Everton marche devant Liverpool

Everton marche devant Liverpool

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Faisant fi des départs de David Moyes et de Marouane Fellaini cet été, le club le plus ancien de la cité de la Merseyside réalise une première partie de saison surprenante. Quatrièmes de Premier League, les Toffees devancent même les Reds de Liverpool. Une constante depuis deux saisons.

En Angleterre, les chemins qui mènent à l'Europe sont jonchés de pierres coupantes. Les formations potentiellement capables de se qualifier pour la C1 sont légions, et il suffit parfois d'un faux pas pour voir un "cador" rester sur le carreau. A mi parcours, Tottenham, Manchester United et Liverpool pointent respectivement à la 7e, 6e et 5e place du championnat anglais. Les Reds, qui viennent d'enchaîner deux débâcles face à deux concurrents directs (contre City et Chelsea), ont vu les Toffees d'Everton leur "dérober" la 4e marche européenne, victorieux de Southampton dimanche (2-1). Une tradition déjà vieille de deux ans. 

Une transition parfaitement digérée 

Pourtant, le départ de l'ancien coach d'Everton, David Moyes, pour Manchester United, ne laissait pas nécessairement présager un horizon ensoleillé. Au club depuis 2002, le successeur de Sir Alex Ferguson avait forcé l'admiration de ses homologues en hissant durablement les Toffees dans la première moitié du classement. Ainsi, l'arrivée de Roberto Martinez, coach de Wigan la saison dernière (18e), cristallisait les doutes, malgré une belle côte de popularité en Angleterre. A tort : chez les Latics, l'Espagnol avait lancé dans le grand bain des joueurs tels que Victor Moses, Antonio Valencia et... Leighton Baines, qu'il retrouvait à Everton. Et surtout, malgré la relégation de Wigan à l'issue de la saison 2012-2013, il remportait la FA Cup à la barbe et au nez de City (1-0).

Chez les Toffees, Martinez confirme, et n'est sans doute pas étranger à l'incroyable série de dix matches sans défaite (elle avait pris fin contre Sunderland le 26 décembre dernier). De plus, si Romelu Lukaku a marqué une longue période de disette offensive (524 minutes sans marquer) aussi, c'est lui dimanche, contre Southampton, qui a inscrit le but de la victoire (1-0), portant son total à 9. Sur l'aile, le jeune catalan Deulofeu apporte une petite touche de folie, tandis que la présence de Baines dans l'effectif des Toffees est jugée "indispensable" par Martinez. Quasiment de quoi omettre le départ de Fellaini...

Peuvent-ils tenir ? (et s'imposer comme le premier club de Liverpool)

Pas sûr. Si Everton devance Liverpool au classement final depuis deux saisons, il semble que la donne ait changé. Si les Reds marquent le pas depuis quelques semaines, le talent fou de Luis Suarez, auteur de 19 buts sur les 13 derniers matches, promet de meilleurs jours aux pensionnaires d'Anfield Road. Le retour de Sturridge, absent pendant la période creuse et auteur de 9 buts en 12 matches, aussi. D'ailleurs, si les Reds ont plutôt bien débuté la saison malgré l'absence de Luis Suarez, c'est en grande partie grâce à l'attaquant international anglais. Les Toffees, s'ils ne disposent pas d'un effectif des plus pléthoriques, comptent parmi leurs rangs d'excellents footballeurs. Problème : Lukaku, Delofeu et Gareth Barry n'appartiennent pas au club rival de Liverpool. Quant à Leighton Baines, souhaité plus qu'ardemment par David Moyes, pourrait ne pas résister très longtemps aux sirènes de Manchester United. 

Car là est le plus grand mal d'Everton. En terme de budget, les Toffees ne pourront vraisemblablement jamais, sauf arrivées de nouveaux investisseurs, rivaliser avec les ogres de la Premier League. Si l'argent ne fait pas le bonheur, il a allègrement participé à l'ascension récente - mais fulgurante - de Manchester City, et plus anciennement de Chelsea. 

Jean Charbon