Wayne Rooney Ashley Cole
Wayne Rooney aux prises avec Ashley Cole | AFP

Un choc narcotique

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Au terme d’une rencontre qui n’a pas tenu ses promesses, Chelsea et Manchester United n’ont pas réussi à se départager (0-0), lors du dernier match de la deuxième journée du championnat d'Angleterre.

De l’élégance, le sport anglais en a à revendre. Lorsque le public d’Old Trafford se lève, comme un seul homme, pour rendre hommage aux supporters mancuniens décédés cet été, pas un mot plus haut que l’autre, pas une paire de mains qui n’applaudie pas. 

Plus surprenante, la composition concoctée par José Mourinho. En fin tacticien qu’il est, « The Happy One » brouille les pistes et décide de se passer de Fernando Torres, qui n'avait marqué qu'une seule fois lors de ses 12 derniers matches contre Manchester United. L’ancien coach madrilène titularise Eden Hazard à la pointe de l’attaque londonienne, à qui il demande de permuter avec Schürrle et Kevin De Bruyne, positionnés sur les ailes et chargés de dynamiter la défense mancunienne. Au regard de la première période, pas une franche réussite. Avec seulement deux occasions à se mettre sous la dent, seul Oscar, auteur de deux frappes cadrées, apporte satisfaction au fantasque entraineur Portugais.

Pour le reste, la défense mancunienne contient bien les assauts d’Andrea Schurrle et De Bruyne. De l’autre coté du terrain, c’est guère plus reluisant. Wayne Rooney pose bien quelques problèmes à la défense des Blues, mais il en faut plus pour inquiéter Petr Cech, qui réceptionne facilement quelques frappes molles. Après un petit numéro dans la surface, Van Persie ne cadre pas (20e). et Cleverley, à la réception d’un ballon mal contrôlé par Terry, ne fait guère mieux (39e).

Après une première mi-temps sans saveur, les deux équipes rivales n’ont pas mis l’intensité de jeu espérée. La tactique mise en place par José Mourihno, qu’on voit régulièrement gesticuler sur le banc de touche, ne semble pas porter ses fruits.

Rooney joue les défenseurs

Bonne nouvelle, les deux équipes reviennent des vestiaires avec le couteau entre les dents. Blues et Red Devils veulent passent la première, même si ce n’est pas palpitant pour autant. Rooney, Hazard et Welbeck tentent quelques frappes lointaines, en pivot, mais rien n’y fait, le cadre n’a de cesse de se dérober. Sur Twitter, Raymond Domenech met en exergue l’admirable organisation défensive de Chelsea, à laquelle le « Mou’ » n’est certainement pas étranger. Peut-être, mais pour le moment, c’est clairement au détriment du spectacle. Les deux formations laissent peu d'espace dans les trente derniers mètres. Et dans ces conditions, difficile de trouver les attaquants. Puisque l’attaque ne lui réussit pas, Rooney décide de jouer les stoppers : après un magnifique tacle défensif au niveau de sa surface, l’attaquant international est à gratifier d’une belle relance vers Van Persie… qui ne donne rien.

Il faut attendre la 78ème minute pour ressentir le premier vrai frisson. A trente mètres des buts de Petr Cech, Rooney expédie une frappe sèche, que le portier londonien ne peut que détourner en corner. L’occasion pour l’ancien Rennais de faire parler sa détente, et de se décrasser un peu.

Sur le banc, ça s’échauffe. Moyes fait rentrer Aslhey Young et l’inusable Ryan Giggs, mais rien n’y fait. Côté Blues, Mourinho, qui vise clairement le match nul en cette fin de partie envoie John Obi Mikel blinder son milieu de terrain.

Une fois n’est pas coutume, cette rencontre entre Chelsea et Manchester United se solde par un score nul et vierge. Sur les deux dernières saisons, les confrontations entre les deux cadors du foot anglais offraient en moyenne 4 buts par match.
 

Jean Charbon