CAN 2019 - Égypte, Sénégal, Algérie, Nigeria : zoom sur les favoris et outsiders

Publié le , modifié le

Auteur·e : Mathieu Aellen
L'Egypte de Mohamed Salah est l'une des grandes favorites de cette CAN 2019
L'Egypte de Mohamed Salah est l'une des grandes favorites de cette CAN 2019 | Khaled DESOUKI / AFP

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Pays hôte de la première Coupe d'Afrique des Nations à 24 équipes, l'Egypte de Mohamed Salah sera l'une des grandes favorites de cette 32e édition, où le Sénégal et le Maroc font eux aussi figures de candidat à la victoire finale. Derrière, les outsiders seront nombreux à tenter de tirer leur épingle du jeu.

Le favori

L’Egypte vise le grand huit

22e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010.
CAN 2017 : Finaliste

Expérience, régularité, ferveur populaire et Mohamed Salah : sur le papier, l’Egypte a tout du favori N°1 de cette Coupe d’Afrique des Nations 2019. Mais la pression sera grande sur les épaules des Pharaons, pour une CAN aux enjeux aussi bien politiques que sportifs. Dans un pays porté par la culture ultra mais où le football est soumis à l’appareil sécuritaire depuis la révolution de 2011 et la tragédie de Port-Saïd en février 2012 (74 supporters avaient perdu la vie dans des échauffourées à l'issue d'une défaite d'Al-Ahly contre l'équipe locale d'Al-Masry), cette Coupe d’Afrique des Nations à domicile sera l’occasion pour le public égyptien de s'enflammer de nouveau, alors que le championnat a vécu plusieurs saisons à huis clos forcé et que le retour des supporters dans les stades ne se fait qu'avec parcimonie depuis l'été dernier.

Sur le terrain, les Egyptiens auront également des choses à prouver, deux ans après leur défaite en finale de la CAN face au Cameroun et douze mois après avoir traversé le Mondial russe comme une ombre avec trois défaites et zéro point marqué. Laver l’affront et faire honneur à son statut de véritable ogre du continent - sept titres, un record -, tels sont les objectifs d'une Égypte qui aura à cœur de tenir son rang, elle qui sait comment gagner à domicile en ayant remporté trois des quatre éditions organisées sur ses terres. Arrivé sur le banc l’été dernier, le Mexicain Javier Aguirre s’appuie sur le même noyau dur que son prédécesseur Hector Cuper, avec un jeu plus offensif et plus de liberté laissée à son joyau Mohamed Salah, qui débarque avec une Ligue des Champions sous le bras et un statut de prophète en son pays. 

Notre prono : ★★★★★

CAN 2019 - Égypte, Sénégal, Algérie, Nigeria : zoom sur les favoris et outsiders
© AHMED AWAAD / NURPHOTO

Les challengers

Le Sénégal chasse sa première étoile

15e participation
Meilleur résultat : finaliste en 2002
CAN 2017 : Quart de finaliste

Une première étoile, enfin, sur le maillot du Sénégal ? Les Lions de la Teranga débarquent en Egypte avec l’ambition de donner une suite aux épopées inachevées de 2002, où El-Hadji Diouf et ses coéquipiers s’étaient inclinés en finale de la CAN avant de rentrer du Mondial au Japon et en Corée du Sud avec un statut de quart de finaliste. C’est justement l’ancien capitaine de cette génération dorée, Aliou Cissé, qui est devenu le chef d’orchestre d’une équipe qui enchaîne les désillusions depuis son arrivée. Sortis aux tirs au buts par le Cameroun il y a deux ans après un match dominé de bout en bout, éliminés dès le premier tour du Mondial 2018 au critère du fair-play, les Lions de la Teranga ne se sont pas encore offerts une compétition référence sous le mandat Cissé.

