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"Y a-t-il un médecin dans l'avion ?" | AFP

Guingamp - Monaco : Viser la coupe pour rebondir en championnat, un mythe ?

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Quand une équipe de Ligue 1 vouée à lutter pour son maintien réalise un bon parcours en coupe, une grande question se pose. Faut-il s'y investir à 100% ? Guingamp et Monaco, les deux derniers de Ligue 1, s'affrontent mardi en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Pour beaucoup d'observateurs, il est acquis qu'une bonne série en coupe permet à un club de reprendre confiance pour mieux se battre contre la relégation. Est-ce vraiment le cas ?

Monaco et Guingamp s'affrontent mardi en demi-finale de Coupe de la Ligue, en parallèle d'une saison morose en championnat. Les deux formations ont une priorité, se maintenir dans l'élite du football français, et n'ont en même temps qu'une petite marche à gravir pour une finale au Stade de France. Difficile pour les deux derniers de première division de s'investir à fond dans leur demi-finale, sans garder dans un coin de la tête les conséquences néfastes d'une probable rétrogradation en deuxième division.

Qu'il semble lointain le titre de champion de France, acquis en 2017 par l'ASM. Le club du Rocher vit une saison cataclysmique. Deux coaches limogés, 15 petits points en 22 matches et une série de cinq matches sans victoire. Peut-être faut-il attendre le temps de la mise en place d'une nouvelle dynamique. Leonardo Jardim fait tout juste son retour sur le banc. Cinq recrues sont arrivées cet hiver. Pas plus tôt que lundi, un départ de Youri Tielemans était évoqué. 

Dans les Côtes-d'Armor, la situation n'est pas plus réjouissante même si la pression des résultats n'est pas aussi forte. Le club de Bertrand Desplat n'a pas les mêmes moyens que son adversaire du soir. Dernier de Ligue 1, Guingamp a cru à un redoux fin décembre, avec notamment une victoire contre Monaco (2-0) en championnat, suivie de deux succès en coupe. Mais le club breton est toujours dernier et reste sur deux défaites d'affilée en L1.

Trouver l'équilibre dans l'investissement

Les deux équipes ne braderont pas leur demi-finale en Coupe de la Ligue. "Le match contre Guingamp est très important. On pourrait jouer une compétition européenne la saison prochaine en gagnant un titre. On va tous donner notre maximum pour atteindre notre objectif : la Coupe, mais surtout le Championnat en priorité", a déclaré Jardim. Même son de cloche côté Gourvennec : "Gagner une coupe, ce n'est pas un objectif de saison. Pour moi, gagner une coupe, et on l'a déjà fait, c'est quelque chose qui se construit tour après tour. Il y a quelque chose qui naît, il y a un parfum particulier."

Une victoire serait forcément bénéfique. D'un côté, c'est une très belle occasion de garnir l'armoire à trophées. Deux matches sont à jouer et le PSG est hors course. De l'autre, une victoire contre un concurrent direct pour le maintien permettrait d'emmagasiner un peu de confiance tout en broyant un peu plus celle du rival. Mais une qualification en finale ne saurait résoudre les problèmes de fond qui accablent les deux formations. 

Pas plus tôt que l'an passé, le club des Herbiers, petit poucet finaliste de la Coupe de France, n'a pu éviter une rétrogradation en National 2 malgré son parcours héroïque jusqu'au Stade de France. Prenons aussi l'exemple d'une ex-formation de Ligue 1, Nancy. A la lutte pour le maintien, l'ASNL avait atteint les demi-finales de la Coupe de la Ligue lors de la saison 2016-2017 avant une relégation en Ligue 2.

La finale en guise de révélateur ?

La vraie question pour Monaco et Guingamp ne sera pas de savoir s'il faut vraiment s'investir dans ce match, mais plutôt de trouver l'équilibre entre la Coupe de la Ligue et la lutte pour le maintien, physiquement et mentalement. Ne pas trop miser sur l'effet curatif de la coupe, ne pas perdre de cadre sur blessure sont des objectifs primordiaux pour éviter de sombrer définitivement.

Le seul cas de figure vraiment positif pour l'une des deux équipes serait de s'imposer avec la manière face à un adversaire investi. Et dans ce cas précis, s'il y a victoire convaincante, il ne faudra pas l'identifier comme étant la cause fondatrice d'un rebond ultérieur mais plutôt la manifestation d'un assainissement en interne.

Prenons l'exemple de Bastia. Quand le Sporting s'est qualifié pour la finale de la Coupe de la Ligue 2015, il était 19e de Ligue 1 un mois plus tôt. Le parcours des hommes de Ghislain Printant n'était alors que la conséquence d'un regain de confiance du côté de la Haute-Corse. Plutôt que de permettre prévoir un rebond dans les semaines à venir pour une des deux équipes, la demi-finale entre Monaco et Guingamp pourrait se faire le révélateur d'un redoux... ou d'une nouvelle impasse.