Uruguay
Qui succédera à l'Uruguay au palmarès de la Copa America ? | JUAN MABROMATA / AFP

Copa America, une couronne disputée

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24 juillet 2011, Estadio Monumental de Buenos Aires. On joue la 89e minute et Diego Forlan se prend pour Emmanuel Petit en inscrivant le but du 3-0 dans les dernières secondes de cette Copa America 2011, offrant ainsi à l’Uruguay son 15e titre continental. Quatre ans plus tard, la Celeste vient défendre son titre en terre chilienne et aura fort à faire. Car cette année plus que jamais, les grosses pointures se sont donné rendez-vous en Amérique latine. Le Brésil de Neymar, l’Argentine de Messi, la Colombie de James Rodriguez ou encore le Chili d’Alexis Sanchez. Tous ont leurs motivations pour ramener au pays ce fameux trophée tant convoité.

Les favoris

Le Brésil, pour oublier le traumatisme de la Coupe du Monde

Pression garantie pour le Brésil. Neymar et sa bande repartent en mission pour conquérir l’Amérique afin d’effacer des mémoires le fiasco du Mondial 2014. Car l’histoire commence ici, après l’humiliation auriverde face à une Allemagne supérieure en tout point à ce Brésil là, alors orphelin de son futur-ex capitaine Thiago Silva et du prodige et nouveau porteur du brassard Neymar. Scolari parti, c’est Dunga qui reprend les rênes de cette équipe blessée. Dunga, le capitaine des champions du monde 94. Dunga, le dernier coach vainqueur de la Copa America avec le Brésil en 2007. Mais Dunga, c’est aussi une élimination en quarts de finale du Mondial 2010, où le sélectionneur auriverde avait particulièrement été critiqué pour son jeu ordonné et sans fantaisie, bien loin de la chaleur et du Joga Bonito brésilien. Pourtant, c’est bien à lui que la Fédération a demandé de reprendre le flambeau. Car si sa philosophie de jeu n’est pas des plus agréables à regarder, elle a le mérite d’instaurer une solidité et une organisation qui permettent au Brésil de redevenir une machine à gagner : elle n’a plus perdu depuis la fin de la Coupe du Monde.

Moins de football total pour plus de résultats, voilà la recette Dunga. Et pour cette Copa, le coach brésilien n’a pas renié ses idéaux. Pas de Felipe Anderson - pourtant éblouissant avec la Lazio de Rome cette saison - ni d’Oscar, exit Fred et Hulk. Dunga s’appuie sur une défense solide, deux milieux défensifs et une force de frappe en contre avec des flèches comme Coutinho ou Willian sur les ailes et la star catalane Neymar devant. Promu capitaine par Dunga, l’ancien joueur de Santos est vu au Brésil comme le sauveur d’un pays à nouveau en quête de succès. À seulement 23 ans repose sur ses frêles épaules toutes les attentes d’un pays. En très grande forme avec le Barça avec qui il vient de remporter le triplé, il cherchera à ajouter un quatrième trophée à sa liste, le premier sous les couleurs du maillot jaune et vert.

L’Argentine, pour mettre fin à 22 ans de disette

S’il y en a un également pour qui la pression est maximale, c’est bien Lionel Messi. Finaliste du dernier Mondial et malgré son statut de meilleur joueur de la compétition, on ne peut pas dire que le lutin argentin ait particulièrement brillé lors du Mondial brésilien. Cette Copa America tombe au meilleur moment pour lui, qui attend toujours de pouvoir soulever son premier trophée avec sa sélection. Car s’il sort d’une saison exceptionnelle avec le Barça (un triplé Coupe-Championnat-C1, 61 buts et 29 passes décisives), l’Argentin a grandement bénéficié de son replacement sur la droite de l’attaque barcelonaise et de l’apport de ses coéquipiers Luis Suarez et Neymar. Mais depuis la prise de fonction de Tata Martino à la tête de l’Argentine, Leo Messi retrouve également en sélection ce côté droit qu’il aime tant. Et si ses compères d’attaque ne s’appellent pas Neymar et Suarez, ils ont pour nom Carlos Tevez, Sergio Agüero ou Gonzalo Higuain (151 buts à eux quatre cette saison). Une équipe armée offensivement pour remporter une Copa America qui échappe à la sélection argentine depuis 1993. Une façon également pour Lionel Messi d’enfin prouver qu’il peut faire gagner à son pays une compétition internationale. Et marcher sur les pas de Diego Maradona. 

 Lionel Messi
Lionel Messi

Les outsiders​

La Colombie peut compter sur James (et Falcao)

Il est l’outsider numéro 1 derrière l’Argentine et le Brésil. La Colombie de José Pekerman arrive au Chili avec la dernière Coupe du Monde comme référence. Alors privée de son capitaine et buteur Radamel Falcao, la Colombie avait pu compter sur James Rodriguez pour enfiler le costume de star, et finir meilleur buteur de la compétition puis négocier un transfert à 80 millions vers le Real Madrid. Pour cette Copa America, le sélectionneur colombien fera confiance au même groupe que celui qu’il a emmené à la Coupe du Monde Brésilienne, auquel se rajoute un Falcao revanchard après sa saison manquée du côté de Manchester United et prêt à profiter des caviars d’un James au sommet de sa forme.

L’Uruguay, pour affirmer sa suprématie continentale

Tenante du titre, l’Uruguay a glané en 2011 sa quinzième Copa America, record absolu sur le continent. Mais il y a quatre ans, les deux hommes qui offraient au pays ce record s’appelaient Diego Forlan et Luis Suarez. Si le premier profite des joies de la préretraite dans le championnat nippon, le second purgera encore ses neuf matches de suspension après avoir mordu Giorgio Chiellini lors de la dernière Coupe du Monde. Les espoirs de l’Uruguay reposent donc en grande partie sur les épaules d’Edinson Cavani. Si la saison du buteur parisien n'est pas ratée (53 matches, 31 buts),  El Matador arrive au Chili après une année faite de hauts et de bas au niveau des performances. Mais sous les ordres d’Oscar Tabarez, Cavani est capable de redevenir une machine à marquer et de faire oublier l’absence très remarqué du Pistolero Luis Suarez. 

 Edinson Cavani
Edinson Cavani

Le Chili, comme à la maison

Ils aimeraient garder le trophée à la maison. Personne ne les attend mais ils pourraient bien être la surprise de cette Copa. Éliminé après avoir poussé le Brésil jusqu’à la séance de tirs aux buts en huitièmes de finale de la dernière Coupe du Monde, le Chili accueille ses concurrents avec l’esprit revanchard. D’autant qu’elle se verrait bien soulever le trophée dans son stade de Santiago du Chili le 4 juillet prochain. Pour espérer cette fin rêvée, le sélectionneur Jorge Sampaoli pourra compter sur les cadres qu’il avait emmené à la Coupe du Monde. Avec des stars qui sortent chacune d’une saison pleine. Que ce soit Arturo Vidal sur tous les fronts avec la Juventus, Alexis Sanchez auteur d’une très bonne première saison du côté d’Arsenal ou Claudio Bravo avec le Barça, tous espèrent créer la surprise face à leur public.

Mathieu Aellen