Le Sud Africain Tshabalala Siphiwe
Le Sud Africain Tshabalala Siphiwe jouera devant son public pendant cette CAN | AFP - Alexander Joe

Une Coupe d'Afrique des Nations très ouverte

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La CAN -2013, qui débute aujourd'hui en Afrique du Sud, s'annonce plus ouverte que jamais, la Côte d'Ivoire de Drogba, avide d'effacer ses dernières déconvenues, les ambitieux représentants maghrébins ou le Ghana étant en première ligne pour succéder au palmarès à la Zambie d'Hervé Renard.

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Un an tout juste après l'édition organisée en Guinée équatoriale et au Gabon, la Coupe d'Afrique des nations reprend ses droits, la Confédération Africaine ayant désormais décidé de faire disputer son principal tournoi les années impaires pour ne pas entrer en  concurrence avec les Mondiaux et les Euros. Initialement, c'est la Libye qui aurait dû avoir les honneurs de  l'organisation. Mais la guerre civile débutée en février 2011 et qui a abouti à  la chute du régime de Mouammar Kadhafi a logiquement poussé la CAF à revoir ses plans et à délocaliser la CAN en Afrique du Sud.

Nouvelle et dernière occasion pour Drogba

En confiant les clés de son épreuve-reine à la nation arc-en-ciel, la CAF  avait ainsi l'assurance de bénéficier d'infrastructures de qualité, héritage du  Mondial-2010. L'enchaînement de deux CAN en l'espace de douze mois est du pain bénit pour  la Côte d'Ivoire et sa fameuse "génération dorée", toujours sous le choc du  cruel échec aux tirs au but en finale contre les Zambiens en 2012. Dirigés par le novice Sabri Lamouchi, les Eléphants se voient offrir une séance de rattrapage idéale et une dernière occasion de porter le monument  Didier Drogba au sommet du continent aux côtés des autres stars de la sélection (les frères Touré, Salomon Kalou, Gervinho).

En l'absence du Cameroun d'Eto'o et de l'Egypte, détenteur du record de  victoires (7), la voie semble libre pour les Ivoiriens mais la méfiance reste de mise puisque la non-qualification de ces deux géants continentaux en 2012  n'avait pas empêché les Eléphants d'échouer en finale. Le tirage au sort leur a en outre réservé une mauvaise surprise en les faisant côtoyer des adversaires de gros calibre au 1er tour (la Tunisie, l'Algérie, le Togo dans le groupe D). Une fois cette phase initiale franchie, qui pourrait de nouveau gâcher les  plans des Ivoiriens? L'effet de surprise ne jouera plus en tout cas en faveur  de la Zambie.

Les pays du Maghreb en embuscade

Il faudra aussi se méfier des pays du Maghreb, venus en force. Le Maroc, reversé dans un groupe A à sa portée (avec l'Afrique du Sud, l'Angola et le Cap Vert), peut déjà espérer une place en quarts de finale après le fiasco de 2012 (élimination au 1er tour). La Tunisie du prodige Msakni, qui n'a pas particulièrement convaincu en matches de préparation, devra s'extraire du "groupe de la mort" avant  d'envisager un éventuel couronnement. Tout comme l'Algérie, de retour à la CAN  sous les ordres de Vahid Halihodzic. La discipline de fer légendaire du  technicien franco-bosnien, alliée à quelques talents individuels (Feghouli,  Boudebouz), pourrait toutefois permettre aux Fennecs de voir loin.


Pour l'Afrique du Sud, le pays-hôte, le souvenir de l'unique sacre continental, obtenu en 1996 à la maison, est encore vivace et fait fantasmer  tout un peuple. Mais les Bafana Bafana ne possèdent pas, sur le papier, les armes pour se mêler à la lutte pour le titre. Enfin, quel sera l'impact du conflit malien sur le parcours des Aigles? La  magie de Claude Le Roy, qui fêtera sa 7e Coupe d'Afrique avec la RD Congo (un  record), opérera-t-elle encore? Autant d'enjeux pour une CAN dont le vainqueur obtiendra un billet pour la Coupe des Confédérations au Brésil (du 15 au 30  juin).

Gilles Gaillard