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Le Mexicain Javier Hernandez, accroupi dans les airs. | AFP PHOTO / ANDREW YATES

United, l'éphémère embellie

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Après un début de saison largement en deça de leurs standards habituels, les Red Devils avaient sorti la tête de l'eau, signant notamment un mois de décembre de bonne facture. Avant de replonger mercredi contre un concurrent direct, Tottenham (1-2). Pourquoi les joueurs de David Moyes ne peuvent-ils pas gagner en constance ? Tentative d'explication.

Ce jeudi matin, les partenaires de Wayne Rooney ont émergé, avec une sacrée "gueule de bois". Les pensionnaires du "Théâtre des Rêves" n'ont pas célébré le passage à la nouvelle année de la meilleure des manières : le cocktail "11 points de retard sur Arsenal et défaite contre un concurrent direct" s'est avéré particulièrement indigeste. Contre Tottenham, les Red Devils, malgré une partie honorable, ont mis les deux genoux à terre (1-2). Ashey Young and co', en plus d'être tombés sur un os avec des bras, des jambes, des gants, et le faciès d'Hugo Lloris, se sont vus refuser un penalty évident, le genre de décisions arbitrales saugrenues qui n'avaient pas sa place lorsque "Fergie" vociférait depuis son banc. Résultat : United n'avance pas. Mercredi 1er janvier 2014 : "le jour des lents".

David Moyes, "trop bon, trop con" ? 

Oui, comme à l'accoutumée, c'est le coach qui trinque. Ceci dit, on parle quand même d'un homme qui a succédé au manager le plus emblématique de ces trente dernières années. Lors qu'il s'engageait avec les Red Devils, Moyes savait qu'il serait en premier ligne si la transition s'avérait douloureuse. L'Ecossais n'est pas (encore ?) de la trempe des Mourinho, Guardiola, ou Capello, et son arrivée à la tête du club le plus populaire d'Angleterre soulevait les doutes. Chez les fans, d'abord, mais plus inquiétant, au sein de son propre vestiaire. Il y a quelques semaines, Wayne Rooney avait même concédé que l'ancien manager d'Everton n'avait pas toujours été respecté par les joueurs. Fragilisé par un début de saison catastrophique (deux victoires sur les six premiers matches), David Moyes a su peu à peu prendre la mesure de son groupe, et mérite, dans la bonne série signée par United courant octobre-novembre (avec notamment une victoire sur le leader Arsenal) sa part du gâteau. Mais les Red Devils souffrent clairement de la maladie de l'inconstance. Début décembre, Everton et Newcastle stoppaient une dynamique enthousiasmante, avant que Tottenham, rival de ManU dans la course à l'Europe ne vienne mettre son grain de sel dans les rouages de ce monument en difficulté. 

La qualité de l'effectif mise en cause 

Calme et distante, l'attitude de David Moyes contraste considérablement avec celle de Sir Alex. Bouillant, harangueur, "Fergie" n'hésitait pas à se lever de son banc et à hurler lorsque cela s'avérait nécessaire. Aussi, le natif de Glasgow était capable, d'un geste sermonneur, de rallier le public à la cause de son équipe, et surtout, de mettre la pression sur l'arbitre, de sorte que l'adversaire craquait quasi systématiquement en fin de match (le "Fergie Time"). Cette capacité à soulever son groupe, à créer un environnement propice à la victoire, voilà ce qui manque sans doute à David Moyes.  

Mais le début de saison médiocre des Red Devils ne peut pas seulement être imputé à David Moyes. Devant, Arsenal, City et Chelsea mènent un train d'enfer, et ne laisse que des miettes à leurs concurrents directs. Aussi, Manchester United ne dispose pas aujourd'hui du plus bel effectif du championnat anglais. En terme de profondeur de banc, les Citizens et les Blues sont largement au dessus. Un fait dont les dirigeants du club sont conscients, puisque que Reus, Gundogan, Coentrao, et Koke seraient espérés. De quoi passer l'hiver au chaud, et envisager le printemps avec plus de sérénité.  

Jean Charbon