Première nation africaine au classement Fifa (22e), le Sénégal peut aujourd'hui compter sur une colonne vertébrale sans comparaison possible en Afrique. Une base défensive très solide autour de Sané-Koulibaly-Gueye et une ligne d’attaque de feu emmenée par les Rennais Ismaïla Sarr et Mbaye Niang, l’ancien monégasque Keita Baldé et sublimée par Sadio Mané, sans oublier de la profondeur sur le banc, les Lions de la Teranga ont de quoi faire peur. "Le Sénégal n’a jamais été aussi proche d’un sacre continental" , a confié fin mai le sélectionneur Aliou Cissé. 2019, l'année du Sénégal ?

Notre prono : ★★★★

Le Maroc veut revenir sur le devant de la scène

17e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1976
CAN 2017 : Quart de finaliste

On avait laissé le Maroc sur une élimination frustrante au premier tour du Mondial 2018, où les Lions de l’Atlas avaient impressionné par leur style de jeu en mouvement et leur collectif, pour finalement quitter précipitamment la Russie. Des ingrédients que l’on devrait revoir du côté de l’Egypte cet été, avec un effectif envoûtant techniquement. Mehdi Benatia, Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui, Younes Belhanda ou encore Sofiane Boufal auront de quoi régaler, sans oublier Hakim Ziyech, éblouissant avec l’Ajax cette saison et qui sera l’un des joueurs les plus attendus de cette édition.

Placés dans un groupe C piégeux aux côtés de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique du Sud et de la Namibie, les Marocains devront résoudre leurs problèmes d’efficacité offensive pour espérer entrevoir rapidement les huitièmes de finale. Un défaut déjà entrevu en Russie l’été dernier et qui les a de nouveau plombés lors des matches de préparation perdus face à la Gambie (0-1) et à la Zambie (2-3). Emmenée par l’attaquant de Leganés Youssef En-Nesyri, auteur de 9 buts cette saison en Liga, l’attaque marocaine espère briller pour permettre aux Lions de l’Atlas de redevenir les rois du continent, 43 ans après leur premier et seul titre. Avec Hervé Renard à leur tête, seul entraîneur à remporter la CAN avec deux nations différentes (la Zambie en 2012, la Côte d’Ivoire en 2015), ils auraient tort de ne pas y croire.

Notre prono : ★★★★

Maroc
Maroc © FADEL SENNA / AFP

Les outsiders

L’Algérie en quête de stabilité

18e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1990
CAN 2017 : éliminée au 1er tour

Huit sélectionneurs en sept ans, une piteuse élimination au premier tour de la dernière CAN avant de manquer le coche lors des qualifications pour le Mondial 2018… Ces dernières années ont été tourmentées du côté de l’Algérie.

L’arrivée de Djamel Belmadi sur le banc des Fennecs va-t-elle remettre l’Algérie sur le droit chemin ? Sur courant alternatif lors des qualifications, entre prestations séduisantes et matches poussifs, la sélection alterne le bon et le moins bon mais débarque en Égypte avec une génération pleine de promesses. Aux côtés des expérimentés Riyad Mahrez, Sofiane Feghouli, Yacine Brahimi ou Aissa Mandi, des petits nouveaux poussent à la porte. On pense à Youcef Atal, brillant avec Nice cette saison, ou le milieu d’Empoli Ismael Bennacer, relégué en Serie B mais déjà sur les tablettes de nombreux clubs européens. Sans oublier Baghdad Bunedjah, 27 ans et auteur de 41 buts en 28 matches cette saison avec le club qatari d'Al Sadd. Si l’alchimie opère, l’Algérie pourrait représenter l’un des épouvantails de cette édition. Et rien de mieux qu’un joli parcours chez le rival égyptien pour refaire des Fennecs une nation qui compte sur le continent.

