Coupe de France : Saint-Etienne se déplace chez les amateurs d'Épinal la peur au ventre

Publié le , modifié le

Auteur·e : Quentin Ramelet
Claude Puel excité
Le coach des Verts, Claude Puel, n'arrive pas à trouver les solutions pour sortir son équipe de la crise. | GERARD JULIEN / AFP

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Après avoir éliminé Lille, le club amateur de National 2, Épinal, défie l'AS Saint-Etienne pour une place dans le dernier carré de la Coupe de France. Au premier abord, il s'agit là d'une confrontation déséquilibrée. Mais les Spinaliens pourraient bien profiter de la crise profonde dans laquelle sont englués les Verts, apathiques depuis des semaines et décimés par les blessures.

Saint-Etienne vit sa pire saison depuis 2009-2010

L'ASSE vit une crise terrible, et quasi sans précédent depuis son retour dans l'élite en 2004. En Ligue 1, les Verts déçoivent et inquiètent de plus en plus. Après avoir tutoyé le haut de tableau suite à l'arrivée de Claude Puel (ndlr : il avait relancé la machine verte avec 7 matches sans défaite dont 4 victoires), ils se retrouvent à regarder en bas plutôt que vers le haut. Sur les dix derniers matches de championnat, Sainté a concédé huit défaites pour une seule petite victoire et encaissé 21 buts ! Résultat ? Les Foréziens (15es) se sont dangereusement rapprochés de la zone rouge, ne comptant plus que quatre points d'avance sur Nîmes, barragiste. Et avec 28 points après 24 journées, il faut tout de même remonter à la saison 2009-2010 pour retrouver un total aussi faible. Au terme de cet exercice, Saint-Etienne s'était finalement sauvé in extremis, terminant à la 17e place.

Mais alors pourquoi l'ASSE déraille-t-elle autant alors que les dirigeants ont annoncé à l'aube de cette saison un budget historique (ndlr : supérieur à 100M d'euros) ? Si le début de championnat, complètement raté, sous les ordres de Ghislain Printant n'avait pas aidé, il n'est plus possible de pointer exclusivement du doigt les maux du passé. Aujourd'hui, les Verts ne proposent plus rien ou presque dans le jeu, souvent pointés du doigt pour un manque de rythme et même d'envie de la part de certains de leurs vieux briscards que sont Yann M'Vila, Yohan Cabaye ou Mathieu Debuchy.

La faillite des cadres

Les cadres de l'équipe justement, auxquels on peut ajouter Loic Perrin, Stéphane Ruffier ou encore Wahbi Khazri, ont été remis en cause par le nouveau manager général du club, Claude Puel. Ce dernier a en effet mis en place, depuis son intronisation, un véritable turnover, impliquant davantage les jeunes du centre de formation (ndlr : Wesley Fofana et Charles Abi entre autres) et mettant régulièrement sur le banc ses joueurs expérimentés. Des choix qui n'étonnent pas forcément quand on connaît la philosophie de l'ancien technicien niçois mais qui posent un vrai problème : le manque d'équilibre au sein de l'effectif. Trop souvent incapable de proposer un jeu cohérent et donc efficace, Saint-Etienne donne l'impression d'être une formation sans le moindre ADN où les joueurs n'arrivent pas (plus ?) à jouer ensemble.

Mais surtout, Sainté se distingue par une infirmerie plus remplie que jamais ! Depuis plusieurs mois, la liste des blessés ne faiblit pas. Pire, elle se rallonge alors que le staff stéphanois avait enfin réussi à aligner son "équipe-type" contre Marseille la semaine dernière. Depuis, le technicien des Verts a dressé un nouveau bilan désastreux de l'état de ses troupes puisque cinq joueurs majeurs sont forfaits pour le déplacement à Épinal à savoir Ryad Boudebouz, Zaydou Youssouf, Arnaud Nordin, Wahbi Khazri et Romain Hamouma. Si on ajoute les deux suspendus, Cabaye et Aholou, le chantier pour Puel est une fois de plus très délicat. "Il y a peu de clubs qui ont fait autant de matches que nous" confiait-il en conférence de presse, "on a réalisé des matches pleins sur le plan physique. Puis on a joué tous les trois jours, les blessures se sont accumulées. C'est une mauvaise spirale".

Infirmerie pleine, des Verts à moitié vide

Un Claude Puel fataliste, certes, mais qui ne se cherche pas d'excuses pour autant : "J’ai déjà vécu des périodes difficiles au niveau des blessures à Lille. On aimerait éviter tout ça et avoir tout le monde sur le pont. Mais ça ne sert à rien de d’épiloguer. C’est un fait. Je n’aime pas subir une situation." L'entraîneur des Verts a même écarté toute responsabilité de son staff médical, parfois accusé ces dernières semaines : "On encaisse ces blessures mais il n'y a rien de musculaire. Il est donc difficile de remettre le staff en question. C'est une accumulation de malchance." Et nul doute que les Spinaliens, dans un "stade qui sera acquis à leur cause" comme l'a parfaitement signalé Puel, tenteront d'en profiter pour prolonger leur parenthèse enchantée... Et dans le même temps, l'agonie des Verts.