Manuel Pellegrini
Manuel Pellegrini (Manchester City). | PAUL ELLIS / AFP

Man U - Man City : Le bal des débutants

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Fraîchement débarqués à Manchester, David Moyes et Manuel Pellegrini, désormais à la tête des Red Devils et des Citizens, connaitront ce dimanche leur premier derby mancunien (17h). Si les deux mastodontes du foot anglais ne réalisent pas un début de saison flamboyant, l'ancien coach de Malaga, au contraire de son homologue écossais de United, semble déjà avoir réussi à imposer son style et sa patte à City. Pour David Moyes, dont l'arrivée ne faisait déjà pas l'unanimité en mai dernier, l'horizon parait plus brumeux. Explications.

Les derbys mancuniens ont toujours une saveur particulière. C'est, à coup sûr, l'occasion de voir les passions se déchaîner à Manchester et bien au delà : rappelons que si City reste que le club le plus aimé de la ville, United reste le plus soutenu du Royaume. De fait, le choc suscite des attentes énormes, qui bien souvent, sont comblées par des avalanches de buts : sur les quatre dernières saisons, les filets ont tremblé en moyenne quatre fois par match. Historiquement, la balance penche en la faveur des diables rouges avec 67 victoires contre 43 défaites et 50 matchs nuls toutes compétitions confondues. Mais qu'est ce que l'histoire, sinon un refuge pour s'y rassurer ? Car pour la première fois depuis une bonne décennie, Manchester United, après un début de saison décevant et un mercato inabouti, ne part pas favori.

Pellegrini adopté, Moyes critiqué

Comment se faire adopter illico par les tous les fans du club le plus aimé de Manchester ? En déclarant, par exemple :"je sais que la chose la plus importante pour Manchester City est de battre Manchester United. Je suis ici parce que je suis sûr qu'on peut le faire. Je sais comment jouer contre eux". Manuel Pelligrini l'a osé. Le nouveau coach des Skyblues a su titiller la corde sensible. Et le mieux dans tout ça, c'est que son discours ne se repose en aucun cas sur des supputations saugrenues mais sur des faits concrets : "j'ai joué contre eux deux fois en Ligue des champions avec Villarreal. On s'était qualifiés pour les huitièmes et pas Manchester United". Il faut dire que la tactique n'a pas de secret pour celui que l'on surnomme "l'Ingénieur". En fait, c'est lui qui s'adapte aux joueurs, et établit son schéma de jeu selon leurs qualités. L'ancien attaquant du Real Madrid, qu'il a connu à Malaga, confiait d'ailleurs dans l'une de ses chroniques publiées dans le quotidien El Pais :" il ne croit pas au système parfait. Il ne contraint pas le jeu de ses équipes à une seule tactique. Il croit en l’intelligence et à l’application des joueurs au service du jeu. Il considère que le meilleur système est celui dans lequel ses joueurs trouvent un compromis". 

Si Pellegrini fait l'unanimité à City, on ne peut en dire autant sur David Moyes débarqué cet été chez les Diables Rouges. Dès son arrivée en mai dernier, le choix de propulser l'ancien coach d'Everton à la tête du club le plus titré du foot britannique a soulevé de nombreuses questions. Il faut dire que succéder à Sir Alex Ferguson, qui a managé les Red Devils pendant presque 30 ans (de 1986 à 2013), n'est pas tâche aisée. Surtout que "Fergie" hante toujours les couloirs d'Old Trafford, puisqu'il occupe désormais le poste d'ambassadeur du club et est toujours membre du directoire. Le nouveau coach de United est-il la hauteur ? Comme hanté par Sir Alex, Moyes déclarait lors de la défaite de son équipe à Liverpool (0-1 le 1 septembre dernier) qu'il savait "que le début de saison serait difficile" et que perdre arrivait aussi Sir Alex en son temps. Aveu de faiblesse ? 

Mercato galactique VS mercati inabouti

Malgré tout, City et United comptent, à l'aube de ce choc indémodable, le même nombre de points : sept, récoltés en quatre matches. Mais il y a une autre raison qui pourrait nous amener à considérer la supériorité des Citizens : leur effectif. Si Maicon et Tevez ont été vendus au prix fort (18M€ pour les deux), le président emirati Al-Moubarak, pas embêté par les problématiques économiques, a exaucé tous les voeux de Manu Pellegrini : Jesús Navas, le feu follet sévillan débarque pour 18M€, et est rejoint quelques semaines plus tard par son compatriote Negredo (24M€). Sans oublier les onéreux Jovetić (26,5M€) et Fernandinho (35M€). Bref, cet été, le boss des Skyblues a cassé la tirelire pour combler son entraîneur, qui a désormais pléthore de solutions pour composer sa ligne d'attaque (Navas, Jovetic, Nasri, Dzeko, Negredo, Aguero, Fernandinho). Résultat, Manchester City dispose avec Chelsea du plus bel effectif de Premier League, et l'un des plus clinquants en Europe.  

A l'inverse, David Moyes n'a pas pu attirer grand monde. Si Marouane Fellaini, l'ancien milieu d'Everton, constitue un renfort de poids pour les Citizens, les dirigeants mancuniens n'ont jamais pu conclure les arrivées de Fabregas, Thiago Alcantara ou Fabio Coentrao, pourtant ardamment désirés par l'écossais. Si l'état-major de MU a déjà annoncé qu'il repartirait à la charge à l'occasion du mercato d'hiver, le mercato mancunien n'en demeure pas moins inabouti. 

Avec à sa tête un entraîneur plus expérimenté et un recrutement cinq étoiles, les Skyblues partent donc logiquement favoris dans cette confrontation. Mais la logique n'a pas sa place dans le foot. Manuel Pellegrini et David Moyes, qui n'ont remporté aucun trophée majeur en Europe, comptent bien étoffer leur palmarès. Celui qui triomphe dimanche pourra envisager ce dessein plus sereinement. 

Vidéo:  Reds et  Citizens se préparent à l'affrontement

Jean Charbon