MU fête le Community Shield
MU a remporté le Community Shield. De bon augure avant le début de la Premier League ? | CARL COURT - AFP

Présentation de la Premier League

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Pour cette nouvelle saison, Manchester United s’apprête à remettre son titre en jeu. Sans sa légende, son coach emblématique Sir Alex Ferguson, parti à la retraite après 27 ans passés sur le banc mancunien et un 20e titre de champion d’Angleterre. David Moyes aura fort à faire, d’autant que les rivaux ont aiguisé leurs lames cet été entre le deuxième tome de la série Mourinho à Chelsea et un City revanchard qui a pris l’accent espagnol.

Coach, du neuf avec du vieux

Fait rare en Premier League, les trois clubs ayant fini sur le podium la saison dernière ont changé de coach à l’intersaison. Le fait le plus marquant est bien entendu la retraite de Sir Alex Ferguson. L’homme aux 13 titres de Champion d’Angleterre s’est retiré et a laissé la place à David Moyes, ancien coach d’Everton. La tâche du technicien écossais s’annonce ardue tant l’héritage est lourd à porter. La saison dernière, MU a terminé le championnat avec 89 points, 11 points devant l’ennemi juré de Manchester City. Les Citizens connaissent aussi une révolution de palais. Exit Mancini et ses échecs européens et bonjour Manuel Pellegrini. L’ancien coach du Real Madrid et de Malaga jusqu’à l’été arrive pour relancer une machine qui fait du surplace malgré les immenses moyens dont elle dispose. L’autre événement est le retour de Mourinho sur les terres britanniques. José Mourinho revient dans le club où il a dominé l’Angleterre mais aussi où il a toujours chuté au niveau européen. Avec certains joueurs qu’il a connus (Terry, Lampard…) mais aussi de nombreux nouveaux (Hazard, Mata, Torres), Ce dernier doit ramener Chelsea vers les sommets qu’il n’a plus connus depuis 2010 et le titre avec Ancelotti. Le retour du « Special One » comme il s’était lui-même surnommé à son arrivée à Londres en 2004 ravira sans aucun doute la presse anglaise qui raffole de ses bons mots.

Un recrutement intelligent plus que clinquant

La Premier League a beaucoup dépensé cet été (près de 460 millions d’euros), mais étrangement, les grands noms du football européen n’ont pas atterri outre-Manche. Cavani et Falcao ont choisi les nouveaux riches et la France, Neymar est arrivé à Barcelone et l’espoir du foot allemand Mario Gotze a préféré rester chez lui en signant au Bayern. Non les clubs anglais ont recruté malin, à l’image de Manchester City qui est allé piocher en Liga (Jesus Navas, Negredo sans oublier son entraîneur Manuel Pellegrini), en Série A (Stefan Jovetic) ou en Ukraine (Fernandinho). Le champion 2012 a été le plus actif cet été suivi de près par Tottenham. Le club londonien, qui a manqué la qualification en C1, a réussi quelques jolis coups en attirant Roberto Soldado, le buteur de Valence, le jeune international brésilien Paulinho et le milieu de terrain de Toulouse, Etienne Capoue. Chelsea, lui, continue sa cure de jouvence entamée il y a deux ans. Ainsi l’espoir hollandais Marco Van Ginkel a débarqué à Londres en compagnie du jeune international allemand André Schurrle arrivé en provenance du Bayer Leverkusen. Du groupe qu’il a connu et modelé à sa guise à son arrivée en 2005, José Mourinho n’a retrouvé que les vieux grognards (Cech, Cole, Terry, Lampard). Du côté des seconds couteaux, on notera l’arrivée à Liverpool de Iago Aspas (12 buts la saison dernière avec le Celta Vigo) où Luis Suarez a finalement décidé de rester. L’Uruguayen inspirera peut-être Wayne Rooney et Gareth Bale, les deux mécontents du mercato qui n’ont toujours pas quitté Man U et Tottenham malgré leur envie d’ailleurs. Chelsea pour le premier, le Real pour l’autre.

 

Romelu Lukaku et Andrea Schurrle sous le maillot de Chelsea.
Romelu Lukaku et Andrea Schurrle sous le maillot de Chelsea.

