Brandao joie Inter Marseille
Brandao en sauveur de l'OM | MaxPPP

Brandao sauve l'OM

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Malgré sa défaite 2-1 face à l'Inter Milan, l'Olympique de Marseille a arraché sa qualification en quart de finale de la Ligue des Champions, grâce à un but dans les arrêts de jeu de Brandao à peine rentré en jeu. Ce but inscrit à l'extérieur, cumulé à celui d'Andre Ayew au match aller, donne l'avantage décisif à l'équipe de Didier Deschamps. 19 ans après le titre de 1993, l'OM retrouve le plus haut niveau européen.

Ce huitième de finale retour représentait pour les deux formations un bol d’air inespéré. Même si la victoire sur le Chiévo Vérone avait redonné un peu le sourire à l’Inter le week-end dernier, le club italien se trouvait dans la même situation que l’OM dans son championnat. La série de neuf matches sans victoires interrompue vendredi, les hommes de Claudio Ranieri pouvaient aborder un peu plus sereinement ce match ô combien important pour le club. De son côté, l’OM se présentait certes avec l’avantage du but inscrit à l’aller (1-0), mais ses récentes prestations n’étaient pas franchement encourageantes avec une série de quatre défaites d’affilée.

Son expérience de la Serie A a probablement été utile à Didier Deschamps, qui sentait qu’il ne fallait surtout pas se replier, mais bien tenter d’occuper le terrain. Malgré cette intention d’aller au combat des Phocéens, c’étaient bien les Nerazurri qui se procuraient les premières occasions. Sur une mauvaise relance de Diawara, Sneijder reprenait aussitôt devant le point de pénalty, et il fallait un sauvetage miraculeux de Mandanda pour ne pas voir l’Inter ouvrir le score (8e). Le portier marseillais allait une nouvelle fois se montrer en évidence sur cette fois une frappe à bout portant de Milito (11e), qui n’en croyait pas ses yeux de voir son ballon détourné. L’OM serrait les dents, et avait le mérite de tenir ses positions. Sur un centre d’Azpilicueta Rémy reprenait de la tête et envoyait le ballon non loin du cadre (18e).

Tactique italienne

A la demi-heure de jeu, les Phocéens avaient eu le mérite de laisser passer l’orage. Les cinq saisons de Deschamps passées à la Juventus se ressentaient dans l’esprit de ses joueurs, qui n’hésitaient pas à hacher le jeu aussi souvent que possible en simulant quelques fautes imaginaires. L’apport d’Azpilicueta sur le flanc droit perturbait la défense adverse qui commettait énormément de fautes. A quelques secondes de la fin, un coup franc de 30 mètres tiré par Sneijder donnait des sueurs froides aux supporteurs marseillais, mais au coup de sifflet de l’arbitre M. Proença, le score restait en faveur de l’OM (0-0).

Selon les statistiques, le club phocéen avait avant même le début de la rencontre 59 % de chances de l’emporter, mais sentait que le vent pouvait tourner à n’importe quel moment face à cette équipe de l’Inter. La deuxième période repartait sur les mêmes bases que la première, le jeu restait relativement ouvert, et les premiers changements intervenaient. Sneijder sortait sous les sifflets du public de Giuseppe-Meazza, et était suivi de Forlan (56e). Les deux joueurs d’expérience étaient remplacés par Pazzini et Obi. De son côté le tacticien marseillais avait tout intérêt à laisser son homologue prendre des risques, et ne pas modifier l’équilibre de sa formation.

Brandao en sauveur

Après une faute de Diawara, un coup franc de Stankovic passait bien au-dessus du cadre (67e) pour le plus grand plaisir de Mandanda, qui recevait un carton jaune après avoir gagné trop de temps. Sur un coup-franc presque anodin de Valbuena, Diarra sautait plus haut que tout le monde et manquait d’un rien de tromper la vigilance de Julio César. Ranieri jetait ses dernières cartes et lançait Cambiasso sur le terrain en lieu et place de Poli (73e). Peu après, suite un cafouillage dans la surface, et une première frappe stoppée par Azpilicueta, Milito parvenait à récupérer le cuir et le glisser au fond des filets (76e, 1-0). Les deux équipes se retrouvaient à égalité parfaite au cumul des scores, et tout était à refaire pour les Phocéens.

