La Premier League, berceau des mauvais élèves du confinement

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
Moise Kean (Everton) a organisé une soirée chez lui avec des amis, en dépit des règles strictes de confinement édictées par le gouvernement britannique
Moise Kean (Everton) a organisé une soirée chez lui avec des amis, en dépit des règles strictes de confinement édictées par le gouvernement britannique | OLLY GREENWOOD / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Depuis le début du confinement dans l'ensemble de l'Europe, plusieurs footballeurs ont fait les gros titres en ne respectant pas les règles de distanciation sociale. Dernier en date, Moise Kean, l'attaquant italien d'Everton, qui a cru bon d'organiser chez lui une soirée avec des amis. Transgresser le confinement devient une habitude en Premier League...

Lockdown. Voilà le terme anglais consacré pour décrire le confinement en vigueur depuis le 24 mars au Royaume-Uni. Mais depuis cette date et les recommandations édictées par le gouvernement britannique, les joueurs de Premier League semblent être les bonnets d'âne en termes de respect du confinement parmi les footballeurs européens. Lorsqu'un joueur fait les gros titres pour avoir enfreint les règles, la probabilité est forte (voire très forte) de constater qu'il s'agit d'un joueur évoluant dans un club du championnat anglais.

Le dernier en date ? Moise Kean, l'attaquant italien d'Everton, qui a eu la brillante idée d'organiser une soirée chez lui et d'envoyer des photos et vidéos de la sauterie sur un groupe privé de l'application Snapchat, comme l'a révélé le Daily Star ce dimanche. Son âge - il n'a que 20 ans -, en fera peut-être une erreur de jeunesse, mais Kean a tout de même eu l'outrecuidance de noter la mention "Quarantine clean" sur les clichés. Invités à cette house party, plusieurs amis et mannequins. Pour organiser cette fête, l'Italien s'est peut-être inspiré de Kyle Walker, l'arrière droit de Manchester City, épinglé pour avoir convié à son domicile un ami et deux prostituées début avril. Ironie de l'histoire, l'international anglais (48 sélections) avait invité quelques jours plus tôt ses abonnés sur les réseaux sociaux à respecter les règles du confinement.

Wayne Rooney, joueur de champ le plus capé de l'histoire de la sélection anglaise (120 sélections), a également été rappelé à l'ordre début avril, par la police cette fois, pour avoir été aperçu avec sa famille lors d'une balade avec celle de Walker, son voisin. Au début de l'épidémie, alors que le Royaume-Uni n'était pas encore confiné, c'était le milieu de terrain de Chelsea Mason Mount qui était parti à la faute. Le jeune anglais avait été aperçu en train de participer à un match de football alors que les joueurs des Blues devaient respecter quinze jours de quarantaine suite à la contamination de Callum Hudson-Odoi, premier footballeur de Premier League infecté par le coronavirus.

Culture du sensationnalisme

Depuis, le pays compte près de 150 000 cas de contamination et déplore jusque-là plus de 20 000 morts. Mais cela n'empêche pas les joueurs du championnat anglais de ne pas respecter les règles édictées par le gouvernement. Récemment encore, le club d'Arsenal a été épinglé, alors même que son entraîneur Mikel Arteta était le premier cas de coronavirus dans le championnat début mars. Ainsi, David Luiz et Granit Xhaka ont été critiqués pour s'être retrouvés afin d'effectuer une balade ensemble, tout comme Nicolas Pépé qui a été aperçu en train de jouer au football avec des amis dans le nord de Londres ou Alexandre Lacazette qui parlait à un voiturier hors de son domicile.

Alors, les joueurs de Premier League sont-ils réellement des mauvais élèves, ou sont-ils davantage exposés ? Dans un pays où les tabloïds sont omniprésents et regorgent d'informations sensationnelles, les journalistes sont plus enclin à chercher la petite bête si elle existe. Et le fait est que les footballeurs donnent du grain à moudre à ces journaux avides d'histoires de ce type. Comment ne pas faire couler l'encre lorsque même José Mourinho, l'entraîneur de Tottenham sensé donner l'exemple, décide d'organiser un entraînement individuel avec Tanguy Ndombele ? Après les Gunners, les Spurs ont aussi eu droit à leur lot de critiques, après cette session d'entraînement, mais également suite à un petit footing où Ryan Sessegnon et Davinson Sanchez ne respectaient pas la distanciation sociale, tout comme Serge Aurier et Moussa Sissoko qui ont publié des photos de leur séance commune sur les réseaux sociaux.

Des sanctions à venir

Pour ces écarts de conduite, les footballeurs risquent de lourdes sanctions. Kyle Walker est ainsi en attente d'une décision de son club. Jack Grealish, lui, est déjà au courant de ce qu'il devra payer à Aston Villa : une amende de 150 000 livres (167 000 euros) pour avoir provoqué un accident de voiture alors qu'il tentait de rejoindre la maison d'un ami, ne respectant pas le strict confinement imposé par le gouvernement britannique. Suite à cette histoire, le capitaine des Villans s'est confondu en excuses : "Je sais que c'est un moment difficile pour tout le monde en ce moment, d'être enfermé à l'intérieur pendant si longtemps et j'ai juste reçu l'appel d'un ami demandant à aller chez lui - et j'ai stupidement accepté de le faire. (...) J'espère que tout le monde peut accepter mes excuses et que nous pouvons passer à autre chose".

C'est l'un des points communs à toutes ces infractions au règlement : faire amende honorable. Pour l'instant, Moise Kean ne s'est pas prononcé. Son club, Everton, a précise dans un communiqué être "consterné d'apprendre que l'un de ses joueurs est impliqué dans un tel incident et qu'il a ignoré les mesures du gouvernement lors de la crise liée au coronavirus. Le club a fermement exprimé son mécontentement au joueur et lui a fait comprendre qu'un tel comportement était totalement inacceptable." En difficulté depuis son arrivée chez les Toffees en début de saison, cette soirée ne devrait pas aider Moise Kean a conquérir le cœur de ses nouveaux supporters. En ce qui concerne les autres joueurs de Premier League, encore un petit effort, avant de pouvoir rapidement reprendre les entraînements, en respectant cette fois les règles de distanciation sociale.