L'attentat meurtrier d'Istanbul du 10 décembre 2016
Une voiture piégée a explosé aux abords du stade du Besiktas, tout près d'un véhicule de transports de la police | AFP - OZAN KOSE

Attentats à côté du stade du Besiktas d'Istanbul: près de 38 morts et 166 blessés

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Le double attentat meurtrier survenu samedi soir à Istanbul aurait fait 38 morts, dont 27 policiers, et 166 blessés, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur turc. Le premier acte a été perpétré aux abords du stade du club de foot du Besiktas, qui venait de battre Bursaspor (2-1), vers 22h29. Une voiture piégée a explosé contre un véhicule de transports de la police près du stade. Quelque 45 secondes plus tard, un kamikaze se faisait exploser au milieu d'agents dans le parc de Maçka.

Selon le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu, 38 personnes, dont 27 policiers, ont été tuées et 166 blessées dans cette attaque, la dernière d'une vague d'attentats qui a secoué la Turquie depuis l'été 2015. Parmi les victimes figurent Vefa Karakurdu, un policier vétéran qui assurait la sécurité du stade de Besiktas pendant les rencontres, et Tunç Uncu, un employé de la boutique officielle du club. "Des terroristes (...) ont attaqué nos forces de sécurité héroïques qui assuraient la sécurité de nos supporters et des supporters de l'équipe visiteuse Bursaspor. (...) Nous nous dresserons contre ces lâches", a réagi le club de Besiktas dans un communiqué.

Cette double attaque s'est produite aux abords de la Vodafone Arena, enceinte inaugurée en avril après plusieurs années de travaux pour remplacer le mythique stade Inönü, à deux pas du palais de Dolmabahçe qui accueille les bureaux stambouliotes du Premier ministre.
Le stade, doté de plus de 40.000 places, a été officiellement inauguré en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan en avril, un jour avant la date prévue, un geste alors perçu comme une manoeuvre destinée à tenir à l'écart des supporters réputés turbulents et critiques envers le pouvoir. C'est que leur réputation de militants antigouvernementaux n'est plus à faire: le principal groupe d'ultras de Besiktas, baptisé "Carsi", a joué un rôle central lors des manifestations massives contre M. Erdogan en juin 2013. Carsi s'était notamment illustré en poursuivant un blindé de la police avec un tractopelle volé. Il a ensuite fait l'objet d'une sévère répression: 35 de ses membres ont été poursuivis pour "tentative de coup d'Etat" lors d'un procès qui s'est finalement soldé par leur acquittement.

AFP