Sébastien Puygrenier  Auxerre
Sébastien Puygrenier buteur auxerrois | Jeremie FULLERINGER/PHOTOPQR/L'YONNE REPUBLICAINE

Auxerre, le droit de rêver

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Toujours en course pour remonter en Ligue 1, Auxerre a un second moyen de renouer avec sa gloire passée dès cette saison : la Coupe de France. En demi-finale ce mardi (21h00), les Bourguignons affrontent le tenant du titre guingampais, dans un stade Abbé Deschamps qui attend depuis trop longtemps déjà ce type de rendez-vous.

Vainqueur de Nîmes (3-1) vendredi au stade Abbé-Deschamps, l'AJA est huitième de Ligue 2 à quatre points seulement du troisième, Dijon et peut encore accrocher l'accession dès cette saison. Le club était tombé en deuxième division à l’été 2012 (au bout de 32 ans de présence dans l'élite), date à partir de laquelle le club avait tout changé, ou presque.

Budget très serré

Le club a d’abord soldé les contrats trop onéreux pour la Ligue 2 (ceux-là même qui avaient été renégociés après la qualification de l’AJA pour la ligue des champions en 2010). Quelques mois plus tard, Paris Luxembourg Participations a injecté cinq millions d'euros dans le capital pour devenir majoritaire de la Société anonyme à objet sportif (SAOS) qui détient 60% du club et gère l'équipe professionnelle. Les anciens présidents Jean-Claude Hamel (1963-2009), 85 ans, et Gérard Bourgoin (2011-2013), 75 ans, également sponsor à partir de 1978, n'ont dès lors plus aucun rôle et l'influence de l'entraîneur historique Guy Roux, 76 ans, devient nulle chez les professionnels.

La nouvelle direction a également engagé des réformes budgétaires lourdes afin d'optimiser la gestion de l'AJ Auxerre,  et l'adapter au fragile modèle  économique de la L2. De 40 millions d'euros, pour sa dernière saison en élite, le budget a  fondu. Il est de 14 M EUR cette année et pourrait même être de 12 M EUR pour 2015-2016… malgré des ambitions de retour en Ligue 1. L’effectif est désormais composé principalement sur le prêt de joueurs, sur des contrats adaptés à la L2 et sur des jeunes formés au club (Samed Kilic, Grégory Berthier, François-Xavier Fumu-Tamuzo ou le gardien Xavier Lenogue).

La première sans Guy Roux ?

Et puis, l’organisation sportive a été complètement revue. Après Jean Fernandez, resté cinq ans sur le banc bourguignon, se sont succédés en quatre saisons Laurent Fournier, Jean-Guy Wallemme, Bernard Casoni et aujourd’hui Jean-Luc Vannuchi. Une instabilité qui avait failli plonger Auxerre en National la saison passée. Mais le club s’est relevé. A huit journées de la fin du Championnat, la remontée est toujours à sa portée. Et surtout, l’AJA est le dernier Petit Poucet de la Coupe de France, face à trois pensionnaires de Ligue 1 : Paris, Saint-Etienne et Guingamp. Ce dernier lui ressemble particulièrement : comme l’AJA, l’EAG est un club d’une petite ville (35.000 habitants pour Auxerre, 7.000 pour Guingamp) déjà parvenu à faire de très grandes choses… comme soulever la Coupe de France l’an passé.

Un trophée que les Auxerrois ont déjà soulevé à quatre reprises (1994, 1996, 2003, 2005, toujours sous la houlette de Guy Roux) et dont ils tenteront à nouveau de se rapprocher ce mardi au stade Abbé Deschamps. Au bout, le stade de France. Un voyage que les supporters bourguignons rêvent de refaire, dix ans après. Tout une ville attend cela, des joueurs jusqu’aux commerçants : depuis la descente du club en Ligue 2, les hôtels et restaurants ont vu leur chiffres d'affaires baisser de 30%...

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer