Thiago Silva - Ramirez - 2011
Thiago Silva et Ramirez accablés après leur défaite face au Paraguay | AFP - DANIEL GARCIA

Brésil-Argentine, même combat

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Tenants du titre, les Brésiliens ont été éliminés samedi par le Paraguay en quarts de finale de la Copa America. Une défaite humiliante pour les Auriverde qui n'ont réussi aucun de leurs tirs au but (0-2 aux t.a.b.). Si la presse locale est impitoyable envers son équipe, elle se rassure en constatant que l'Argentine n'a pas fait mieux, en s'inclinant face à l’Uruguay (4-5 aux t.a.b.). A l’heure actuelle, les deux formations légendaires ne font plus rêver.

La presse brésilienne est unanime. L’élimination de la Seleçao en quart de finale de la Copa America est une humiliation. Le quotidien O Globo parle même d’une "incompétence historique". "La Seleçao a humilié le football et le peuple brésilien en étant incapable de marquer le moindre but à une pauvre formation paraguayenne" reprend l’éditorialiste Fernando Calazans. Les joueurs de la sélection nationale ne sont pas épargnés. Et pour cause. Forts de leur deux succès en 2004 et 2007, les hommes de Mano Menezes étaient très attendus en Argentine pour la 43e édition de la coupe continentale. Après une élimination précoce lors du mondial sud-africain, en quart de finale contre les Pays-Bas, le groupe aux cinq étoiles devait se racheter. Il n’en fut rien. Il fut même loin du compte.

Poussifs au possible lors de la phase qualificatif, Neymar et consorts, arrachèrent leur qualification grâce à un succès (4-2) contre l’Equateur. Un match où le prodige de Santos (qui a confirmé ce mardi qu’il restera dans son club) avait enfin assumé la terrible attente autour de lui en inscrivant un doublé. Mais la rencontre n’était qu’un trompe-l’œil. L’espoir de voir la sélection nationale monter en puissance au cours de la compétition n’a été entretenu qu’un temps. Les lacunes observées lors des matchs précédents contre le Paraguay et le Venezuela étaient trop importantes pour être balayées en 90 minutes. Pourtant, il faut reconnaitre que les Brésiliens méritaient de remporter leur quart de finale. Dominateurs, ils ont été incapables de trouver le chemin des filets, bloqués par un Villar des grands soirs. Une impuissance à son paroxysme lors de séances de tirs au but où les quatre tireurs brésiliens ont échoué. Du côté des joueurs, on se raccroche aux branches pour justifier cet échec. Le milieu de terrain Ramirez rejette la faute sur… le mauvais était de la pelouse ! "C’est le résultat le plus injuste de ma vie, et il est dû en grande partie au mauvais état du terrain." Terrain où pas, le Brésil doit se reconstruire à trois du prochain mondial, à domicile.

Olé : "(L’Argentine) est footballitisquement morte"

Du côté de l’Argentine, la presse n’est pas plus tendre. Le quotidien Olé évoque un "échec national". "Nous sommes footballistiquement morts, affirme le quotidien sportif. C'était le moment de décoller, d'armer une équipe autour de Messi et de rêver à un avenir. Ce fut une nouvelle claque, contre une sélection qui a joué avec expérience, sans avoir à porter le poids de la responsabilité." Certes, la défaite face à l’Uruguay (demi-finaliste de la dernière Coupe du monde) aux tirs au but semble plus simple à digérer que l’échec brésilien face au Paraguay. Mais quand même. A domicile, l’Albiceleste espérait bien retrouver les sommets, elle qui est sevrée de titre continental depuis 1993. Malgré son énorme potentiel offensif (Tevez, Higuain et Messi) les bleu-ciel et blanc ont peiné à enchaîner les bonnes séquences. Messi, double ballon d’or, et qui focalise toutes les attentions, n’a pas eu le rayonnement dont on le sait capable. A l'image de ses coéquipiers, il a butté sur un gardien d’exception : Fernando Muslera. Le nouveau portier de Fenerbaçe s’est illustré toute la soirée, multipliant les interventions devant Gonzalo Higuain. Mais encore une fois, la raison de l’échec argentin ne s’explique pas que par la folle soirée d’un gardien. Les maux étaient là, présents lors des matchs nuls face à la Bolivie et la Colombie. Le milieu de terrain porte une lourde part de responsabilité, pour n'avoir su mettre ses avant-centres sur orbite. Les nombreux décrochages de Leo Messi pour récupérer le ballon dans le rond central en attestent. Le miracle n’a pas eu lieu face à l'Uruguay, pour venir en aide à toute une nation soudée derrière sa sélection.

Argentine ou Brésil le constat est identique. A l’heure actuelle, deux des superpuissances du football ont perdu de leur aura. A trois ans de la réception du prochain mondial, le Brésil doit mettre les bouchées doubles pour redevenir une nation de premier plan. Cela passe peut-être par l’éclosion de talents tels que Pato, Neymar, ou l’arrivée d’Hulk (35 buts cette saison), qui n’avait pas été sélectionné pour la compétition. L’attaquant de Porto pourrait être un renfort de poids pour les Auriverde. Pour peut-être faire renaître la magie.