Les Dijonnais à la fête
Les Dijonnais à la fête | AFP-MERLE

Dijon surprend Paris

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Dijon a créé la première surprise des huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue en sortant le très ambitieux Paris Saint-Germain (3-2). Dans la foulée, Lorient a dominé une équipe de Montpellier réduite à 10 (2-1), et Lille a eu raison de Sedan (3-1). Nice est également passé en battant Sochaux 2-1. Lyon est sorti vainqueur du 102e derby face à l'ASSE 2-1. Caen a battu l'AJA en prolongation (2-1) et Le Mans a eu raison de Rennes aux tirs au but (0-0 4 tab à 1).

Le PSG éliminé

Même si quelques-uns de ses joueurs clés se trouvaient sur le banc, le Paris-Saint Germain a assez logiquement dominé le début de rencontre. Après une première alerte sur une frappe de Erding heurtant le poteau, les Parisiens ont finalement ouvert le score sur un coup franc d'une vingtaine de mètres de Bahebeck (16e, 1-0).  Quelques minutes plus tard, sur un débordement de Ménez, Erding réceptionnait un parfait centre en retrait, et n'avait plus qu'à pousser le cuir dans le but (21e, 2-0). Dijon se refaisait une santé en concédant un pénalty à la demi-heure de jeu suite à une faute de Lugano dans la surface. Le capitaine Sankharé se chargeait de réduire le score (2-1, 30e). Deux minutes plus tard, Berenguer se jouait de trois défenseurs adverses et d'une frappe croisée, remettait les deux équipes à égalité (2-2, 32e). Les Bourguignons revenaient des vestiaires gonflés à bloc et se montraient de nouveau dangereux face à une défense parisienne hésitante, et à l'heure de jeu, Camara touchait du bras le ballon alors qu'il se trouvait dans la surface, provoquant un nouveau pénalty dont se chargeait Jovial (62e, 3-2). Entré en jeu à 30 minutes de la fin, Gameiro pensait avoir égalisé sur un centre parfait de Ménez, mais sa frappe en extension terminait sur la barre. Le score en restait là, et Antoine Kombouaré devait se rendre à l'évidence, son équipe ne soulèvera pas ce trophée là cette saison...

Lorient résiste à Montpellier

A La Mosson, les Merlus n’ont pas trop tardé à donner le ton. Après une entame de match relativement équilibrée, Emeghara, servi par Romao, se retrouvait face à Pionnier et gagnait son duel (1-0, 14e). Les hommes de René Girard tentaient de revenir avant la mi-temps en enchaînant les occasions de but, mais faute de lucidité, ils ne parvenaient pas à s’appliquer sur le dernier geste. Finalistes l’an passé (battus par l’OM 1-0), les Montpelliérains espéraient bien se relancer en deuxième période, mais c’était au contraire leurs adversaires qui se montraient les plus dangereux à l’image d’une occasion en or de Penalba, stoppée par Pionnier (51e). Sans avoir inscrit le moindre but depuis deux rencontres, les Lorientais se montraient à leur avantage en attaque, et cela irritait quelque peu les joueurs locaux. Les cartons jaunes se multipliaient, et comme on pouvait s’y attendre, l’arbitre M. Cailleux sortait le rouge à l’encontre de Bocaly (pour un deuxième carton jaune), auteur d’un tacle trop musclé. Menés 1-0 et réduits à dix, les Montpelliérains parvenaient à égaliser, Pitau profitant d’une grosse erreur de relance de Romao (65e, 1-1). Et alors que le vent tournait en faveur de Montpellier, Coutadeur lançait parfaitement Campbell qui redonnait l’avantage aux Merlus (2-1, 69e). Prêté par Arsenal, Campbell usait de nouveau de sa vitesse pour provoquer un pénalty (78e), mais Pionnier stoppait le tir de Penalba… Deux minutes plus tard, Belhanda ratait lui l’égalisation alors qu’il se trouvait à six mètres des buts. Montpellier pressait toujours et il fallait une belle parade de Lecomte pour ne pas voir Belhanda envoyer le ballon de la tête dans les buts. Malgré cette réaction montpelliéraine, Lorient validait sa qualification pour les quarts.

