Red Star ASSE Bauer 1968
Le Red Star face à l'ASSE au stade Bauer en 1968 | AFP

Red Star, une étoile à redorer

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Troisième du National, le Red Star, qui affronte Saint-Etienne en Coupe de France mardi (21h00 à Jean-Bouin), est un candidat sérieux à la montée en L2, mais surtout un club atypique, avec ses fans nostalgiques d'une ambiance autrefois estampillée banlieue rouge.

Max vient à chaque match au Stade Bauer, à Saint-Ouen, dans cette banlieue  parisienne où réside le club. Un stade du nom d'un médecin et résistant,  fusillé en 1942 au Mont-Valérien. Pour ce supporteur amoureux du "vrai foot",  celui "des ambiances de Sankt Pauli", club mythique de Hambourg, ou "de West  Ham" (formation de la banlieue Est de Londres), le Red  Star  est le remède au  Paris SG et son Parc des Princes où "seuls certains peuvent se payer une place  à 50 euros, dans un quartier bourgeois". Valerio, Italien débarqué à Paris il y a cinq ans, et supporteur de la  Lazio depuis sa "venue au monde", a d'emblée été séduit par l'"incroyable" Red   Star  et sa ferveur dans les tribunes qui lui rappelle la chaleur de son Calcio.  Une atmosphère à l'anglaise, diront d'autres. D'ailleurs les joueurs rentrent  sur le terrain sur l'air du "You'll never walk alone", hymne de Liverpool. Pierre, un des meneurs du Collectif Stade Bauer, renchérit: "Nous on prône  un football pour tout le monde, sans rejet, c'est normal". Le Kop de la tribune  Rino (du nom de Rino della Negra, jeune footballeur et résistant du groupe  Manouchian, également fusillé), n'hésite pas à pousser régulièrement des "Et le  16e (arrondissement) c'est dégueulasse !".

Reggae et mégaphone

A la mi-temps, il n'est pas rare de voir une réunion improvisée des  supporteurs aux abords du stade, transcendés à l'unisson d'un mégaphone couvert  d'autocollants du syndicat SUD. Certains supporteurs, militants revendiqués "antifascistes", tentent de  perpétuer "l'identité" du Red  Star . Reggae en fond sonore, spliffs (joints) en  guise de cigarettes, ils font résonner Bauer aux cris de "banlieue rouge !". Pourtant, quand on demande à Pierre si le Red  Star  est toujours le club de  la banlieue rouge, il répond: "Si seulement elle existait encore...".  Jean-Pierre, fan depuis les années 1960, alors que le club était encore en  division 1, a mesuré l'évolution du club depuis près de 50 ans: "J'ai vu la  banlieue rouge, aujourd'hui ça n'a plus rien à voir". Car le club, fondé en 1897 par Jules Rimet, créateur de la Coupe du Monde  et anglophile (d'où le nom Red  Star , "Etoile Rouge"), nourrit des ambitions:  regagner l'élite du foot français. Une voie de développement qui, forcément, ne  plaît pas à tout le monde.

"Le Red Star, c'est Bauer"

Le sujet de la discorde se nomme Bauer. Un stade à l'anglaise, encore  modestement appelé stade municipal sur les panneaux de signalisation, où il y a  peu "on pouvait taper la discute avec le gardien de but", tant les tribunes  sont proches du terrain. Le 30 janvier, pour Red  Star  face à Colomiers, 13e du championnat, 2.000  supporteurs se sont pressés dans cette enceinte, en dépit de la vétusté et de  la non-homologation de deux tribunes sur trois. Celle qui reste est si  inconfortable qu'elle force d'ailleurs rapidement à se lever. Avec la montée, le club ambitionne la construction d'un nouveau stade. Ce  dont ne veulent pas entendre parler les supporteurs: "Le Red  Star  c'est Bauer,  pas ailleurs !". Mais Bauer n'est pas aux normes pour l'affiche face aux "Verts", 4e de la  L1, et mardi, pour la Coupe de France, une épreuve que le Red  Star  a gagnée  cinq fois, les fans seront obligés d'aller à Jean-Bouin, habituelle enceinte  des rugbymen du Stade Français. Un comble.

AFP