Reims - Rennes - Coupe de France
Gaetan Courtet et ses coéquipiers peuvent jubiler après leur victoire contre Rennes (4-3) | AFP - DAMIEN MEYER

Champagne pour Reims !

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Reims a réussi la performance de la soirée en 8e de finale de la Coupe de France en allant sortir Rennes sur sa pelouse (4-3 après prolongation). Les Rennais ont eu la qualification au bout du pied mais ont manqué deux pénaltys. Dans les autres matches, la hiérarchie a été respectée Lorient s'est débarrassé aisément de Metz (3-0) et Angers (L2) s'est imposé (2-0) devant Strasbourg (National).

Agassa le sauveur

Coup de tonnerre sur le Stade de la Route de Lorient, où le Stade Rennais, 4e de L1 et meilleure défense du championnat, s'est fait sortir par une courageuse équipe de Reims, mal en point en L2, qui a trouvé des ressources surprenantes pour crucifier les Bretons durant la prolongation. Ce fut une rencontre animée, qui réconcilie avec le football. Une rencontre avec des rebondissements, avec la vertu de la Coupe de France qui distille à merveille ses surprises. Rennes pensait avoir mis son empreinte sur le match en ouvrant le score dès la 37e minute, à la suite d'un centre de Tettey, mal dégagé par Taccafred qui renvoyait dans l'axe. Boukary en embuscade ne se privait pas de reprendre pour donner l'avantage au Stade Rennais. Avantage de courte durée puisque Amalfitano après une-deux avec Courtet trompait Carrasso. (1-1, 40e). On retrouvait ce même Amalfitano peu après la reprise sur un centre au cordeau pour Toudic qui trompait pour la deuxième foi le portier rennais. Les Rémois avaient moins la maîtrise du ballon, mais jouait tous les coups à fond. Ils faisaient le break par Courtet auteur d'une magnifique reprise (3-1, 65e). Les Rennais ont alors décidé de sortir de leur réserve et pris d'assaut le camp rémois. Ils ont cédé deux fois pour être rejoints au score peu avant la fin du temps règlementaire grâce à un doublé de Jérôme Leroy (71e et 78e), entré en jeu peu auparavant. Les Bretons rataient même la qualification au bout du temps additionnel lorsque Brahimi voyait son penalty arrêté par le portier rémois Agassa. Coup du sort une nouvelle fois et bis repetita: Rennes manquait un autre penalty au début de la prolongation, le tir de Leroy (92) étant repoussé par Agassa, l'homme du match. Et dans la foulée, loin d'être abattu mais au contraire y voyant là peut-être un signe reprenait l'avantage dans la première prolongation par Maxime Thonnel (95e). Malgré une énorme poussé du Stade Rennais, devant son public médusé, les Champenois mettaient tout leur coeur, et parvenait jusqu'à résister aux assauts bretons.

Angers à la peine

Le SCO doit son salut à un corner direct de Gaëtan Charbonnier (1-0, 72), qui a permis aux Angevins de concrétiser sur le tard une bien pâle domination. Tombeur de deux clubs de l'élite aux tours précédents (Valenciennes puis Bordeaux), Angers a connu toutes les peines du monde pour faire respecter la hiérarchie. La partie, terne et extrêmement pauvre en occasions, s'est accélérée après l'heure de jeu. Strasbourg, bien regroupé en défense, aurait pu prendre les devants à la 58e sur une tête de Belvito contrée par Couturier et sortie en urgence par Hiaumet, le portier angevin. Mais en jouant la carte de la taille avec l'entrée de Doré, Jean-Louis Garcia a gagné la bataille tactique face à Laurent Fournier, l'entraîneur de Strasbourg. L'attaquant scellait la victoire angevine en contre dans le temps additionnel (2-0, 90+3). A la peine en L2 (16e), Angers est le premier qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France. Cela n'était plus arrivé depuis 1976 au SCO, finaliste malheureux en 1957.