Logique respectée à Lille

Entre Lille et Sedan, la logique a été rapidement respectée et appliquée, d’abord sur une frappe à l’entrée de la surface de Pedretti, suite à une mauvaise relance (1-0, 34e). Peu après, c’était au tour de Cole, qui s’y reprenait à plusieurs fois pour doubler la mise face au pensionnaire de Ligue 2 (2-0, 39e). Jelen participait à la fête en inscrivant le troisième but lillois à 20 minutes de la fin. Les Sangliers sauvaient l’honneur sur un pénalty signé Diaby (79, 3-1), mais c’était bien le Losc qui s’offrait un quart de finale.

Les Aiglons au-dessus de Sochaux

C’est Pentecôte qui a débloqué le compteur à Nice, profitant d’une grossière erreur de toute la défense sochalienne, restée figée (1-0, 38e). A la peine en championnat (14e), les Aiglons donnaient un tout autre visage lors de cette rencontre et Pentecôte réalisait même un doublé (56e, 2-0). Camara lui donnait le change, mais son but ne suffisait pas et Sochaux devait accepter cette élimination.

Lyon dompte Saint-Etienne

Dans le Chaudron, Stéphanois et Lyonnais se rendaient coup pour coup, avec un ballon qui roulait d’un camp à l’autre. Sur un coup franc tiré par Kallström et dévié par le mur, Briand qui était resté à l’affût sur le côté droit, trompait la vigilance du dernier rempart de l’ASSE.
Et tout se compliquait encore lorsque Briand était accroché dans la surface provoquant à la fois un pénalty, et la rage d’une partie du public stéphanois. Des projectiles étaient envoyés tout près des joueurs, et après une courte réflexion, l’arbitre M. Turpin arrêtait la rencontre à la 66e minute. Le jeu reprenait finalement quelques minutes plus tard, Bastos transformait le pénalty (2-0, 67e) mais avait la très mauvaise idée de provoquer des supporteurs déjà très excités, et le joueur lyonnais prenait logiquement un carton jaune pour son attitude peu sportive. A un quart d’heure de la fin, les Verts poussaient, heurtant le poteau, et parvenaient à marquer sur un centre de Sako repris en extension par Aubameyang (2-1, 80e). Mais l’OL se qualifiait logiquement pour les quarts de finale, en attendant le prochain rendez-vous en L1 contre … Saint-Etienne. Vainqueur en 2001, Lyon qui se trouve un peu distancé en championnat, ne cracherait pas sur une deuxième Coupe de la Ligue dans sa vitrine... De leur côté, les Verts qui n’ont plus remporté le moindre trophée depuis 1981, et leur dernier titre de Champion de France, devront encore attendre pour cette compétition.

Caen à l’usure

A Auxerre, Caen a marqué le premier par l’intermédiaire de Nabab (24e, 1-0). Lui qui n’avait que dix minutes de jeu à son compteur en Ligue 1 trompait le portier adverse d’une belle frappe croisée. La réaction auxerroise ne s’est pas faite attendre, et sur un contre bourguignon Le Tallec servait Sahar qui d’une frappe en pivot (29e, 1-1) égalisait. Mais les affaires de l’AJA se gâtaient lorsque Boly était expulsé par l’arbitre de la rencontre. Les hommes de Laurent Fournier avaient le mérite de tenir jusqu’à la prolongation, mais alors qu’il ne restait plus que trois minutes à jouer, Nabab, déjà auteur du premier but, offrait la qualification à son équipe (2-1).

Le Mans à l’arraché

Entre Le Mans et le Stade Rennais, il a fallu attendre deux heures pour voir le premier but, inscrit par le capitaine Thomas… lors de la séance de tirs au but. Hadji a quant à lui raté son tir au but, tout comme Pitroispa, sans doute déstabilisé par le portier adverse, Diallo. Strömstad ne tremblait pas et portait le coup de grâce, donnant la victoire au club de Ligue 2 (0-0, 4 tab à 1).

