José Mourinho (Chelsea)
José Mourinho (Chelsea) | YUNUS KAYMAZ / ANADOLU AGENCY

PSG-Chelsea: Mourinho, l'atout des Blues

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Avant le premier règne de José Mourinho dans la capitale anglaise, le Chelsea FC ne figurait pas parmi les meilleurs anglais. Les Blues appartiennent aujourd’hui au gotha européen et ils débutent chaque compétition avec l’espoir de la remporter. Le technicien portugais, vainqueur de la Ligue des champions avec Porto (2004) et l’Inter Milan (2010), espère réussir une passe de trois inédite aux commandes de son club de cœur.

Malgré la défaite concédée samedi sur la pelouse de Crystal Palace (1-0), Chelsea est loin d’avoir hypothéqué ses chances en Premier League. Le club de l’ouest de Londres pointe à deux longueurs du leader Liverpool à qui il rend visite le 27 avril, et reste deux points devant Manchester City (3e) qui compte toutefois deux matches en retard.

Le roi de l'intox

Les joueurs de José Mourinho rivalisent également sur le plan continental. Après une première phase assez tranquille, où les Blues ont remporté quatre matches (Schalke 04 et le Steaua Bucarest, deux fois) pour deux échecs (contre Bâle), le huitième de finale face à Galatasaray (1-1 en Turquie puis 2-0) n’a pas donné davantage d’indications sur le potentiel réel de cette équipe.

Chelsea n’a affronté aucun cador dans la plus prestigieuse compétition européenne et il va se coltiner un PSG beaucoup mieux armé que les années précédentes. Il possède l’avantage de disputer le match retour à Stamford Bridge, quoi qu’en dise Mourinho (en bon roi de l’intox, le coach lusitanien avait déclaré qu’il aurait préféré se déplacer au match retour car ça donnait éventuellement 30 minutes supplémentaires pour marquer à l’extérieur en cas d’égalité à la fin du temps réglementaire).

Le tacticien connoté défensif

Mais Chelsea ne donne pas toutes les garanties de solidité requises. La démonstration face aux Gunners (6-0 il y a 10 jours) ne doit ni faire oublier la faiblesse récurrente d’Arsenal en défense, ni les deux défaites enregistrées depuis quinze jours, sur le terrain d’Aston Villa puis samedi à Crystal Palace (1-0 à deux reprises).

Le constat est limpide. Chelsea est plus à l’aise pour contrer les gros que pour faire le jeu face à des équipes regroupées. Les Londoniens ont dominé Liverpool (2-1) fin décembre, et ils ont maté Manchester City à l’aller comme au retour, avec un bloc équipe ultra efficace, digne de l’Inter de 2010, celui du triplé, alors entraîné par maître Mourinho.

La légende de retour

Comme d’habitude, le technicien portugais demande à ses joueurs de l’abnégation et un sens du sacrifice pour le collectif. Chelsea ne fait le spectacle que dans un jour faste. Jamais avant d’avoir assuré le résultat, en Premier League comme en C1. Cette méthode appliquée par le Special One a fait ses preuves même si le passage de Mourinho au Real Madrid peut être considéré comme un semi-échec comparativement à ses pérégrinations passées (FC Porto, Chelsea déjà, Inter Milan).

Vainqueur de seulement une Liga, une Coupe du Roi et une Supercoupe d’Espagne en trois saisons à la Maison Blanche, José Mourinho a échoué à replacer le Real devant le grand Barça. Il n’a pas réussi à offrir sa 10e Coupe d’Europe au club le plus titré. Cet échec l’a incité à partir pour retrouver son club fétiche. Les fans des Blues n’ont pas oublié que c’est grâce à lui que Chelsea a vraiment décollé il y a une décennie.

De juin 2004 à septembre 2007, Mourinho a fait d’une équipe de seconde zone la référence en Angleterre, devant Manchester United ! Deux championnats, deux Coupe de la Ligue et deux demi-finales de Ligue des champions (contre Liverpool). Cela lui vaut d’être élu deux fois de suite manageur de l’année outre-Manche.

Le "papa" des joueurs

Même si les titres européens de Chelsea arriveront plus tard (Ligue des champions en 2012, Ligue Europa en 2013), Mourinho a le droit d’en revendiquer une part à défaut de la complète paternité. Petr Cech, John Terry, Ashley Cole, Franck Lampard ou Didier Drogba ont pris une dimension énorme grâce à lui et ces hommes-là, toujours reconnaissants, ont été les hommes clefs du triomphe de Munich.

Mourinho est revenu au Chelsea FC pour gagner la C1 avec son club de cœur. Et ça marche dans les deux sens. Si les Blues doivent (presque) tout au Special One, José Mourinho doit beaucoup aux millions de Roman Abramovitch qui lui ont permis de bénéficier d’un effectif de qualité (William Gallas, Ricardo Carvalho, Lassan Diarra, Michael Essien, Claude Makélélé, Arjen Robben hier, Cesar Azpilicueta, Oscar, André Schürrle, Eden Hazard, Nemanja Matic, Willian, Demba Ba, Samuel Eto’o aujourd’hui).

Mercredi contre le Paris-Saint-Germain, les Blues de José Mourinho passeront un vrai test. Ils vont rencontrer une équipe séduisante et efficace, et un club qui ressemble beaucoup au Chelsea d’il y a dix ans, quand Mourinho commençait à forger sa légende. Le coach portugais, qui sait évidemment ce qu’un groupe ayant faim de titres peut réaliser, se méfie de Paris. Son expérience, son charisme et sa science de la gagne seront les meilleurs atouts de Chelsea pour ce printemps de tous les dangers.