Emmanuel Mayuka Didier Drogba
Emmanuel Mayuka face à Didier Drogba, l'affiche de la finale de la CAN 2012 | AFP

La logique ivoirienne face à l'émotion zambienne

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Vainqueur en 1992, et finaliste en 2006, la Côte d'Ivoire se présente ce dimanche en favorite d'une finale de la Coupe d'Afrique des Nations, face à l'étonnante équipe de Zambie. Déjà finaliste à deux reprises (1974, 1994), l'équipe entraînée par Hervé Renard, espère ramener au pays un premier titre continental grâce à sa force mentale.

Surprenants vainqueurs du Ghana en demi-finale, les Zambiens peuvent compter sur Emmanuel Mayuka et l'un des meilleurs jeux collectifs de cette édition pour aller au bout de leur rêve. Mais cette fois, l'effet de surprise ne sera plus présent. De leur côté, les Eléphants possèdent des joueurs associant à la fois le talent et l'expérience à l'instar bien sûr de Didier Drogba. Mais l'attaquant de Chelsea est loin d'être la seule arme ivoirienne. Gervinho, Didier Zokora, Salomon Kalou ou encore Yaya Touré sont en mesure d'offrir le titre à leur capitaine. Selon le sélectionneur de la Côte d'Ivoire, François Zahoui, rien n'est encore fait face à cette imprévisible équipe. "C'est une équipe jeune, très joueuse qui pratique un bon football", a-t-il dit. "Ils vont de l'avant et posent problèmes à ceux qu'ils croisent. Cela va se jouer à des détails mais ça va être une belle finale", prévient-il. Zahoui évoque également le drame qui avait coûté la vie à toute une génération dorée de footballeurs Zambiens. "Après le crash de 1993, ils ont su reconstruire et  repartir avec patience. On les respecte. Mais nous aussi, avec les événements en Côte d'Ivoire, on a à coeur de ramener le trophée. Le pays est derrière nous", assure-t-il.

L'ONU soutient les Ivoiriens

Et la Côte d'Ivoire pourra compter sur un soutien étonnant, celui de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Cette dernière estime en effet que son succès pourrait favoriser le processus de paix dans le pays, à peine un an après une crise post-électorale qui a coûté la vie à plus de 3000 Ivoiriens. Pour "les Chipolopolos" (boulets de cuivre), le souvenir de 1993 reste bien ancré. Le capitaine zambien Christopher Katongo pense que cela peut servir à galvaniser ses coéquipiers. "A chaque match dans notre stade de  l'Indépendance, tout le monde se souvient de cette équipe (dont 18 joueurs ont trouvé la mort lors du crash)", raconte-t-il. "Les larmes viendront  aux supporteurs quand ils regarderont la finale, ça leur ira droit au coeur. Il faut faire tout notre possible pour ramener cette coupe." Si l'issue de cette finale reste relativement indécise, il y aura très certainement de l'émotion dimanche, dans le Stade de l'Amitié.

Romain Bonte

CAN