Josep Guardiola, entraîneur du FC Barcelone, 26/04/2011
Josep Guardiola, entraîneur du FC Barcelone. | AFP PHOTO / DANI POZO

Barcelone, pour l'amour du jeu

Publié le , modifié le

Le Barça, qui affronte Manchester United en finale de la Ligue des champions samedi à Wembley, se reposera une nouvelle fois sur son immuable philosophie offensive pour tenter de remporter pour la 4e fois ce trophée. Jusque-là, ces principes ont plutôt bien réussi aux Catalans...

Barcelone ne joue pas pour gagner, pour l'histoire ou pour les trophées. Le Barça joue pour jouer. L'idée est romantique, mais elle n'est pas si loin de la vérité. Elevé au rang d'institution, le jeu des Blaugrana est cité comme modèle, comme référence absolue en matière d'efficacité collective, au point de parfois confiner à l'art. C'était le cas sous l'ère Cruyff, c'est de nouveau d'actualité depuis que Pep Guardiola a repris la destinée catalane en main depuis trois ans. S'il est sans doute trop tôt pour oser le jeu des comparaisons, nul doute que ce Barça-là aura sa place, dans l'imaginaire collectif, aux côtés des plus grandes équipes de tous les temps comme le Real des années 60, l'Ajax des 70's ou le Milan AC de la période Sacchi. A l'instar de ses prestigieuses devancières, l'équipe de Guardiola ne se contente pas de gagner, elle réinvente le football, déplace les foules, exalte l'imagination. Plus prosaïquement, elle empile aussi les trophées : trois ligas, une coupe du Roi, deux supercoupes d'Espagne, une Supercoupe  d'Europe, un Mondial des clubs et bien sûr une Ligue des champions, remportée en 2009, face à... Manchester United (2-0).

Jouer peut provoquer une dépendance

Le triomphe romain, cependant, est déjà loin. Les Barcelonais ont conservé bien sûr leur ossature de base et leurs principes mais l'équipe paraît peut-être moins souveraine qu'il y a deux ans. Certes, elle est toujours capable de purs moments de magie mais l'usure, et le manque de profondeur du banc des remplaçants, pèse incontestablement sur les organismes en cette fin de saison. Les Blaugrana ne renieront pas pour autant leur football, et c'est peut-être là que réside la chance de Manchester. Plus compacts, plus froidement réalistes, les Red Devils pourraient profiter de cette addiction au jeu, et donc au risque, qui caractérise les Xavi, Iniesta et tous ces joueurs formés au moule de la fameuse Massia, le célèbre centre de formation du Barça.

Barcelone man show ?

Aussi sûr que le collectif catalan cherchera à contrôler le jeu et à maîtriser la possession de balle, il est également certain que le Barça s'en remettra une nouvelle fois à Lionel Messi pour créer la différence. Déjà buteur lors de la finale à Rome, le génie argentin chercher encore à marquer. Pas seulement un but ou deux mais aussi l'histoire et les esprits. Messi, auteur de 52 buts en 53 matchs cette saison, peut la conclure de la plus belle des façons. Et d'ores et déjà poser une option sur un troisième Ballon d'Or consécutif. 

Les joueurs clés :

Carles Puyol : le capitaine du Barça n'est pas le plus technique de l'effectif, loin de là, mais sa rage de vaincre et sa férocité dans les duels rassurent ses coéquipiers et stabilisent l'arrière garde blaugrana, meilleure défense des cinq grands championnat européen cette année (seulement 21 buts encaissés). Mieux encore, avec Puyol sur le terrain en 2010-2011, le Barça n'a jamais perdu !

Gerard Piqué : l'antithèse de Puyol. Aussi élégant et facile que son compère de la défense centrale est hargneux et besogneux. L'alliance du feu et de la glace forme pourtant l'une des charnières les plus efficaces du monde. Piqué, par sa qualité de relance et son jeu de tête, sait se muer en premier attaquant de son équipe.

Xavi : La plaque tournante de tout le système Guardiola. Le milieu de terrain espagnol est le joueur qui régule le jeu catalan, fait la transition entre la défense et l'attaque. Sa vision et la justesse de ses passes en font la pierre angulaire de l'édifice barcelonais.

Andrès Iniesta : L'indispensable compère de Xavi. Dans un registre un peu plus offensif que son coéquipier maestro, Iniesta est plus un soliste chargé de la percussion. Sa faculté à éliminer l'adversaire et à créer le décalage sera un danger permanent pour Manchester.

Lionel Messi : Tout a été dit sur le "Roi Léo", tous les superlatifs employés. Contentons-nous de dire que l'Argentin est le meilleur joueur de la planète et que le monde entier attend encore un exploit ou deux de sa part samedi soir. Pas de problème, il a l'habitude. 

Les trois dernières finales de Barcelone : 

2009, Barcelone 2-0 Manchester United
2006: Barcelone 2-1 Arsenal
2004 : Barcelone 0-4 Milan AC

Julien Lamotte