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Le Chili pourrait remporter à domicile la première Copa America de son histoire | ADRIÁN AYLWIN/PHOTOSPORT / PHOTOSPORT

Copa América 2015: Le Chili a changé de statut

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Derrière les grands favoris qu’étaient le Brésil et l’Argentine avant le début de cette Copa America, la donne pourrait bien avoir changé avant le début des quarts de finale ce soir. À domicile, le Chili prépare son affrontement face à l’Uruguay avec un nouveau statut : celui de l’équipe probablement la mieux armée pour soulever le trophée le 4 juillet prochain.

16 juin 2015. Alors que la Copa America n’a débuté que depuis quelques jours, Arturo Vidal "plante" sa Ferrari après une soirée quelque peu alcoolisée. Rien de grave pour le joueur de la Juventus mais les photos de la carcasse de sa voiture font rapidement le tour du web et tout le monde parle déjà d’une possible exclusion du groupe pour l’un des piliers de cette Roja. Après une conférence de presse où Vidal bafouille deux trois excuses entre quelques sanglots, la décision est prise par la Fédération Chilienne et le coach Jorge Sampaoli de ne pas l’exclure du groupe.

Mais il le savait. Son expiation ne peut se dérouler que sur le terrain. Principal artisan de la qualification pour les quarts de sa sélection, le public chilien l’a bien compris et l’ovation exceptionnelle de l’Estadio Nacional de Santiago pour son milieu à crête suite au match face à la Bolivie a pu être perçue comme une rédemption accordée à Arturo Vidal. Avec 3 buts et 1 passe décisive, le joueur de la Juventus sera l’un des hommes forts pour emmener le Chili sur le toit de l’Amérique.

Un Chili à double visage

Un toit que n’a jamais connu la sélection chilienne. Car cette dernière présente un palmarès qui sonne un peu creux lorsqu’on y jette un œil. Une troisième place lors de la lointaine Coupe du Monde 1962 mais surtout quatre finales de Copa America disputées pour quatre défaites, alors que des équipes comme le Pérou ou la Bolivie affichent le trophée à leur palmarès. Autant dire que les attentes du côté de Santiago sont énormes pour cette édition à domicile. Les joueurs l’ont d’ailleurs bien compris, comme en témoigne par exemple les déclarations d’Arturo Vidal avant le début de la compétition. "Nous nous battrons jusqu'au bout, je sens que c'est le moment de gagner quelque chose d'important". 

Arturo Vidal
Arturo Vidal

Une envie et une détermination que le joueur de la Juventus a vraisemblablement réussi à transmettre auprès de ses coéquipiers. Car avec des joueurs comme Valdivia, Diaz ou Aranguiz entourant la paire Vidal/Sanchez, Jorge Sampaoli a réussi à mettre en place un onze louant jeu de passes, rapidité et un penchant certain pour l’offensive. La manita passée à la Bolivie ce week-end a été la démonstration de ce jeu prôné par le coach de la Roja. Avec pour point d’orgue les buts de Aranguiz et Medel, conclus au terme d’actions collectives brillantes de respectivement 22 et 23 passes. Avec 10 buts inscrits en trois matches et le meilleur buteur de la compétition avec Vidal, le Chili a clairement de quoi peser offensivement. Défensivement, c’est un autre problème. Le match face au Mexique (3-3), aussi fou qu’il soit, a clairement mis en lumières les approximations défensives de la Roja, perturbée par un pressing haut et un jeu peut-être trop porté vers les buts adverses. Un double visage qui pourrait briser les rêves chiliens face à de plus grosses équipes qui pourraient profiter avec plus de réalisme de ces failles chiliennes.

« Des matches à la vie à la mort »

Mais l’impression dégagée par cette équipe chilienne lors du premier tour a fait renaître l’espoir d’un titre tant convoité par tout un pays. Mais ce visage attrayant ne cache pas la poule peu relevée dont disposait le Chili, réputée comme le groupe le plus faible de cette édition 2015. Pour ces quarts de finale, les hommes de Jorge Sampaoli auront le droit à une autre opposition de style face à l’Uruguay. Certes, le tenant du titre uruguayen n'a guère convaincu, mais il sera intéressant de voir ce que le Chili sera capable de montrer face à ce bloc uruguayen beaucoup plus solide que ceux de la Bolivie ou du Mexique, pour certainement l’affiche la plus alléchante de ce début de phase finale.

Une chose est sûre, Sampaoli ne dérogera pas à son football offensif. "Jouer comme on l’a fait contre la Bolivie est la seule manière de battre les grands rivaux qui nous attendent." a affirmé le coach chilien. "C'est un autre tournoi qui commence à partir des quarts de finale. Ce sont des matches à la vie à la mort pour lesquels il faut être prêts physiquement et mentalement" a ajouté le milieu de Hambourg Marcelo Diaz. Un groupe prêt à offrir à ses supporters un billet pour les demi-finales, ce qui serait une première dans cette compétition pour la Roja depuis 1999.

Mathieu Aellen