REACTIONS
Patrice Carteron
(entraîneur de Dijon): "C'est  une soirée magnifique. Après la montée en L1, vivre des matches comme ça, où on  inverse la tendance alors qu'on est mené 0-2 face au leader du championnat, ça  restera un énorme exploit dans l'histoire du club. Le but, ce n'était pas de  faire du turn-over mais de montrer aux joueurs que c'était le match parfait  pour eux. C'était le moment adéquat pour les lancer et qu'ils prennent  conscience de leur potentiel. Il fallait relancer Jovial. Il avait fait un  début de saison exceptionnel mais il était moins bon dernièrement et il mérite  d'avoir vécu cette soirée. Cela a été un match fou avec des retournements de  situations. Et c'est la 1re qualification en quart de l'histoire. Les joueurs  doivent sentir que la concurrence est positive. Paradoxalement, à 2-0, le PSG a  pensé que le match était fini et pour nous cela a été un déclic alors qu'avant  je sentais mes joueurs crispés et qu'on n'avait pas fait l'entame espérée.  Ensuite, les joueurs se sont libérés et ont montré beaucoup plus de valeurs.  C'est trop facile de dire après une victoire qu'il y avait une faiblesse  défensive chez l'adversaire. Paris est leader, joue bien, mais c'est sain pour  le championnat que de temps en temps des équipes arrivent à les titiller. Le  foot, ce n'est pas seulement une question d'argent, il ne faut pas être  réducteur. Les joueurs commencent à prendre conscience de leur potentiel et je  pense qu'on peut se maintenir en L1. Le match de ce soir le prouve".
Christophe Jallet (Paris SG): "On est très frustrés par le scénario.  D'habitude, on ne débute pas très bien et comme là on mène 2-0 au bout de 25  minutes, on se dit qu'on aurait pu se rendre le match facile si on avait mieux  géré. Si on avait réussi à garder l'avantage jusqu'à la pause, je pense que le  match aurait été différent. Mais félicitations à Dijon! S'ils ont réussi à  l'emporter, c'est qu'ils ont fait preuve de courage et que nous on a déjoué. Le  championnat a un attrait différent, c'est sûr, et il y a peut-être une plus  grande motivation autour de ces matches. Lors des derniers, il y a eu des faits  de matches qui nous ont mis en difficulté mais il n'y a pas un état d'esprit  différent. C'est préjudiciable car cela fait des matches en moins et certains  vont moins jouer. Pour la dynamique de groupe, on aurait préféré se passer de  cette élimination. Pour autant, chacun doit amener sa pierre à l'édifice. A  Ajaccio aussi on avait tourné et on avait gagné. Ce soir, Bahebeck et Erding  ont marqué alors il ne faut pas tout le temps se focaliser sur la dépendance,  sur ceux qui jouent ou pas. Pour les joueurs internationaux en Amérique du Sud,  il y a les voyages à digérer et ce n'est pas toujours évident. Je ne sais pas  si Lugano a plus payé qu'un autre mais avec l'accumulation des matches la  fatigue va venir, c'est sûr. Si des joueurs doivent arriver, on parera au plus  pressé mais pour l'instant, tout ça ne sont que des rumeurs. Ni Beckham ni  Hazard ne sont là. Et nous, franchement, on n'en parle pas du tout entre nous.  Investir 300 ou 400 millions ne donne aucune garantie. Des fois, David mange  Goliath et cela a été le cas ce soir".
Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne) : "Nous avions des ambitions dans cette épreuve et c'est une grosse déception d'avoir été éliminés. Je n'ai pas grand chose à reprocher à mes joueurs en terme d'investissement. Nous prenons deux buts sur deux coups de pieds arrêtés. Nous avons été généreux et combatifs. Nous avons joué avec nos moyens et nous avons affronté une équipe de Ligue des Champions. On voit ainsi tout ce qui nous reste à accomplir pour nous hisser à un certain niveau. Nous avons tout tenté pour inverser la tendance même si ce premier but nous a fait très mal. J'avais espéré ensuite rester le plus longtemps possible à 1-0 car je savais que nous aurions la capacité de marquer. Malheureusement, il y a eu deux buts d'écart, le but que nous avons inscrit, qui est bien dans sa conception, nous a laissé espérer jusqu'à la fin sans que nous puissions parvenir à égaliser".
Rémi Garde (entraîneur de Lyon) : "En coupe, on ne retient que la victoire et la qualification. Ici, à Saint-Etienne, c'était un derby et un peu une finale pour nous. Nous sommes très contents. A 2-1, évidemment on tremble un petit peu mais je pense que les joueurs ont répondu présents. J'ai aimé l'investissement et la concentration qu'ils ont mis dans ce match, la solidarité tactique également. Je pense que les joueurs ont été très solides et ont joué la même partition. Ce qui est intéressant également, c'est que le niveau de l'équipe a été maintenu malgré les quelques changements apportés. Il est intéressant aussi de constater que nous avons stopper la série de défaites à l'extérieur, dans un contexte de derby où la passion est très forte. La coupe de la Ligue est un objectif pour nous. On peut assez vite se retrouver en finale. Nous n'y sommes pas encore mais cela ouvre des perspectives dans cette compétition".
Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "Du travail bien fait! Même si au regard des occasions, on aurait dû être beaucoup plus efficaces. On a fait un bon match, dans une bonne ambiance, contre une bonne équipe de Ligue 2 qui, je l'espère pour elle, sera capable d'être dans les trois à la fin de la saison. Ca a permis de donner du temps de jeu à certains joueurs, d'en voir d'autres. Pas de cartons préjudiciables, pas de blessures pour la suite, c'est une bonne soirée pour nous. On savait qu'il fallait trouver des complémentarités. (De Melo et Jelen), je les ai trouvés intéressants dans les choix offensifs. ëPedrettiû Je l'ai trouvé très à l'aise, il a été très bon dans ses transmissions. (La Coupe de la Ligue) c'est le chemin le plus court pour gagner un trophée et être européen. On va voir ce que nous réserve le tirage au sort".
Laurent Guyot (entraîneur de Sedan): "La logique a été respectée, les plus forts l'ont emporté. Il y a un écart entre les deux équipes. Ce que je retiendrai, c'est que mes joueurs n'ont pas lâché, ils ont cherché à jouer, quitte à s'exposer. La marche était trop haute pour nous. La qualification nous a échappé mais Lille était plus fort. C'est le type de match qui doit permettre de donner envie aux joueurs de revenir jouer à Lille assez vite".
René Girard (entraîneur de Montpellier): "Dans un tour de Coupe, on ne retient que le vainqueur. En l'occurrence Lorient. Sinon, on souhaite que cela se passe pour le mieux. On a attaqué le match un peu à l'envers. On le finit à dix et on laisse pas mal d'énergie. C'est un peu dommage. Au-delà de la défaite, c'est ce qui me gêne le plus. Cette élimination va nous alléger le calendrier. Au regard de la cadence en terme de (cartons) jaune et de rouge, cela va nous faire du bien. Je ne sais si certains joueurs ont montré leurs limites. C'est un match tendu et ce n'est pas évident pour les joueurs qui manquent de temps de jeu".
Christian Gourcuff (entraîneur de Lorient): "Je suis globalement satisfait même si on peut regretter la crispation dans le dernier quart d'heure. On pouvait clore le match plus tôt en marquant le penalty et en évitant l'égalisation de Montpellier, qui est un cadeau de notre part. Quand on a posé le jeu et mis le ballon à terre, on a eu des périodes intéressantes. Même si cela n'a pas duré 90 minutes, c'était une performance. Quand on ne fait pas la différence, on reste à la merci de l'adversaire, notamment de Giroud sur les ballons aériens. On joue les matches pour les gagner. Comme la Coupe de la Ligue est une compétition très courte, cela devient intéressant d'être en quart de finale. Mais le chemin est encore long. Chaque chose en son temps. On a eu trois blessés mais cela aurait pu être pire".
Eric Roy (entraîneur de Nice): "Dans une grosse partie de la première période, on a senti les Sochaliens poser leur jeu fluide et soigner la conservation du ballon. Il y a de la qualité dans cette équipe. Nous avons le mérite de ne pas nous désunir alors et la chance d'ouvrir la marque. En seconde période, nous avons mieux maîtrisé notre système et nous étions mieux en place. Le second but arrive alors presque logiquement. On aurait dû inscrire le troisième mais David Hellebuyck a sans doute été trop altruiste. La fin de rencontre a donc été très tendue avec un Sochaux jouant son va-tout. Je suis satisfait de la qualification, de l'état d'esprit de mon groupe ainsi que du doublé de Pentecôte. Tout cela est bien intéressant pour la suite. Dijon en quart de finale, ce sera un match difficile. On l'a vu en championnat, nous avions égalisé au Ray à la fin du match. On tenait surtout à recevoir. La qualification, c'est la possibilité de vivre une belle aventure".
Mehmed Bazdarevic (entraîneur de Sochaux): "On méritait plus la qualification que Nice au vu de notre prestation sur 95 minutes. Mais nous n'avons pas été assez concrets devant le but adverse et pas assez costauds défensivement. Nous prenons deux buts sur deux erreurs. Nous avons souvent été en difficulté sur les longs ballons niçois. J'espère récupérer quelques blessés d'ici dimanche pour la nouvelle confrontation au Ray".

Romain Bonte