Lorient à petit pas

Lorient n'a pas vraiment tremblé face à des Messins qui ont tenu une période avant de plier. Emmené par un Gameiro très en jambes, les Lorientais ont en effet dû patienter une mi-temps avant d'assurer une qualification logique. Face à une formation messine qui lutte pour le maintien en L2 mais qui jouait crânement sa chance, ressortant proprement les ballons, les Lorientais n'ont eu qu'une seule véritable occasion en première période, par Gameiro qui trouvait le poteau d'une frappe du gauche de l'entrée de la surface (35). Un maigre bilan pour une équipe bretonne qui aurait pu être menée si son gardien Audard n'avait pas repoussé du pied une frappe de Traoré. Revenus des vestiaires avec de meilleures intentions et Fanchone en lieu et place de Kitambala, les Morbihanais trouvaient vite l'ouverture par l'inévitable Gameiro, parfaitement servi aux six mètres par Monnet-Paquet (1-0, 52). Le plus dur était fait pour des Bretons qui assuraient leur succès par un joli slalom solitaire de Diarra, venant fusiller M'Fa de près (2-0, 82). Audard évitait ensuite tout suspense par un remarquable arrêt réflexe devant Duhamel (87), avant que Gameiro n'assure le spectacle d'une superbe frappe enroulée (3-0, 90+2). Une victoire somme toute normale pour des Lorientais qui se sont faits de plus en plus offensifs. 

Réactions

Frédéric Antonetti (entraîneur de Rennes): "Il  faut dire bravo à Reims. Je ne vais pas m'étaler ce soir, et je serai bref, car  sinon je vais dire des bêtises. Le football, c'est l'école de l'humilité, il  faut se remettre en question tous les jours. Il faut savoir faire une simple  passe, une course, une simple remise. Si vous manquez d'humilité, le football  vous tourne le dos. Et c'est ce qui est arrivé ce soir. Ce soir, j'ai la  confirmation de beaucoup de choses, et c'est peut-être un mal pour un bien.  Parfois il faut faire une démonstration par l'absurde pour se faire comprendre,  et ce soir on a vu le résultat. Le résultat ? C'est que des joueurs n'ont pas  le niveau. Pas le niveau pour affronter l'exigence que l'on a au Stade Rennais.  Quand on est exigent, il faut les joueurs qui vont avec. Finir dans les quatre  premiers du championnat, eh bien, je dis non! Je suis très très inquiet avant  la réception de Paris, samedi."

Jean-Louis Garcia (entraîneur d'Angers):"Le contrat est rempli. L'essentiel est de passer le tour. C'était un match piégeux car face à une équipe hiérarchiquement inférieure, et compte-tenu de nos précédentes performances tout le monde s'attendait à ce qu'on gagne. Les conditions étaient compliquées, on a fait une première mi-temps craintive, timide, mais j'ai beaucoup aimé notre visage en 2e mi-temps, on a su être présent et pressant dans la moitié adverse. Les coups de pieds arrêtés pouvaient être décisifs et ça a été le cas. On a su être patient pour gagner le match au bon moment. L'entrée de Doré a été déterminante. Je suis fier des garçons, donc on est en quart et profitons-en car cela faisait 35 ans, c'est presque historique pour le club. On a préparé de la meilleure façon le championnat. En Coupe cette année, il y a des choses qui ne nous arrivent pas en championnat. On a plus de réussite, et on est plus efficace."

Christian Gourcuff (entraîneur de Lorient): "C'est une qualification logique face à une valeureuse équipe messine. Je regrette que l'on ait oublié de jouer en première mi-temps car en deuxième on a vu tout autre chose. Les matches de Coupe, c'est avant tout une question de motivation. La rentrée de Fanchone a été très intéressante. A 3-0 je ne vais pas faire la fine bouche. Maintenant, à partir des quarts de finale, c'est une autre compétition qui commence".