Copa America: Le Brésil à l'heure de la rédemption

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Le défenseur du Brésil, Thiago Silva, tourné vers le ciel
Le défenseur du Brésil, Thiago Silva, tourné vers le ciel | AFP - Jeferson Guareze

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Marquée par sa terrible désillusion en Coupe du monde 2014 à domicile et son humiliant (7-1) contre l'Allemagne en demi-finale puis par sa sortie en quarts en 2018, la Seleçao doit redorer son blason devant son public, lors de la Copa America disputée au Brésil. Cela débute ce soir contre la Bolivie. C'est un vaste chantier. Neymar, sa star accusée de viol mais qui a dû faire une croix sur cette compétition, est blessé. Pourtant, c'est grâce à lui que les Brésiliens avaient retrouvé le sourire, en 2016, lors du premier sacre olympique de cette nation, avec son N.10 comme capitaine et buteur décisif en finale.

Des larmes. Beaucoup de larmes. Cela fait des années que les Brésiliens ont pris l'habitude de faire couler les larmes sur leurs joues. Elles sont rarement de bonheur. La Coupe du monde 2014 à domicile ? Un désastre, avec une humiliante et cuisante défaite face au futur champion du monde allemand en demi-finales (7-1). La Coupe du monde 2018 en Russie ? Une piteuse sortie en quarts de finale contre la Belgique (2-1) sans avoir donné l'impression de tout donner pour se qualifier, comme lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud (sortie en quarts).

Les JO 2016 pour seule éclaircie

Il n'y a bien eu que les Jeux Olympiques de 2016, à Rio de Janeiro, qui ont pu redonner la joie de vivre aux supporters, avec une victoire arrachée aux penalties contre... l'Allemagne (1-1 et 5 t.a.b. à 4). Le premier titre olympique pour la nation du football, après une finale où Neymar a inscrit un coup franc puis le penalty de la victoire. Heureusement que l'or olympique est tombé pour effacer un nouvel échec, quelques semaines avant, avec une piteuse élimination au 1er tour de la Copa America l'année de son centenaire.

Ces grandes déceptions, dans un pays où le foot est une quasi-religion et où le sang est plutôt chaud, ont abouti à un désamour pour la Seleçao. "Je ne veux pas dire que le Brésil a l'obligation de gagner, mais il faut donner une réponse aux supporters. Gagner la Copa America à domicile est le strict minimum", affirme Ledio Carmona, commentateur de la chaîne Sportv. Anciens capitaines, Thiago Silva, depuis ses larmes au Mondial 2014, ou Neymar ont été déchus du brassard après avoir été cloués au pilori. Et pris en grippe par une partie du public. Seulement 65% des billets ont trouvé preneur, à 5 points de l'objectif fixé initialement. Pour le match d'ouverture vendredi entre le Brésil et la Bolivie au Morumbi et ses 67.000 places, les organisateurs comptent, en revanche, sur une enceinte à guichets fermés.

Neymar pris en grippe

Le N.10 parisien est d'autant plus sur la sellette que ses frasques régulières et surtout l'accusation de viol dont il fait l'objet depuis le début du mois on fortement divisé le Brésil. Un t-shirt a même été créé où il est écrit "Marta Rainha, Neymar Nadinha" (Marta reine, Neymar rien), en mettant en parallèle les deux N.10 des sélections brésiliennes féminine et masculine. Pas vraiment à l'avantage du Parisien. Même si 2/3 des Brésiliens le pensent innocent dans cette affaire selon un sondage réalisé juste après sa médiatisation, son image est écornée. "Le Brésil perd un grand joueur, mais ça n'empêchera pas le Brésil de faire des grands matches et de remporter la Copa America", a estimé Tite, le sélectionneur du Brésil.

Pour beaucoup, cette compétition est l'occasion de remettre le ballon rond au centre. Promu capitaine un an après avoir dû faire une croix sur la Coupe du monde 2018 en raison d'une blessure, Daniel Alves emmène son groupe derrière ses 38 printemps. Thiago Silva tente de refaire sa place dans le 11 de départ à 34 ans. La Seleçao doit simplement prouver qu'elle peut vivre sans son N.10, et qu'elle peut de nouveau gagner. Sans victoire dans cette compétition depuis 2007, le Brésil doit renouer avec son glorieux passé. Avec ses supporters aussi.

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