Football : la Coupe de France, bol d'air pour Saumur dans un monde amateur arrêté et sinistré

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Olympique Saumur FC
Les joueurs de l'Olympique Saumur avant leur match de Coupe de France face à Toulouse, le 31 mars 2021. | PHOTOPQR/LE COURRIER DE L'OUEST/MAXPPP

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Depuis octobre, les clubs de football amateurs sont à l'arrêt en raison de la pandémie. Sauf Saumur, club de National 3 (5e division) qui reçoit Toulouse (Ligue 2) lors des 8es de finale de Coupe de France, ce mercredi 7 avril. Saumur voit dans cette compétition, l'unique salut d'une saison coulée par les contraintes sanitaires.

Il a fallu y croire en décembre. À la sortie du deuxième confinement, toutes les compétitions étaient suspendues et qu'il n'y avait parfois qu'une poignée de joueurs frigorifiés à la reprise des entraînements "sans contact". Même scénario en janvier, où les joueurs n'avaient eu que 10 jours pour se préparer à la reprise de la Coupe de France et que la préfecture tardait à autoriser les entraînements après le couvre-feu.

Mais désormais, l'entraîneur Julien Sourice de l'Olympique Saumur jubile : "C'est une leçon de vie pour nos jeunes. Dans chaque crise, il y a une opportunité. Il a fallu du travail et de l'optimisme." La chnace a également souri au club de National 3. Arrivé en 8e de finale, Saumur a remporté trois de ses huit victoires aux tirs au but. De plus, le club n'a jamais croisé d'équipe de catégorie supérieure à la sienne. "Ça se joue à peu de choses, et on a profité de la formule avec les voies parallèles pour les amateurs et les pros, il faut avoir l'humilité de le dire", reconnaît Sourice. "On a une baraka de fous furieux", insiste le gardien et capitaine Anthony Dauvergne.

Des entraînements quatre fois par semaine

Formé au PSG, il joue à Saumur depuis huit ans. Anthony Dauvergne est désormais installé comme courtier en assurances. À 32 ans, il est l'un des doyens d'une équipe très jeune, qui compte une moitié d'étudiants et une demi-douzaine de joueurs formés au club voisin d'Angers.

Tant qu'ils restent en course, ils se retrouvent quatre soirs par semaine pour l'entraînement. Pour garder le rythme, les joueurs ont pu disputer deux matches amicaux contre la réserve d'Angers. Pour cela, joueurs et encadrement se plient depuis janvier, à deux tests PCR par semaine, ainsi qu'un test antigénique les jours de match. "À 30 dans le bus, il vaut mieux être sûrs", glisse l'entraîneur.

Une Coupe de France particulière

Ce n'est pas la première fois que Saumur se distingue en Coupe de France. L'équipe, montée en National 3 en 2018, avait déjà atteint les 16es de finale en 2005 (perdu contre Nantes) et en 2010 (perdu contre Rennes). Mais cette année, la "parenthèse enchantée" a une toute autre saveur, compte tenu de la sinistrose dans laquelle la crise sanitaire a plongé le sport amateur. Privés de matches et d'entraînements en semaine, "les autres joueurs de N3 sont complètement démotivés. Pour eux, la vie s'est arrêtée", témoigne Anthony Dauvergne.

Installé à quelques encablures du célèbre "Cadre noir", institution équestre qui fait la fierté de l'élégante cité en bord de Loire, le stade de 3 000 places va rester tristement vide, huis clos oblige. Sans même les courageux qui avaient grimpé aux arbres alentours lors des derniers matches, puisque celui-ci se disputera après le couvre-feu

"La Coupe de France, ce n'est même plus une bouée de sauvetage, c'est un porte-avions de secours"

Tout comme de nombreux clubs amateurs, l'Olympique Saumur a, lui aussi, souffert. Le club a perdu 80 licenciés l'an dernier (15% de ses effectifs), une partie de ses partenaires eux-mêmes plongés dans la crise et les précieuses recettes des soirées et tournois de mai et juin. Chaque printemps, ces tournois rapportent entre 50.000 et 60.000 euros, soit près de 15% du budget annuel, explique Stéphane Montainier, l'un des deux coprésidents.

Des aides de l'Etat ont en partie pris le relais mais les 172.000 euros de dotation pour le 8e de finale (et près du double en cas de victoire) seront les bienvenus. "La Coupe de France, ce n'est même plus une bouée de sauvetage, c'est un porte-avions de secours", assure Julien Sourice. "Mais on est sur un fil. Le jour où la Coupe s'arrête, notre saison est terminée".

AFP