Philippe Montanier, Stade Rennais
L'entraîneur rennais Philippe Montanier | DAMIEN MEYER / AFP

Rennes, la coupe de printemps

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Englué dans les bas fonds du classement de Ligue 1, six points devant Valenciennes premier relégable, Rennes peut encore sauver sa saison grâce à la Coupe de France. Hôte de Lille en quart de finale de la compétition (20h45), le club breton n’a d’autre choix que de forcer sa nature pour l’emporter. Son entraîneur Philippe Montanier n'attend que ça.

Deux victoires d’affilée cette saison, le Stade Rennais ne l’a fait qu’une fois. C’était au cœur de l’hiver : Toulouse au Stadium (0-5) puis Nancy en Coupe de la Ligue (2-1) tombaient sous le feu des Rouge et Noir. Signe du destin ou pas, la réception de Lille en… Coupe succède à un déplacement heureux au Stade Vélodrome (0-1). Entraîneur du club breton, Philippe Montanier refuse toute superstition. "On a fait deux nuls contre eux en championnat mais à chaque fois c’était des matchs difficiles. (…) On va être les challenger de ce tour de Coupe mais on aura toutes nos chances." Loin d’être assuré du maintien en Ligue 1 (16e avec 34 pts), Rennes est friable dans son enceinte de la Route de Lorient (4 victoires, 7 nuls, 4 défaites. D’où la prudence de Montanier, exprimée sur le site officiel du club. "On n’est pas très performant chez nous depuis le début de la saison. L’avantage de recevoir s’atténue avec l’écart de niveau entre le LOSC et nous."

Montanier bien installé

Fragilisé par deux séries négatives en fin d’année dernière (4 défaites d’affilée) puis début mars (3 revers consécutifs), l’ancien technicien de Boulogne-sur-Mer et Valenciennes a reçu le soutien indéfectible de ses dirigeants, dont Frédéric de Saint Sernin, propriétaire du club. "Avec Philippe Montanier, ce n'est que le début d'une aventure de trois ans." Durablement installé en Ile-et-Vilaine, l’ex-gardien de but veut faire évoluer les mentalités dans une formation marquée par ses nombreux échecs en Coupes ou en championnat ces dernières années. "J'y suis arrivé partout. Le gros problème est de persuader nos joueurs que leur performance doit être collective et non individuelle, expliquait Montanier dans France Football. Aujourd'hui, on veut devenir quelqu'un ; avant, on voulait faire quelque chose ensemble."

Meilleur entraîneur de Ligue 2 à l’issue de la saison 2008/2009, honoré du même titre en Liga la saison dernière, celui qui a ramené la Real Sociedad en Ligue des champions n’a jamais échoué. En Espagne, il a "mis un an et demi pour y parvenir." Mais parvenir à quoi ? A conjuguer beau football et résultats. Cette saison, les supporters bretons sont sevrés des deux. "Un bon match, c’est à la portée de toutes les équipes, celles qui luttent avec nous pour le maintien font aussi de bons matchs. Ce qu’il nous faut, c’est deux, trois, quatre gros résultats à la suite", réclame Philippe Montanier.

Lille n'a jamais battu Rennes cette saison

En prenant la suite de Frédéric Antonetti, le natif de Vernon dans l’Eure, savait que la tâche ne serait pas aisée. "Rennes a eu une intersaison agitée avec pas moins de 18 départs contre 6 arrivées dont certains mouvements très tardifs (…).L’effectif a été nettement rajeuni (25,2 ans de moyenne, le 5e plus jeune de L1). Le staff aussi a changé." Sous sa coupe, Rennes espérait retrouver les sommets. "C’est vrai qu’en rejoignant le club, je me voyais jouer le haut du tableau", admet Foued Kadir, prêté par l’OM. Une attente dont Montanier ne se formalise pas, estimant avoir les moyens de faire aussi bien qu’en Espagne "si les Rennais ne sont pas pressés... Il faut se souvenir qu'avec la Real on a été dernier; et en octobre 2012, on était dix-septième."

Accroché deux fois en championnat cette saison par le Stade Rennais, Lille se méfie de cet adversaire malade et irrégulier. "Rennes reste un adversaire compliqué à manœuvrer. Il possède beaucoup de qualités physiques et athlétiques", détaille Franck Béria. Troisième de Ligue 1, le Losc cherche à bonifier une fin d’exercice déjà passionnante avec la lutte pour le podium. Quant à son adversaire breton, privé de titre depuis 1971, il veut pimenter "une saison de transition", dixit de Saint-Sernin. Afin de s’éviter un énième opus sans relief... Et s’offrir une coupe de printemps ?

Jerome Carrere