Les Lillois soulèvent la Coupe de France
Les Lillois soulèvent la Coupe de France | AFP - FRANCK FIFE

Lille, la Coupe avant le champagne

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Privé de titre depuis 1955, le LOSC remporte la Coupe de France en faisant chuter en finale le PSG sur le score de 1-0 grâce un coup franc d'Obraniak dans les dernières minutes. Les hommes de Garcia ont franchi la première marche vers un doublé historique.

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La saison 2010/2011 est d'ores et déjà celle du LOSC. Privé de tout titre depuis 1955, Lille a mis fin à cette longue disette en s'offrant une sixième Coupe de France face au PSG. En route pour un doublé historique, les hommes de Rudi Garcia ont su répondre présent le Jour J et faire la preuve qu'ils avaient l'étoffe des champions. Soutenu par tout un peuple en attente d'un trophée depuis 56 ans, les Dogues ont su aborder le match sans la moindre appréhension en exerçant un pressing très haut pour gêner la relance et la construction parisienne. Plus agressifs dans les duels en milieu de terrain, les Nordistes se sont comportés en patrons au cours de la première période, en imprimant un rythme d'enfer dans le sillage de Hazard et Gervinho, véritable feu-follet sur le front de l'attaque.

Souvent au bord de la rupture, les troupes de Kombouaré ont préservé l'essentiel au cours des 45 premières minutes en gardant leur cage inviolée grâce notamment à la maladresse des Lillois. Rami sur corner (17e) et Sow, sur une remise en retrait de Gervinho (22e) se sont ainsi montrés trop imprécis dans le dernier geste pour venir récompenser une domination territoriale assez nette. Le PSG se procurait même la meilleure occasion sur un coup franc de Nené (18e) difficilement repoussé par Landreau.

Merci Landreau

Au retour des vestiaires, les Franciliens ont enfin réussi à se défaire des griffes nordistes. Certainement marqués par les efforts consentis au cours de la première période, les Nordistes ont baissé de pied au cours du deuxième acte, laissant le PSG sortir la tête de l'eau. Souvent au bord de la rupture avant la pause, les Parisiens ont alors montré un tout autre visage, mettant le portier lillois à contribution à plusieurs reprises, notamment par l'intermédiaire de Hoarau (56e, 75e), Nené (57e) et Chantôme (75e). Pour son 32e anniversaire, rien ne pouvait arriver à Michael Landreau, véritable héros du match.

Soucieux de ne pas disputer des prolongations, préjudiciables en prévision de la suite du championnat, Garcia n'a pas hésité à lancer dans le grand bain De Melo pour évoluer en 4-4-2 et surtout Obraniak par qui le salut est venu. A la dernière minute du temps réglementaire, l'international Polonais a trouvé le chemin des filets d'un coup franc excentré que Coupet n'a pu qu'admirer. La Coupe avait choisi son camp, les supporters du LOSC pouvaient exulter… avant d'aller chercher un deuxième doublé après 1946. La coupe n'est encore qu'à moitié pleine…

Réactions

Rudi Garcia (entraîneur de Lille) : "Ca a été une finale accrochée en première période, plutôt cadenassée, plutôt fermée et puis les deux équipes ont joué leur va-tout en deuxième période, avec le coaching d'Antoine et le mien. Finalement c'est tombé de notre côté. On est heureux, vous vous rendez compte, 56 ans que le peuple lillois attendait ça! Maintenant, on va savourer et se préparer pour mercredi (contre Sochaux en L1). L'avantage c'est que l'on n'a pas eu à jouer la prolongation alors qu'on pensait y courir tout droit. On sait que le pied gauche de Ludo (Obraniak, le buteur) peut faire des ravages, notamment sur coup de pied arrêté. Il a mis un maître coup franc. Franchement, on est ravi pour le Nord."

Eden Hazard (attaquant de Lille) : C'était un match très compliqué, il n'y avait pas beaucoup d'espaces. Les deux équipes ont livré un match +comme des chiens+. 0n n'a rien lâché. Ca fait plaisir pour tout le monde, surtout pour le public lillois. On va avoir toute l'énergie positive que la Coupe nous donne pour la fin du championnat. Maintenant on va se donner à fond pour le championnat."

Ludovic Giuly (milieu de terrain du Paris SG) : "Ca s'est joué sur un coup de pied arrêté, c'est vrai qu'il (Obraniak) le met bien, même si je pense qu'il veut centrer. Mais bon, ils le méritent, ils ont été opportunistes. On va essayer de digérer cette défaite et de rebondir mercredi à Bordeaux (en L1). On sait que ça va être important, il reste trois matches, à nous de tout donner pour essayer d'accrocher cette 3e place."

Clément Chantôme (milieu de terrain du Paris SG) : "C'est difficile de perdre de la sorte à la 90e minute. C'est un peu cruel. On a fait le match qu'il fallait. On a bien défendu, bien attaqué. La finale était très équilibrée, c'est dommage. Il faut maintenant se remobiliser pour aller chercher cette 3e place de L1. Mais perdre comme ça c'est frustrant."

Mamadou Sakho (défenseur du Paris SG) : "Cette défaite est dure à digérer mais il faut vite se remobiliser. On a fait le match qu'il fallait. Maintenant, on n'a pas le choix, on doit aller chercher les points à Bordeaux et une place en Ligue des champions. On n'a pas le temps de s'attarder sur cette défaite."

Robin Leproux (président du Paris SG) : "On est évidemment déçu. Le match s'est joué à pas grand chose et j'ai senti que cette équipe de Lille nous craignait. Je nous sens capables d'aller chercher la Ligue des champions. Ce groupe a encore faim. Si on est capable de battre Lille, on doit être capable de battre Bordeaux. C'est ce qu'on s'est dit avec Antoine Kombouaré et les joueurs dans le vestiaire. On doit se refaire le moral mais on n'a pas le droit de baisser la tête quand on est au PSG."

Michel Seydoux (président de Lille): "C'est le titre de tout un club pas seulement celui des joueurs. C'est celui de 200 personnes qui travaillent au quotidien pour atteindre l'excellence. C'est le début d'une nouvelle époque. J'étais zen avant le match, je suis zen après. On voulait éviter la prolongation. Il y a eu un remarquable coaching de Rudi Garcia. Je pense que cette victoire fait du bien à toute une région. Ce qui m'a plu le plus, c'est la phrase d'un grand-père qui était là en 1956 à son petit fils : "toi aussi tu pourras raconter à tes petits enfants que tu étais là". Je trouve que c'est un merveilleux passage de témoin".

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