Brandao joie marseille 2012
La joie de Brandao (Marseille) après son but | THOMAS SAMSON / AFP

Brandao libère l'OM

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Un but du Brésilien Brandao a permis à l'Olympique de Marseille de remporter une troisième finale de la Coupe de la Ligue de suite en battant Lyon en prolongations (1-0). Victorieux de Rhodaniens apathiques, les hommes de Didier Deschamps "sauvent" ainsi leur saison en mettant fin à une série de douze matchs sans victoire.

 Le chiffre 13 a porté chance à Marseille. Après douze matchs sans victoire (dont onze défaites), l'OM a finalement brisé la spirale infernale en remportant LE match qu'il fallait gagner. Celui qui sauve leur saison. A la dérive en championnat, le club phocéen a poursuivi son histoire d'amour avec la Coupe de la Ligue, où il en est maintenant à 12 victoires de rang, soient trois titres consécutifs ! Lyon, qui ne sera jamais véritablement entré dans cette finale, peut encore se rattraper face à Quevilly en Coupe de France. Mais il faudra montrer un tout autre visage.

Aucun tir en première période

L'OL, sans Cris, et l'OM, avec Rémy, engageaient cette première période. 45 minutes plus tard, la statistique tombait : aucun tir tenté de part et d'autre ! C'est dire la pauvreté du spectacle proposé au Stade de France où actes d'antijeu et erreurs techniques ont émaillé une partie complètement cadenassée. Entre des Lyonnais  en manque d'inspiration et des Marseillais tellement affolés par l'idée d'encaisser un but, cette finale ne pouvait pas décoller. Le seconde période ne se débridait pas plus, au grand dam des spectateurs. Tout aurait pu basculer sur la seule occasion véritable jusque-là, ce coup de tête de Morgan Amalfitano qui obligeait Lloris à détourner le ballon sur son poteau (65e) ! Les 20.000 supporters phocéens, qui avaient fait le déplacement et qui, pour l'occasion, avaient cessé leur grève des encouragements, hurlaient de dépit. Car des opportunités comme celles-ci, l'OM n'allait plus en avoir des wagons. Trop timorés, les Rhodaniens n'étaient pas plus en réussite, à l'image d'un duo Lisandro-Gomis parfaitement muselé par la paire M'Bia-N'Koulou. Ce dernier, impérial dans ses duels comme dans ses relances, aura certainement été l'un des rares à évoluer à son véritable niveau. Le public du SDF, qui sifflait copieusement à la fin du temps réglementaire, l'a bien compris...

Avec si peu d'envie, si peu d'espaces, il aurait fallu un miracle pour que la partie ne s'achève pas aux tirs au but. Il a bien eu lieu. Mais pas du côté de l'OL. Gomis, à la 101e minute, voyait bien son centre-tir passer devant la cage de Mandanda, puis , quelques secondes plus tard c'était Briand qui frappait nettement au dessus mais c'était tout. Marseille de son côté, se contentait de subir. Jusqu'à cette 105e minute. Au départ une passe en profondeur de Cheyrou à destination de Brandao, entré peu de temps avant, à la place de Rémy. A la lutte avec son défenseur Umtiti, le Brésilien bénéficiait d'un contre favorable et venait tromper Lloris en frappant entre les jambes du portier lyonnais ! Un but, dans sa réussite, qui rappelait beaucoup la réalisation du même Brandao qui avait permis à l'OM de se qualifier face à l'Inter Milan en huitième de finale de la Ligue des Champions. Souvent décrié pour ses qualités techniques et son manque de réalisme devant le but, le Brésilien venait tout de même d'inscrire son 7e but dans la compétition. Pas de doute, le héros de l'OM c'est bien lui. Un héros atypique et critiqué, mais tout de même vainqueur. A l'image de la saison marseillaise finalement.

Déclarations :

Didier Deschamps (entraîneur de Marseille) sur France 2: "Ce n'est pas du soulagement, c'est un immense bonheur. Depuis trois ans, on travaille ensemble et le mérite revient aux joueurs. On a gagné deux trophées chaque année. Le mérite revient à tout le monde qui travaille au quotidien. Personne ne peut nous les enlever, ces trophées. Personne, même pas mes pires ennemis. C'est super pour nous tous après des moments très difficiles. Chapeau aux joueurs qui sont allés chercher ce trophée dans des conditions très difficiles."

Rémi Garde (entraîneur de Lyon): "On n'a pas atteint le niveau de jeu espéré. On a été timoré, on a fait beaucoup d'erreurs. Marseille y était pour quelque chose, ils ne nous ont pas laissés jouer, ils nous ont bien pressés. Défensivement, on a bien travaillé. Devant, on a manqué un peu de fraîcheur et de lucidité. Ca s'est joué à peu de choses, c'était une finale assez fermée, pas très spectaculaire. Ca se joue sur deux frappes. Ca se joue peut-être aussi sur l'expérience. Les Marseillais ont gagné deux fois de suite. Ce n'est pas la jeunesse qui nous fait perdre. L'expérience marseillaise a peut-être parlé. On a deux matches de Championnat avant de revenir ici pour la finale de la Coupe de France. On a subi quelques revers difficiles cette saison, on a toujours rebondi. Il reste deux objectifs, il faudra trouver les mots. En finale, on jouera la gagne, et pour le championnat on sera là."

Julien Lamotte