Les joueurs de Saint-Etienne et le coach Christophe Galtier fêtent la victoire en Coupe de la Ligue
Les joueurs de Saint-Etienne et le coach Christophe Galtier fêtent la victoire en Coupe de la Ligue | FRANCK FIFE / AFP

La Coupe de la Ligue a fait son trou

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Décriée il y a quelques années au point que certains voulaient carrément la supprimer du calendrier, la Coupe de la Ligue semble aujourd’hui bénéficier d’une certaine notoriété. Son palmarès et l’engouement suscité par les dernières finales ont permis à cette épreuve de vraiment décoller à l’approche de ses 20 ans.

Si elle n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse comme l’honorable Coupe de France, la Coupe de la Ligue suscite aujourd’hui beaucoup moins de condescendance. Il y a peu encore, certains joueurs ou entraîneurs militaient pour la rayer du calendrier, arguant qu’elle faisait doublon avec la Coupe de France et qu’elle n’en possédait nullement le prestige.

Engouement pour l'OM et les Verts

En 2009, le syndicat des présidents de clubs avait même publiquement souhaité que la 5e place du championnat soit directement qualificative pour la Ligue Europa, à la place du tenant du trophée. Il faut dire que l’affiche opposant Bordeaux à Vannes, club de Ligue 2, n’avait pas franchement enthousiasmé le grand public.

Tout a changé avec le triplé de l’OM (de 2010 à 2012) et le triomphe de Saint-Etienne au printemps dernier (1-0 contre Rennes). Lorsque les Marseillais de Didier Deschamps ont remporté la compétition le 27 mars 2010 en battant le rival girondin (3-0), ils ont rapporté sur le Vieux-Port le premier titre du club depuis la Coupe d’Europe 1993. Toute la ville a fêté cette victoire avant de remettre ça quelques semaines plus tard pour le sacre national.

Fini les Strasbourg-Caen ?

L’impact du succès des Verts le 20 avril dernier est encore plus important. Cela faisait 31 ans qu’ils n’avaient pas disputé une finale et 32 ans qu’ils attendaient un titre. L’explosion de joie de tout le peuple vert à la fin de la rencontre était à la (dé)mesure de cette attente non comblée.

En fait, le couronnement successif des deux plus grands clubs français (au palmarès et en terme de supporters) a ravivé la flamme de la Coupe de la Ligue. Il lui a redonné des couleurs perdues lors de finales peu attirantes sur le papier –pour le grand public : un Strasbourg-Caen (2005) ou un Nancy-Nice (2006) font forcément moins rêver qu’un Marseille-Bordeaux ou un Marseille-Lyon, deux des quatre dernières affiches proposées.

Quatre matches pour un trophée

Certes, l’épreuve relancée en 1994-95 ne passionne vraiment qu’à partir des demi-finales, lorsque le Stade de France est en vue, mais le palmarès de la Coupe de la Ligue vient rappeler que les cadors ne la dédaignent pas. Ils la respectent à défaut de l’aimer comme sa grande sœur, la Coupe de France, qui fait la part belle aux clubs amateurs (et qui assure à ce titre davantage de surprises).

Surtout, elle rapporte pas mal d’argent grâce notamment aux droits télés, ce qui intéresse souvent les présidents désireux de renflouer les caisses plus que de participer à la Ligue Europa suivante, guère prisée. Enfin, elle s’offre rapidement : seulement cinq matches pour la gagner, quatre pour les équipes engagées au niveau européen ! Il faut deux tours de plus en Coupe de France.

Le débat sur son maintien ou non dans les prochaines années semble donc avoir été mis de côté, même pour une Ligue 1 à 20 clubs. La majorité des présidents du football professionnel français préfère le statu quo à un retour à 18 clubs dans l’élite. Mais ces patrons sont aujourd’hui plus enclins à s’accommoder d’un championnat à 20 ET d’une Coupe de la Ligue. Le dilemme n’existe plus.