L'entraîneur de l'Algérie Vahid Halilhodzic en réfléxion
L'entraîneur de l'Algérie Vahid Halilhodzic en réfléxion | AFP - Alexander Joe

Halilhodzic veut une Algérie rigoureuse

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Entraîneur expérimenté, ayant roulé sa bosse en Europe comme en Afrique, Vahid Halilhodzic, sélectionneur de l’Algérie depuis 2011, sait l’importance que représente la Coupe d’Afrique des Nations pour le peuple qu’il représente à travers l’équipe nationale. Il attend beaucoup du premier match de sa formation en Afrique du sud mardi contre le voisin tunisien.

Celui qui a su remettre de l’ordre dans une équipe algérienne talentueuse mais trop souvent victime de ses querelles internes et de son indiscipline, n’ignore pas non plus que les événements actuels que traversent le pays peuvent avoir une double conséquence. Celle de relativiser la dimension du football par rapport à une situation du conflit, mais en même temps, un effet de cohésion et de fierté nationale qui peut conduire ses joueurs à se dépasser.

"Dans le foot, il y a deux équipes, une qui gagne et l'autre qui perd, on va tout faire pour être vainqueur et faire plaisir au peuple algérien, surtout en ce moment avec les problèmes intérieurs", a-t-il déclaré en conférence de presse, faisant référence à la prise d’otages qui a ensanglanté le pays suite à l’intervention des forces de sécurité et de l’armée du pays. Et l’entraîneur franco-bosnien d’ajouter: "Le peuple algérien est inquiet à cause de ça, et certainement qu'une victoire peut être le meilleur message d'amitié et de joie pour eux".

De l'orgueil et de la concentration

Pour lui, ce premier match "est presque un tremplin avec une nouvelle génération, qui est arrivée à un certain niveau, et pour aller plus haut, il faut franchir un cap. Et le cap, c'est la Tunisie, une très bonne équipe. Mon équipe manque sans doute d'expérience, mais a beaucoup de fraîcheur et d'ambition, et je suis impatient de voir comment elle va se comporter dans un match aussi important…" L'orgueil est aussi un mode de motivation.

Tout en reconnaissant un certain degré de fatigue chez certains joueurs, il avoue avoir pris cela en compte et avoir surtout insisté sur le travail tactique, la technique, l’explosivité. Pour lui, la différence va se faire avant tout sur la concentration, quelques petits détails… "Entre deux pays fraternels, qui se connaissent bien, il y aura une pression énorme, mais je ne pense pas qu’il y aura de geste anti-sportif, et je suis sûr que mon équipe se comportera de la meilleure manière possible. Mais si elle manque d'ambition, de discipline, de rigueur, elle passera à côté. Tu gagnes dans la souffrance" précise Halilhodzic, réputé depuis toujours pour sa rigueur.

Il a d’ailleurs déjà commencé à imposer sa patte. Il a modifié certaines habitudes chez les Fennecs, en ne tolérant plus par exemple les retards, et en prônant un jeu plus offensif. Ce changement de philosophie a plutôt bien marché jusque là. Maintenant il reste à le valider en gagnant des matches officiels dans une grande compétition. Tout autant que ses joueurs, le coach a la pression car il s’est fixé comme objectif d’atteindre les demi-finales de la CAN. 

Mais comme à l’accoutumée, il se veut pragmatique: "avant de penser à la demie, il faut penser à se qualifier pour le second tour. Nous sommes tombés dans un groupe difficile (Togo, Tunisie, Côte d'Ivoire). Il y a un gros favori (Côte d'Ivoire), derrière tout est possible. Nous aurons le droit de penser à quelque chose une fois que l'on aura terminé dans les deux premiers, pas avant. Nous n'avons pas de certitudes, mais il existe une ambiance à même de nous faire réaliser de belles choses. Du moins si les joueurs retrouvent leur niveau optimum." Histoire de le mettre une bonne fois pour toutes face à leurs responsabilités.

Christian Grégoire