Lionel Messi Argentine Chili
Lionel Messi va retrouver les Chiliens | PABLO PORCIUNCULA / AFP

Le Chili remporte la première Copa America de son histoire en battant l'Argentine en finale

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Le Chili, devant son public de Santiago, a remporté sa première Copa America en battant l'Argentine aux tirs au but (0-0, 4 t.a.b à 1) au terme d'un match décevant au niveau du jeu. Un an après avoir échoué face à l'Allemagne en Coupe du monde, l'Albiceleste de Lionel Messi essuie une seconde défaite en finale.

Après quatre revers en finale de la Copa America (1955, 56, 79 et 87), le Chili a enfin inscrit son nom au palmarès devant un public en fusion et après une rencontre extrêmement tendue. Pour l'Argentine, dont le dernier sacre dans cette compétition remonte à 1993, c'est encore raté. Le compteur de l'Albiceleste restera donc bloqué à 14 victoires. Pour rejoindre l'Uruguay en tête du palmarès avec 15 succès, il aurait fallu montrer un tout autre visage... 

Dans un Stadio Nacional de Santiago baigné de soleil et porté à ébullition par des supporters déchaînés, le Chili entamait mieux cette finale. Conformément à leurs principes, les partenaires d'Arturo Vidal mettaient un point d'honneur à maîtriser le ballon et le milieu de la Juventus Turin était le premier à se montrer vraiment dangereux sur une reprise de volée que Romero détournait du bout des doigts (11e). L'Argentine, capable de fulgurances, restait néanmoins en retrait et il fallait un coup-franc malicieux de messi pour la déviation d'Agüero pour obliger Claudio Bravo à la parade (20e). Et tandis que le match était, comme prévu, tendu mais tout en restant correct, l'Albiceleste perdait l'un des ses atouts majeurs avec la blessure d'Angel Di Maria. Le milieu de Manchester United, au terme d'une accélération plein champs, restait à terre sans qu'un Chilien n'ait commis de faute. Saison vraiment difficile pour l'Argentin... 

La sortie de Di Maria n'entamait pourtant pas le moral des joueurs de Tata Martino. Ces derniers terminaient même plus forts la première période que les Chiliens, un peu à court de souffle. Ezequiel Lavezzi, qui avait remplacé le blessé, avait même la balle du premier but au bout du pied mais l'Argentin gâchait le travail de son partenaire au PSG, Javier Pastore, en tirant directement sur le portier de la Roja (45e). A la reprise, les Argentins retombaient pourtant dans leurs travers du début de match en reprenant une position très basse sur le terrain. 

Higuain, le maillon très faible 

Pour autant, le Chili n'en profitait pas pleinement et les occasions venaient cruellement à manquer. Impressionnante en demi-finale face au Paraguay, l'Argentine était de nouveau à peine reconnaissable. S'en remettant aux seules inspirations de Messi, elle butait avec une régularité confondante sur le bloc adverse. Les hommes de Jorge Sampaoli, plus entreprenants, auraient même mérité d'ouvrir le score sur une volée en pivot magnifique d'Alexis Sanchez mais la frappe de l'attaquant d'Arsenal passait à quelques centimètres du poteau droit de Romero (81e). Les Ciel et Blanc n'étaient cependant pas loin de réussir le coup parfait. A la dernière minute, Messi s'échappait et lançait parfaitement Lavezzi qui servait Higuain. L'attaquant de Naples, entré en jeu à la place d'Agüero, confirmait son insigne faiblesse dans les matchs importants en ratant le cadre à moins d'un mètre du but... 

Les organismes n'en pouvant plus, surtout côté argentin, les prolongations ne débouchaient sur rien, si ce n'était sur l'inéluctable séance des tirs au but. Non content d'avoir raté tout ce qu'il avait tenté depuis son entrée sur le terrain, Gonzalo Higuain ouvrait le boulevard de la victoire aux Chiliens en expédiant une frappe improbable largement au dessus du but de Claudio Bravo. Le gardien du Barça enfonçait ensuite le clou en détournant la tentative de Banega et Alexis Sanchez n'avait plus qu'à conclure le travail. D'une magnifique frappe en rupture, ce dernier offrait un succès mérité et historique à un peuple en délire. 

Julien Lamotte