Après une nouvelle alerte sur les cages marseillaises, Mandanda devait se détendre pour éviter de se faire lober. Le but de Milito avait clairement redonné des ailes aux Interistes qui tentaient d’enfoncer le clou. Deschamps choisissait la 87e minute pour effectuer son premier changement, Brandao remplaçant un Rémy ayant eu beaucoup de mal à s’illustrer. Et le tacticien avait eu le nez creux, car peu après, le Brésilien permettait à l’OM de se sortir d’une situation bien délicate en trompant le portier adverse aorès avoir involontairement contrôlé le ballon sur un long dégagement de Mandanda. Dans la minute qui suivait, Mandanda se faisait exclure après une faute dans la surface, et Pazzini ne ratait pas son pénalty (2-1, 90+3e). Si l’Inter gagnait bien ce match retour (2-1), le but d’André Ayew inscrit à l’aller et surtout celui de Brandao marqué à l’extérieur qualifiaient l’OM. Conscients d'avoir réalisé une jolie performance, les Marseillais pouvaient exulter. Seul ombre au tableau, l'expulsion de Mandanda et le carton jaune de Diawara privait Deschamps de ces deux joueurs pour le prochain défi.

Réactions

Steve Mandanda (gardien de Marseille): "Satisfait ? C'est du 75/25. Les 10 premières minutes qui ont suivi le carton, j'étais dans la déception, car je savais que j'allais rater le prochain match. Mais c'est la qualification qui prime, on sait ce que ça représente pour le club. Mais je suis déçu car le premier carton est injustifié. Pour moi, c'est injuste et ça me fait mal. Mais on ne va pas revenir dessus. Mes deux premiers arrêts sont décisifs parce que ça nous permet de rester dans le match. L'objectif pour nous était de ne pas encaisser de but trop rapidement et surtout ne pas subir comme à Dortmund. Si on pouvait tirer Nicosie en quart de finale, ce ne serait pas plus mal, car il y a des équipes comme le Bayern ou Barcelone qui sont au-dessus."

Souleymane Diawara (défenseur de Marseille): "On est tous heureux, ce n'était pas évident. Après le but, on s'est tous regardé, on s'est encouragé. On savait que ce n'était pas fini. On l'a déjà montré à Dortmund, on y croit jusqu'au bout. On savait qu'ils allaient pousser, on a eu la chance d'avoir un grand gardien ce soir qui nous a sauvé la mise, on a su résister face aux attaques milanaises. On a pris ce but mais on n'a pas baissé les bras, on a été solidaires. Il fallait garder le ballon, les faire courir. On a essayé au maximum de garder ce ballon. Après le but, on se disait que ce n'était pas fini. On y a cru jusqu'au bout et ça a payé. Pour avoir de la confiance, il fallait cette qualification qui va nous faire énormément de bien pour la suite du championnat. Il faut avoir le droit de rêver, on va jouer le prochain tour à fond."

Cesar Azpilicueta (défenseur de Marseille): "On savait que ce serait difficile, mais on y a cru jusqu'à la fin. Le but de Brandao, c'était la folie. Dans les temps faibles, on a été solide dans la tête. On savait qu'un but pouvait nous qualifier. Steve (Mandanda) a fait un match magnifique. (son exclusion), c'est une mauvaise nouvelle. On est très content, très heureux. Ce n'était pas facile. Avec ce parcours, j'espère que ça va nous relancer. Il faut qu'on réagisse. Ca fait longtemps, depuis 1993, qu'on n'a pas atteint le groupe des huit meilleures équipes européennes. On savait ce qu'il fallait faire, on a fait un match sérieux."

Rod Fanni (défenseur de Marseille): "C'est une très grande joie car on a traversé des périodes difficiles ces derniers temps. Ca fait beaucoup de bien au moral, c'est une qualification qu'on a eue au courage. Dan le vestiaire, l'ambiance était tropicale, assez festive. On va savourer ce soir et ensuite on va remettre le bleu de chauffe. Il faudra bien récupérer mais cela va redonner des forces."

Romain Bonte