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Les Brésiliens Oscar et Neymar en pleine discussion | CHRISTIAN BRUNA / AFP

Brésil, ce grand malade qui se soigne

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Comment va le Brésil, humilié lors de sa Coupe du monde par l'Allemagne (7-1) puis les Pays-Bas (3-0) ? La Seleçao poursuit sa rééducation en Europe avec un déplacement jeudi à Saint-Denis pour affronter la France puis dimanche en Angleterre face au Chili. Grâce à six victoires d'affilée, les voyants repassent au vert mais gare à la rechute.

Il faudra du temps. Beaucoup de temps pour se remettre d'un aussi gros traumatisme. La plaie béante d'une fin de Mondial découpée à la hache par la double lame alémano-néerlandaise (7-1 puis 3-0) continue de saigner au Brésil. Le chirurgien Dunga n'y changera rien alors on serre les dents en attendant que ça passe. Le travail de reconstruction du nouveau sélectionneur tient d'ailleurs plus de la psychologie que de la couture. Dunga, ancien défenseur de la Seleçao, puise dans sa propre expérience pour  regonfler le moral de ses joueurs et insuffler un esprit de révolte. "J'ai été honni en 1990 (le Brésil avait été éliminé en 8e de finale par  l'Argentine) et ensuite j'ai été champion du monde en 1994 aux Etats-Unis",  leur répète-t-il.

Retour de la sérénité

Les mâchoires encore crispées, la Seleçao s'est administré quelques calmants depuis cet été. Une première victoire au forceps contre la Colombie (1-0, but de Neymar à la 82e minute) puis une autre face à l'Equateur (1-0) ont remis l'équipe sur les rails. En octobre, dans un "superclasico" délocalisé à Pékin, un nouveau succès face au grand rival argentin (2-0) a redonné un peu de baume au cœur des Brésiliens. Si on ajoute trois autres victoires en amical contre le Japon (4-0), la Turquie (4-0) et l'Autriche (2-1), voilà déjà six succès consécutifs. Rien n'est effacé mais ce contexte favorable permet à Dunga de travailler dans la sérénité et de relancer certains héros déchus. Et tant pis si le jeu n'est pas flamboyant. "On me parle de 'futebol-arte', mais qu'est-ce que ça veut dire? Un bel  arrêt de gardien, c'est de l'art. Récupérer le ballon, c'est aussi un art. On  ne va pas trouver un Pelé à chaque coin de rue. Pelé est un mythe. Nous devons allier talent et humilité", martèle-t-il.

C'est qui le patron ?

Le Brésil ne peut pas s'appuyer sur les seules épaules de Neymar. Elle a besoin de pilier comme pourraient l'être Thiago Silva et David Luiz, les naufragés de Mineirão. Malgré ses performances avec le PSG, le premier a perdu son brassard de capitaine et n'est pas redevenu un titulaire indiscutable avec la sélection auriverde. "Je respecte les demandes de chaque joueur, leurs histoires  personnelles. Mais on a aussi notre plan, on croit dans la hiérarchie, dans le travail en équipe, avait recadré Dunga en novembre. Certains joueurs qui sont très performants en club doivent accepter la critique, parce qu'il y a une différence entre le club et la Seleçao". Face aux Bleus, il sera sûrement de la partie puisque Marquinos et David Luiz sont forfaits à cause d'une blessure à la cuisse. "Avant, nous avions des joueurs qui étaient des références en Europe, Careca, Rivaldo, Ronaldo. Aujourd'hui, personne ne sort du lot, mis à part Neymar. Ça dérange de voir que le foot brésilien en est arrivé là", regrette Dunga. A Thiago Silva de le convaincre qu'il peut être le leader capable de refaire du Brésil ce rouleau-compresseur du football.