Manchester, le géant immobile

A Manchester United, à chaque été suffit sa peine. Le départ de Sir Alex Ferguson entériné, puis le recrutement de David Moses pour le remplacer acté, on s’attendait à des mouvements dans l’effectif mancunien. A ce jour, il n’en est rien. Coiffé au poteau par le Bayern Munich sur le dossier Alcantara, essuyant un refus du Barça sur Fabregas, le champion en titre est resté étrangement sage sur le marché des transferts. A l’heure qu’il est, c’est le cas Rooney qui agite Old Trafford. L’attaquant anglais devrait quitter le club dans les jour ou semaines à venir. Vraisemblablement pour Chelsea. Comme aucune piste n’est à l’ordre du jour, on peut se poser ses questions sur la stratégie des dirigeants de United cet été. Dans l’optique de la défense du titre, cet immobilisme laisse pantois. A David Moses de faire avec les moyens du bord. Des moyens conséquents malgré tout.

City à la sauce andalouse

L’année dernière, Manchester City a perdu son titre et il s’en est fallu de peu pour que les Citizens ne terminent pas dauphin de leur voisin. L’heure était donc aux changements. Exit Roberto Mancini qui ne faisait plus l’unanimité et qui a payé deux campagnes européennes calamiteuses (élimination dès le 1er tour), arrivée de Manuel Pellegrini qui a mené Malaga en quarts de finale de Ligue des Champions. Le Chilien, passé par le Real, doit rendre son lustre à une équipe qui a mal géré le titre gagné en 2012. Et pour ça les dirigeants sont allés chercher des valeurs sûres un peu partout, mais surtout dans le sud de l’Espagne. Au FC Séville qu’ils ont privé de leurs deux meilleurs éléments, l’ailier feu follet Jesus Navas et le meilleur buteur espagnol de la Liga, Alvaro Negredo (25 réalisations). Pas de stars, mais des joueurs confirmés, internationaux avec la Roja. Un recrutement ciblé et porté sur l’attaque puisque le Montenegrin Stefan Jovetic, maître à jouer de la Fiorentina (13 buts l’an passé) a également signé. Enfin au milieu, City a dépensé une petite fortune (40 millions d’euros, le plus gros transfert de l’été en Premier League) pour s’attacher les services du milieu de terrain brésilien du Shakthar Donetsk, Fernandinho. Quatre recrues majeures qui devront aider City à être séduisant et performant sur la scène nationale et européenne.

 

Fernandinho (Manchester City)
Fernandinho (Manchester City)

Londres, encore et toujours pour contrecarrer l’hégémonie mancunienne

Arsenal, Chelsea, Crystal Palace, Fulham, Tottenham et West Ham. Ils seront six clubs à représenter Londres cette saison en Premier League. Soit près d’un tiers. Evidemment pour contrecarrer l’hégémonie mancunienne (les trois derniers titres ont été à Manchester, deux pour United, un pour City), on pencherait plutôt pour Chelsea, Tottenham, voire Arsenal mais les Gunners ne font plus réellement parler la poudre depuis longtemps. Malgré tout Londres sera encore et toujours l’ennemi numéro un de Manchester. Depuis 1995 et les Blackburn Rovers, le titre n’a pas échappé à un club de Londres ou de Manchester. Il n’y a aucune raison que ça change cette saison. Le trio des deux Manchester et de Chelsea semble au-dessus du lot avec Tottenham et Arsenal en outsider plus ou moins sérieux.

Swansea, Newcastle, Liverpool regardent vers le haut

Swansea, révélation l'an passé, Newcastle à l'accent français ou Liverpool à la  recherche de son passé glorieux, vont tenter de brouiller les cartes du championnat d'Angleterre. La colonie française de Newcastle, qui a sauvé sa peau à la toute dernière journée l’an passé, espère un renouveau après une saison cauchemar. L’arrivée de Loïc Rémy va muscler l’attaque de l’équipe d’Alan Pardew. S’il sera difficile de faire pire pour Newcastle, le plus dur commence pour Swansea qui va devoir confirmer sa bonne saison. Sous les ordres de Michael Laudrup, les « Swans » ont gagné la Coupe de la Ligue, joué les trouble-fêtes en tête avant de terminer 9e et développer un jeu « à l’espagnole ». Le buteur Michu est resté (18 réalisations), mais la tâche va être compliquée puisque Swansea sera désormais attendu. Liverpool, lui, est loin de son passé glorieux. La saison dernière a été un calvaire malgré un Suarez de feu (23 buts). Toujours en poste, Brendan Rodgers va devoir rectifier le tir cette saison. Bonne nouvelle pour lui, l’Uruguayen a semble-t-il décidé de rester.