Sochaux-OM, coup de grâce ou coup de fouet

Sochaux-OM, coup de grâce ou coup de fouet

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Au lendemain de la mise à pied de son entraîneur, Michel, l'Olympique de Marseille dispute la demi-finale de Coupe de France contre Sochaux (21h). Une rencontre décisive pour les Marseillais, qui ont là l'ultime occasion de sauver un peu leur saison en s'ouvrant la voie d'une finale et peut-être d'une 11e Coupe de France dans son histoire. Mais Sochaux, pas non plus assuré de son maintien en L2, est également ambitieux à un match du Stade de France.

Démettre un entraîneur à la veille d'une rencontre importante, cela revient à appuyer sur le bouton "choc psychologique". Pour son deuxième intérim de la saison, après celui assuré consécutivement au départ de Marcelo Bielsa lors de la 1e journée, Franck Passi rêve évidemment d'en voir la traduction sur le terrain. Sur le banc d'une équipe qui n'a plus gagné depuis 7 matches, à la tête d'un collectif qui semble sans réaction malgré l'urgence de la situation (seulement 6 points d'avance sur le premier relégable), sans le seul joueur (avec Mandanda) à la hauteur cette année (Lassana Diarra) dont l'expérience et l'abattage vont manquer, sans l'une des poutres de la 9e défense de Ligue 1 (Nkoulou), le défi est de taille pour le "pompier en chef". D'autant que l'avenir, sportivement incertain, se double d'un gros point d'interrogation dans la coulisse, puisque Margarita Louis-Dreyfus a annoncé la semaine dernière qu'elle mettait le club en vente. 

Franck Passi: "La pression me booste"

Face à tant d'incertitudes, face à une crise de confiance majeure dans l'effectif, l'OM peut-il se relever ? "On manque de talent", a récemment déclaré Steve Mandanda. "Aucun joueur n'a lâché, ni le staff, ni le coach", ajoutait la semaine dernière Bouna Sarr. "La confiance, la cohésion dans notre jeu, on est défaillant, on en est conscients, ça se voit". Désormais, les joueurs sont seuls face à leurs responsabilités. Seuls avec Franck Passi, mais aussi Basile Boli, devenu coordinateur sportif lors de la mise à l'écart de Michel.

 

 

Nommé ambassadeur du club en septembre dernier par Vincent Labrune, l'ancien défenseur international n'a pas trouvé les ressorts pour remobiliser un groupe, malgré sa présence de plus en plus voyante dans l'équipe lors des matches. Changer la tête de pont sans modifier les troupes peut-il révolutionner l'équipe ? "Il y a un club en péril", a rappelé Franck Passi, l'intérimaire lors de sa conférence de presse mardi. "On va essayer de leur faire comprendre que l'OM est un grand club", a-t-il ajouté pour évoquer son discours face au joueur avant le match à Sochaux, une équipe "qu'on va respecter énormément. Ils n'aiment pas trop avoir les ballons, mais en contre-attaques, ils ont trois flèches". Une formation qui a surtout sorti trois clubs de L1 dans son parcours de Coupe de France. "J'espère qu'on va arriver à trouver un déclic dans la tête des joueurs pour révéler leur talent", a-t-il conclu avant de préciser que la "pression m'a toujours boosté".

7 matches sans victoire pour l'OM, 5 matches sans défaite pour Sochaux

Sochaux, par différents aspects, peut ressembler à cet OM-là. Relégué en L2, le club a été racheté à Peugeot par l'entreprise chinoise Ledus, en mai 2015. Derrière les millions d'euros annoncés, les supporteurs ne voient pas grand-chose, et le font savoir. Comme à Marseille, le public n'est pas aux anges. Comme au Vélodrome, le maintien n'est pas encore assuré: les Doubistes sont 15e de L2 avec 4 points d'avance sur le premier relégable. Très loin de ses ambitions d'un retour dans l'élite. "Personne n'est heureux d'avoir des mauvais résultats. Sochaux est un club historique et tout le monde sait où est sa place. Nous allons continuer à faire le maximum avec l'ensemble du club pour éviter le pire", a expliqué la semaine dernière Li Wing Sang, le patron du club.

La différence, c'est que les Sochaliens n'ont plus perdu depuis cinq matches, et qu'ils restent même sur deux succès de rang (à Laval et contre Brest 2-1 à chaque fois). Pour sa deuxième saison en Ligue 2, le FCSM a donc, comme Marseille, l'occasion de sauver les apparences, et même mieux, avec la possibilité de conquérir une 3e Coupe de France dans son histoire (après 1937 et 2007). A Bonal, l'OM ne s'est plus imposé depuis février 2011 (victoire 2-1), soit deux défaites et un nul.  

Entre un Franck Passi qui attend une réaction et un Albert Cartier qui veut poursuivre sur sa lancée, cette demi-finale de Coupe de France s'avère décisif au-delà du simple match.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze