier repoussait la tentative de Thiago Silva tandis qu'Aubemeyang propulsait les Stéphanois en demi-finales à l'issue d'un sans-faute des Verts face à Douchez.

Carlo Ancelotti (entraîneur du Paris SG): "Il nous a manqué de marquer quand on a eu l'opportunité. L'équipe a été bonne, notre jeu aussi. Je n'ai rien à dire aux joueurs. Nous sommes déçus du résultat mais le comportement de l'équipe a été très bon. On a joué 120 minutes avec continuité et contrôle. C'est une performance qui nous donne de la confiance pour la suite. Il nous a manqué seulement le but. Ce n'est pas inquiétant pour l'avenir. Il y a encore beaucoup de matches, tous les joueurs peuvent être utilisés. Ruffier est un bon gardien, il a fait un bon match, mais toute l'équipe de Saint-Etienne a fait un bon match. C'était un beau match équilibré et ils ont gagné aux tirs au but. Bonne chance à Saint-Etienne."

Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne): "Il y a beaucoup d'émotions, à la fin on explose de joie. On est arrivé encore à battre Paris alors qu'on ne joue pas dans la même cour. Il y a eu beaucoup de sang froid dans la série de tirs au but et "Ruff" (Ruffier) fait l'arrêt qu'il faut. Sur le match, bien sûr que Paris a dominé, mais on a été au bout de nous-mêmes face à une équipe qui nous est supérieure et on a réussi à se qualifier. Je suis très heureux, vraiment, pour les joueurs. Il faudra vite récupérer car moi j'ai déjà la tête à notre match contre Ajaccio (vendredi). Stéphane (Ruffier) a été décisif sur deux occasions qui viennent de deux erreurs graves de notre part. Quand on a une équipe qui tourne, c'est aussi qu'on a un bon gardien. Ce soir, il y avait les deux meilleures défenses de notre Championnat. Ancelotti a mis la meilleure équipe possible, les rentrants étaient forts aussi. Est-ce qu'on en voulait plus que Paris ? Je ne crois pas que ça se soit joué là. Quand on force la réussite, on a de bonnes surprises. Maintenant, on a des échéances importantes qui arrivent en Championnat. On est dans le dur sur le plan physique mais quand on gagne, on récupère plus vite."

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Christian Grégoire