Notre prono : ★★★

Nigéria, le grand retour

18e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1980, 1994 et 2013
CAN 2017 : non qualifié

Fin de la traversée du désert pour les Super Eagles. Absent en 2015 et 2017, le Nigeria sera bien présent cette année en Egypte. Titrés en 2013, les hommes de Gernot Rohr sont de retour sur la scène continentale et n’ont pas fait dans le détail pour tenter d’aller ajouter une quatrième CAN à leur palmarès. Cinq succès et deux nuls pour terminer leur campagne de qualifications en tête du groupe E, deuxième meilleure attaque des éliminatoires avec 14 buts, dont 7 pour le seul Odion Ighalo, le Nigeria débarque en Égypte avec le plein de confiance.

Dans une poule B largement à sa portée, Gernot Rohr et ses joueurs visent au minimum les huitièmes de finale, avec un groupe largement rajeuni et au talent bien présent. Pas encore 23 ans, Henry Onyekuru (Galatasaray), Wilfred Ndidi (Leicester) ou encore Samuel Chukwueze (Villarreal) sortent tous trois d’une grosse saison en club et se sont solidement installés dans le onze de l’entraîneur franco-allemand. Sans réel meneur de jeu, Rohr pourra compter sur le retour de l’expérimenté John Obi Mikel. L’ancien milieu de Chelsea, parti s’exiler du côté de la Chine avant de revenir en Championship à Middlesbrough cet hiver, a choisi de sortir de sa retraite internationale pour reprendre la main sur l’entrejeu des Super Eagles. Solide et talentueuse, le Nigeria peut voir haut lors de cette CAN.

Notre prono : ★★★

CAN 2019 - Égypte, Sénégal, Algérie, Nigeria : zoom sur les favoris et outsiders
© PIUS UTOMI EKPEI / AFP

La Côte d’Ivoire en quête d’un 3e trophée

18e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1992, 2015 1994 et 2013
CAN 2017 : éliminé au 1er tour

Quatre ans après son dernier succès, la Côte d’Ivoire et sa nouvelle génération se mettent en quête d’un nouveau sacre continental. Derrière les biens installés Serge Aurier, Max-Alain Gradel, Jean-Michaël Seri ou Wilfried Bony, la relève ivoirienne pointe le bout de son nez doucement mais sûrement, notamment en attaque. Du trio de 2015 Gervinho-Kalou-Bony, seul le dernier - exilé depuis au Qatar - sera présent en Egypte et Ibrahim Kamara n’a pas attendu la CAN pour amener du sang neuf. Wilfried Zaha, Jonathan Kodjia, Roger Assalé, Maxwel Cornet et Nicolas Pépé, cinq joueurs qui comptent moins de 20 sélections chacun mais qui seront amenés à jouer les premiers rôles chez les Éléphants. Derrière eux, Franck Kessié, très bon avec l’AC Milan, et Ibrahim Sangaré, élément clé du côté de Toulouse, représentent eux aussi une nouvelle vague où seule la défense, amputée de son leader Eric Bailly - touché au ligament du genou droit en avril dernier - paraît être le point faible de cette sélection ivoirienne.

Une nouvelle génération qui, sur le papier, est amenée à viser très haut lors de cette CAN. Pour cela, il faudra se sortir d’un groupe pas évident aux côtés du Maroc, de l’Afrique du Sud et de la Namibie. L’occasion pour les Eléphants de se frotter à du lourd, eux qui n’ont pas affronté de candidat à la victoire finale depuis novembre 2017 et une défaite 0-2 face au Maroc. Rendez-vous le 28 juin pour le choc face aux Lions de l’Atlas, l’un des duels attendus de ce premier tour.

Notre prono : ★★★

Cameroun, le tenant du titre peut-il refaire le coup ?

