Pierre-Emerick Aubameyang
Le joueur du Gabon Pierre-Emerick Aubameyang | AFP

La CAN 2017 menacée par la situation au Gabon

Publié le , modifié le

La 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations est censée se tenir au Gabon du 21 janvier au 12 février 2017, alors que le pays-hôte fait face à une crise politique et civile majeure depuis la proclamation mercredi de la réélection du président Ali Bongo. Comme ce fut le cas en 2015 pour le Maroc, la Confédération africaine de football pourrait être amenée à attribuer l’organisation à un autre pays.

Depuis dimanche, la CAN connaît le nom de toutes les équipes qualifiées, soit 16 nations au total, dont le Gabon qui a obtenu l’an passé le droit d’organiser la compétition. Le Burkina Fasso, la République démocratique du Congo, la Tunisie, l’Ouganda, le Togo, ainsi que la Côte d’Ivoire sont les derniers à avoir validé leur billet pour le grand rendez-vous du football africain.

Le tirage au sort des poules est prévu le 19 octobre à Libreville, mais « le Pays Vert-Jaune-Bleu » connaît depuis mercredi dernier une situation extrêmement tendue depuis la réélection contestée du président Ali Bongo. Au moins sept morts, de nombreuses personnes disparues, l’Assemblée gabonaise incendiée, des télévisions indépendantes attaquées tout comme le QG de l’opposant Jean Ping, un accès à internet suspendu plusieurs jours, le Gabon et notamment sa capitale est aujourd’hui en pleine révolte. Joueur emblématique du Gabon, Pierre-Emerick Aubameyang a d'ailleurs adressé un message de paix à l'attention de ses compatriotes.

Le pays dans l'impasse politique

Actuellement, le ballon rond est donc loin d’être la priorité des autorités gabonaises, d’autant que la communauté internationale craint que la situation s’aggrave encore. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a ainsi appelé MM. Bongo et Ping "à faire cesser immédiatement les actes de violence dans le pays", et le président François Hollande a appelé « toutes les parties à la retenue et à l’apaisement ». Mais la fermeté d’Ali Bongo laisse penser que le pays se trouve dans une impasse.

A cinq mois du coup d’envoi de la CAN 2017, la Confédération africaine de football (l’équivalent de l’UEFA en Afrique) se veut plutôt rassurante. « On suit la situation », s’est contenté de dire le porte-parole de la CAF, Junior Binyam. « Le calendrier communiqué par la CAF est maintenu », a-t-il ajouté, estimant que « ce n’est pas le moment » d’aborder la question d’un « plan B ». La question devra toutefois être posée lors des réunions annuelles de la CAF qui doivent se tenir au Caire du 21 au 27 septembre, sachant que l’Algérie et le Ghana avaient également été candidats pour accueillir l’événement.

Trois précédents

La Coupe d’Afrique des nations a déjà changé de pays d’accueil. En 1996, le Kenya avait renoncé en raison du retard pris dans les travaux des stades et l’Afrique du Sud avait finalement servi de « plan B ». En 2013, c’était au tour de la Libye, en proie à une guerre civile depuis 2011, de renoncer. Là encore, l’Afrique du Sud avait été choisie. La précédente CAN (en 2015) avait elle aussi été retirée au Maroc, qui avait souhaité reporter la compétition en raison de la propagation du virus Ebola. La Guinée équatoriale avait alors récupéré l’organisation. La CAN, qui représente d’importants enjeux économiques, n’a jamais été annulée depuis sa création en 1957 au Soudan. Elle se déroulera bien en 2017, mais peut-être pas au Gabon.

Les 16 nations qualifiées :
Gabon (pays-hôte)
Tunisie (1er du groupe A)
Togo (2e du groupe A, 2e meilleur deuxième)
RDC (1er du groupe B)
Mali (1er du groupe C)
Burkina Faso (1er du groupe D)
Ouganda (2e du groupe D, 1er meilleur deuxième)
Guinée Bissau (1er du groupe E)
Maroc (1er du groupe F)
Egypte (1er du groupe G)
Ghana (1er du groupe H)
Côte d'Ivoire (1er du groupe I, tenant du titre)
Algérie (1er groupe J)
Sénégal (1er du groupe K)
Zimbabwe (1er du groupe L)
Cameroun (1er du groupe M)

Romain Bonte