Liverpool laisse le champ libre à City

Liverpool laisse le champ libre à City

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Accroché sur la pelouse de Crystal Palace au terme d'un scénario catastrophe lors de la 37e et avant-dernière journée de Premier League (3-3), Liverpool a sûrement fait une croix sur le titre de champion d'Angleterre. Les Reds menaient 3-0 à la 79e minute avant de craquer. Maigre consolation, Luis Suarez est rentré dans l'histoire en marquant son 31e but de la saison. Hôte d'Aston Villa dans deux jours, Manchester City est sur la voie royale pour coiffer une quatrième couronne nationale.

Liverpool ou comment se saborder en huit jours... Alors qu'ils n'avaient égaré que cinq points à domicile depuis le début de saison, les Reds ont laissé Chelsea repartir les poches pleines d'Anfield le dimanche 27 avril. Et ce lundi 5 mai, ils ont abandonné deux unités sur la pelouse de Crystal Palace. Deuxième plus faible attaque de Premier League avec 31 buts inscrits, les Londoniens en ont passé trois à Simon Mignolet en neuf minutes. "On ne peut pas venir ici contre une très bonne équipe, être une menace  comme on l'a été et ensuite défendre comme on l'a fait, a enragé Brendan Rodgers sur la BBC. C'est criminel. C'est évidemment très frustrant et je suis amer." Avant cette fin en eau de boudin, les Scousers semblaient promis à un succès tranquille. Sur un corner de Gerrard, Allen profitait de la 20e passe décisive de son capitaine pour ouvrir le score de la tête (0-1, 18e). Signe que le traumatisme Chelsea n'était pas encore évacué, l'armada rouge peinait à se procurer d'autres réelles occasions tandis que Puncheon et Jedinak mettaient Mignolet à contribution de loin.

Un Suarez historique

Si efficace cette saison, le trio Sturridge, Sterling, Suarez attendaient le retour des vestiaires pour sortir de sa torpeur. "Pendant 75 minutes, on a été incroyables. On a marqué trois fois, on s'est  créé des occasions. C'est notre faute à tous, joueurs, entraîneur. On gagne et  on perd ensemble, on accepte les critiques et on avance, déclarait Rodgers à l'issue de la rencontre. On a inscrit 99 buts,  c'est une réussite phénoménale mais il faut aussi défendre. Sinon ça ne sert à  rien" Speroni repoussait une première frappe enroulée de l'international anglais sur son poteau avant de s'incliner devant lui quelques minutes plus tard (0-2, 53e). Puis un superbe une-deux dans la surface entre Sterling et Suarez donnait à ce dernier l'opportunité de faire trembler les filets du royaume pour la 31e fois cette saison. Fraîchement élu meilleur joueur d'Angleterre, l'avant-centre uruguayen rejoint Alan Shearer et Cristiano Ronaldo au rang des buteurs les plus prolifiques depuis l'instauration d'un championnat à vingt clubs de l'autre côté du Channel. 

Rodgers: "On est dévasté"

A ce moment, Liverpool possède trois points d'avance sur Manchester City, qui recevra Aston Villa dans deux jours avant d'accueillir West Ham dimanche prochain. Ce succès offre aux Reds l'opportunité de mettre les Mancuniens sous pression. Mais il était écrit que rien ne serait simple pour les Liverpuldians cette saison. Une frappe téléguidée lointaine de Delaney (1-3, 79e) venait gripper la belle machine rouge. Deux minutes plus tard, Bolasie s'amusait de Johnson et Gayle de Flanagan pour relancer définitivement les locaux (2-3, 81e). Au lieu de garder le cuir et de laisser passer l'orage, les visiteurs continuaient de se découvrir. Une sortie hasardeuse de Skrtel laissait Gayle esseulé pour un doublé (3-3, 88e). A la recherche d'un titre de champion d'Angleterre depuis 24 ans, Liverpool jetait ses dernières forces dans la bataille. Seul face au but vide, Moses frappait à côté du ballon dans le temps additionnel. Luis Suarez pouvait pleurer à chaudes larmes sous son maillot. "On est leader ce soir, mais on est aussi dévastés.  Manchester City va se détacher et gagner, il n'y plus aucun doute possible", lui répondait son entraîneur en échos. Avant de conclure, déterminé: "L'an passé, on a fini 7e, on est en avance sur le programme. On avance  bien, mais je suis ici pour gagner des titres et je ne renoncerais jamais à cela." 

Jerome Carrere