Arrêt des championnats amateurs, suspension de la N2 et de la D2 Féminine : entre fatalisme et espoir

Publié le , modifié le

Auteur·e : Célia Sommer
Sport amateur
Photographie du terrain de football du club de football amateur "FC Parisis", le 30 avril. | FRANCK FIFE/AFP

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La Fédération Française de Football (FFF) a acté, mercredi 24 mars, l'arrêt des championnats amateurs pour la saison en cours. Mais le sort du National 2 et de la D2 féminine n'est pas encore acté. Nous avons recueilli la réaction des présidents de club, directeurs sportifs et joueurs après l'annonce de ces nouvelles décisions.

La décision était prévisible. Elle était surtout très attendue par les clubs de football amateur. Après les prises de décisions récentes du rugby, du handball et du basketball, la Fédération Française de Football a entériné, ce mercredi 24 mars, l'arrêt des championnats amateurs en raison de la crise sanitaire actuelle. Seuls les championnats de National 2 et de D2 Féminine ne sont pas arrêtés définitivement. Ils restent pour l'instant suspendus et feront "l’objet d’un examen ultérieur au regard des perspectives de reprise possible".

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"C'était acté dans l'esprit de tous les acteurs, a réagi Fabrice Rolland, président du club de Saint-Malo. Il était nécessaire que cette décision arrive." Même constat pour Didier Sommer, directeur sportif à l'Entente Sportive Molsheim Ernolsheim, dont l'équipe senior évolue en Régional 2 : "On s'y attendait depuis un moment. Nous avons été plusieurs fois sondés sur la possibilité d'une reprise ou non. Nous avons défendu l'idée qu'on ne voulait pas reprendre sans la possibilité d'avoir accès au club house et que le public soit présent. Il n'y avait pas d'intérêt particulier à jouer à huis clos."

Malgré le couvre-feu actuellement en vigueur sur le territoire national, les clubs étaient, pour la plupart, parvenus à s'adapter afin de proposer des séances d'entraînements à leurs licenciés. "On a fait en sorte de continuer à offrir de l'activité, toujours dans la perspective d'une reprise à venir des championnats, poursuit Didier Sommer. Nous espérons pouvoir continuer ce que nous avions mis une place. Mais une autre question va rapidement être soulevée : celle du défraiement des éducateurs. On sait qu'il n'y aura plus de rentrées d'argent potentielles dans les clubs, donc ça va rendre les choses plus compliquées."

La crainte d'une déperdition 

Pour Fabrice Rolland aussi, cet arrêt ne change rien aux problématiques que les clubs sont contraints d'affronter depuis le début de la crise sanitaire. Le président de Saint-Malo craint, de son côté, une vraie déperdition chez ses licenciés : "Avec le protocole sanitaire établi, les modes d'entraînements sont dégradés - le contact est interdit. Sur la durée, ça pèse chez les jeunes."

Du côté de Didier Sommer, l'inquiétude principale concerne la saison à venir. "Va-t-on réussir à faire une saison pleine ? Quand va-t-on reprendre exactement ?, se questionne le directeur sportif. Ce qui est certain, c'est que le foot amateur aura du mal à se relever d'une troisième année compliquée. Nous espérons pouvoir reprendre normalement dès cet été, dans de bonnes conditions, et surtout avec un public présent."

Guy Massaloux, président du club d'Illkirch-Graffenstaden dont l'équipe première évolue en National 3, prônait depuis janvier une saison blanche. Il se réjouit de cette décision : "Désormais, on peut se concentrer sur la suite, en espérant que la situation sanitaire nous permette de reprendre une vie sportive correcte."

Le National 2 et la D2 féminine toujours dans le flou

Contrairement au dernier échelon de National, les championnats de National 2 et de D2 Féminine entretiennent encore l'espoir de pouvoir reprendre dans les jours ou semaines à venir. Pour le président du Puy en Velay, Christophe Gauthier, il ne faut pas prendre une décision aussi brutale que la saison dernière ; le championnat de N2 doit trouver un dénouement final. "C'est la moindre des choses, il s'agit d'une question éthique vis-à-vis de tous les salariés qui œuvrent dans cette division", argumente-t-il.

En revanche, il ne préfère pas se prononcer sur l’éventualité d'un arrêt pour la D2 Féminine. "Ce serait évidemment une injustice. Mais il faut reconnaître que la question relève d'une grande complexité. Nos féminines n'ont disputé que cinq matches, il serait compliqué d'établir un nouveau calendrier sur le peu de week-ends restants."

Fabrice Rolland, dont l'équipe 1 évolue en N2, revendique le statut à caractère professionnel du championnat. "Tant qu'on n'est pas mort, il y a de l'espoir ! Mais on reste devant un gros point d'interrogation. Il faut attendre une éclaircie sanitaire, qu'on ne voit pas pour l'instant... Tout cela apporte une forme d'anxiété et d'inquiétude, se désole le président de Saint-Malo. On pense à nos joueurs, nos joueuses qui s’entraînent depuis des mois."

"On a l'impression d'être pris pour des marionnettes !"

Okenna Onwuzurumba évolue en National 2, au FR Haguenau. Il se dit très lassé par la situation. "Il y a très peu de communication, ainsi qu'un manque de clarté et de visibilité évident. On attendait avec impatience une prise de décision aujourd'hui, mais on reste une nouvelle fois dans le flou. On a l'impression d'être pris pour des marionnettes !, s'agace le joueur. Ce qui nous motive quand on s'entraîne, ce sont les matches le week-end. Sans rencontre, c'est plus compliqué."

Même ressenti pour Pauline Dechilly, joueuse de D2 au Racing Club de Strasbourg Alsace. "On continue de travailler à l'entraînement mais on ne sait pas si on doit seulement s’entretenir pour la saison prochaine, ou bien être au taquet pour un match à venir. On doit se tenir prête à toute les situations." La jeune joueuse essaye malgré tout de positiver : "Au pire, les efforts que l'on fait en ce moment serviront pour l'année prochaine. Mais cela serait frustrant d'écourter la saison une fois de plus."