19e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 198, 1988, 2000, 2002 et 2017
CAN 2017 : vainqueur

Arrivé sous les radars lors de la dernière CAN, le Cameroun avait remporté au Gabon la 3e Coupe d’Afrique de son histoire. Deux ans plus tard, bis repetita ? Placés parmi les outsiders, les tenants du titre, emmenés par leur coach Clarence Seedorf, voudront remettre ça en Égypte, dernier pays à avoir conservé son titre sur la scène africaine. Sans Joel Matip, en retrait de la sélection depuis le Mondial 2014, ni Vincent Aboubakar, blessé, les Lions Indomptables pourront compter notamment sur un André Onana chaud bouillant avec l’Ajax cette saison, et sur un Karl Toko Ekambi qui a brillé pour sa première saison à Villarreal (17 buts toutes compétitions confondues). Suffisant pour aller chercher le titre ? Oui selon Seedorf, qui assure que le Cameroun arrive à la CAN “pour la gagner”.

Mais la préparation des tenants du titre n'a pas été idéale, loin de là. Alors qu'il devait accueillir cette première CAN à 24 équipes, le Cameroun s'est vu retirer l'organisation de la compétition en raison d'un trop grand retard dans infrastructures sportives et d'accueil. Désormais, c'est les joueurs eux-mêmes qui laissent planer le doute sur leur venue en Égypte, menaçant la Fédération d'un boycott si cette dernière ne leur versait pas leur prime de participation. On a connu mieux comme préparation.

Notre prono : ★★

Clarence Seedorf
Clarence Seedorf © ACTION FOTO SPORT / NURPHOTO

La Tunisie et le plafond de verre

19e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 2004
CAN 2017 : quart de finale

2006, 2008, 2012, 2015, 2017… Depuis son sacre en 2004, l’histoire se répète inlassablement pour la Tunisie, incapable depuis quinze ans d’aller plus haut que les quarts de finale. Un plafond de verre que le sélectionneur Alain Giresse, arrivé en novembre dernier et qui disputera sa cinquième CAN, espère bien briser. “Il y a un palier à franchir, que tout le monde attend en Tunisie : passer le cap des quarts de finale”, confiait l’ancien milieu français à BeIN Sports il y a un mois. On a l'espoir d'atteindre le dernier carré.”

En tête de son groupe de qualifications, capable de battre l’Egypte durant les éliminatoires ou la Croatie en amical il y a dix jours, la Tunisie affiche ses ambitions pour cette CAN. Elle pourra compter sur Wabhi Kazhri ou encore Naïm Sliti, meilleur buteur des Aigles de Carthage durant les éliminatoires avec 4 buts. Forfait au Mondial, l’attaquant Youssef Msakni (51 sélections) sera bien présent et retrouve une jeune équipe tunisienne, où seul le milieu de terrain Karim Aouadhi affiche plus de 30 ans au compteur.

Notre prono : ★★

Le Ghana sans certitude

22e participation
Meilleur résultat : vainqueur en 1963, 1965, 1978, 1982
CAN 2017 : 4e

La CAN 2019 du Ghana a commencé par un énorme imbroglio. Déçu de se voir retirer le brassard de capitaine au profit d’André Ayew, Asamoah Gyan avait décidé de claquer la porte de la sélection, avant de se raviser il y a tout juste un mois après l’intervention du président du Ghana. Finalement, le meilleur buteur des Black Stars sera bien présent en Egypte aux côtés des deux frères Ayew.

Des tensions qui minent une sélection en attente d’un titre depuis 37 ans et qui a laissé passer sa chance de nombreuses fois ces dernières années. Souvent placés mais jamais gagnants, les Blacks Stars restent sur deux finales et quatre demi-finales sur les six dernières éditions. L’heure du Ghana est-elle enfin venue ? Aux côtés des frères Ayew et d’Asamoah, le sélectionneur Kwesi Appiah pourra s’appuyer sur une base solide avec Thomas Partey (Atlético), Christian Atsu (Newcastle), Jonathan Mensah (Columbus), John Boye (Metz) et comptera sur le come-back du précieux Kwadwo Asamoah (Inter Milan), revenu en sélection il y a deux ans et qui disputera sa première CAN depuis 2013.

Notre prono : ★★