Les supporteurs de Bastia
Tout le virage Sud du Stade de France était aux couleurs du Sporting de Bastia | AFP - LOIC VENANCE

Bastia - PSG: Ambiance de feu au Stade de France, heurts aux Halles

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La finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Bastia était également un face-à-face de supporteurs. Entre une équipe évoluant pratiquement à domicile (PSG) et une autre qui se révèle être la plus éloignée de Ligue 1 (Bastia), il pouvait être très déséquilibré. Mais les Bastiais sont venus en nombre, pour offrir une ambiance de feu au Stade de France. Malheureusement, hors du stade, dans l’après-midi, dans le quartier des Halles, des échauffourés entre supporteurs bastiais et forces de l’ordre se sont déroulés. Bilan : 15 gendarmes blessés, aucune interpellation.

Cela faisait treize ans que Bastia n’avait plus vue le Stade de France. La dernière fois, c’était en 2002, en Coupe de France contre Lorient, avec la scène marquante des sifflets lors de la Marseillaise, provoquant le départ du président de la République, Jacques Chirac. Cette image, le Sporting comptait bien l’effacer des mémoires avec cette nouvelle finale, en Coupe de la Ligue, contre le PSG.

Il ne pouvait pas y avoir plus déséquilibré sur le papier. Entre les supporteurs du PSG ? presque à domicile au Stade de France, et ceux de Bastia, les plus éloignés de la Capitale, l’avantage devait clairement aller à l’avantage des Parisiens. Mais pour soutenir leur équipe et rêver d’un premier titre depuis la Coupe de France en 1981, les Corses étaient nombreux à avoir fait le déplacement. On attendait entre 17 et 25 000 d’entre eux dans les tribunes. Plus de 25 avions étaient partis de Bastia, auxquels il fallait ajouter ceux venus en train après avoir pris les bateaux, ou encore tous ceux venus de toute la France.

"Notre entraîneur est visionnaire, il a vu une petite lumière"

A trois heures du coup d’envoi, les couleurs du SCB étaient déjà déployées au stade. Le virage sud avait été pris d’assaut, et l’ambiance était clairement bon enfant. Octave, Pierre, Philippe, Eric, Frédéric et Loïc, casquettes, drapeaux, écharpes bien visibles, se réjouissaient par avance de ce match. Au total, ils ont fait le voyage à huit amis pour voir cette finale. "On ne se fait pas beaucoup d’illusions. Notre entraîneur, qui est un visionnaire, a dit qu’il avait vu une petite lumière au loin. On va essayer de s’accrocher à ça", lance dans un sourire Octave. Et lorsqu’on leur demande où va se jouer le sort de la rencontre, ils répondent dans un éclat de rire : "Une tête de Brandao". Mais ils précisent aussitôt : "Cette fois, ce sera sur le terrain."

A 19h10, lorsque les joueurs bastiais sont entrés sur le terrain en costume, le virage sud s’est enflammé. Ils sont restés dix minutes pour humer l’atmosphère. Mais à ce moment-là, les Parisiens n’étaient pas encore là. Ni les supporteurs, ni les joueurs, dont le bus est arrivé à 19h20. Lorsque les uns et les autres ont fait leur entrée, le combat s'était largement équilibré. "Ici c'est Paris", attendait-on nettement. Virage Nord en rouge, virage Sud en bleu, la lutte était belle.

Des heurts avec la police aux Halles

Beaucoup plus belle que quelques heures plus tôt. En face de la Fontaine des Innocents, dans le quartier des Halles, des heurts entre environ 200 supporteurs corses et les forces de l’ordre se sont déroulés dans l’après-midi. Jets de lacrymogènes, jets de fumigènes, jets de chaises, l’image n’était certainement pas celle dont rêvaient les dirigeants bastiais. "Quinze gendarmes ont été très légèrement blessés. L'un d'entre eux a reçu une canette sur la tête, deux autres ont été heurtés par des pierres au niveau des jambes et les autres souffrent de traumatismes sonores", a précisé une source proche du dossier.

Vidéo : Les supporters bastiais en force 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze