Javier Pastore Argentine-Uruguay
Javier Pastore a réussi un match plein contre l'Uruguay. | MARTIN BERNETTI / AFP

Le facteur X de l’Argentine, c’est Pastore

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Javier Pastore n’est vraiment plus le même joueur. Au sortir de sa saison la plus aboutie avec le PSG, "El Flaco" brille maintenant au niveau international. Excellent contre l’Uruguay mardi pour le deuxième match de l’Argentine dans la Copa América 2015 (1-0), il a joué un rôle prépondérant dans la victoire de l’Albiceleste. Un succès indispensable pour ouvrir à son équipe la voie vers les quarts de finale du tournoi et qui confirme son importance nouvelle dans le dispositif de Gerardo Martino.

Il faut dire que le coach l’avait mis dans les dispositions optimales pour lui permettre de donner sa pleine mesure. Après une première prestation mitigée face au Paraguay (2-2), Pastore a été maintenu dans le onze de départ par le sélectionneur argentin. Un choix fort, au moment où l’ancien entraîneur du FC Barcelone avait choisi de solidifier son milieu de terrain en y incluant Lucas Biglia, au profil plus défensif qu’Ever Banega. Martino a ainsi confié les clés du jeu argentin à Pastore, joueur le plus technique de l’entrejeu, et bien lui en a pris.

Durant les 78 minutes passées sur le terrain, jusqu’à son remplacement par Banega, le milieu du PSG s’est inscrit dans la continuité de ses performances en club. Très disponible, toujours à se positionner entre les lignes uruguayennes, il a rendu une copie de haut vol. Il a limité son déchet technique à la portion congrue et régulièrement réalisé les bons choix, hormis une frappe qui aurait certainement valu de se transformer en passe pour Angel Di Maria (20e). L’élément déclencheur de toutes les offensives argentines, c’était bien lui. Surtout qu’autour, Di Maria et Lionel Messi n’étaient pas franchement inspirés. Pastore a pris le relais, jusqu’à se trouver à l’origine du but de Sergio Agüero, en décalant Pablo Zabaleta d’un superbe enchaînement (56e). "C’était un grand mouvement collectif", a apprécié le numéro 27 du PSG après la rencontre.

"Une façon de redonner à Tata Martino tout ce qu’il fait pour moi"

Dans le tempo d’un bout à l’autre du match, sans les trous d’air qui le caractérisaient, Pastore s’est imposé comme la plaque tournante du jeu argentin. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le principal intéressé, qui fêtera ses 26 ans samedi, a pris son pied. "C’est bien d’avoir le rythme et la création du jeu, a souligné Pastore. C’est ce que je préfère. C’est ce qui me donne beaucoup de confiance. La bonne prestation est une façon de redonner à Tata Martino tout ce qu’il fait pour moi." Son sélectionneur lui avait rendu un hommage appuyé quelques minutes auparavant. "Pastore a fait une très bonne partie, meilleure que celle contre le Paraguay. Il a beaucoup d’implication dans le jeu."

Déjà présent lors de la Copa América en 2011, où il s’était contenté de 59 minutes de jeu, le natif de Cordoba est cette fois parti pour s’installer dans l’équipe-type argentine. Une situation qui contraste avec celle qui était la sienne l’été dernier, lorsqu’il avait raté le voyage au Brésil pour la Coupe du monde. Au mois de mai, Martino avait justifié son choix de s'en priver dans les colonnes du quotidien Olé. "Quelques mois avant le Mondial, la situation du Flaco était une chose, aujourd'hui, elle a changé. Les entraîneurs, surtout les sélectionneurs, nous faisons ce que les joueurs nous invitent à faire (...) Au PSG, j'ai vu que Pastore est le patron footballistique. Cela démontre sa progression." Des progrès dont l’Argentine recueille les dividendes au Chili.

En pleine possession de ses moyens physiques, Pastore fait le lien entre les besogneux des lignes arrière et les attaquants. Ce lien métamorphose le jeu de l’Albiceleste. Le triple champion de France se sent à son aise dans ce costume. Jouer pour les autres, c’est dans son ADN et il n’aime rien tant que se sentir important dans une équipe. Martino l’a bien compris, il l’a positionné au centre de son projet dans cette Copa América. Avec l’espoir de ramener ainsi à l’Argentine un premier titre continental depuis 1993. A l’époque, Pastore avait quatre ans. Il se ferait un plaisir de rafraîchir ses souvenirs.

Geoffrey Steines