Beckham Angleterre 1
En sélection, Beckham enchaîne les déceptions. A l'Euro 2004, il rate un penalty contre la France, puis un tir au but en quarts contre le Portugal où l'Angleterre s'incline. Au Mondial 2006, il tombe encore aux portes des demi-finales. | HRVOJE POLAN / AFP

Eternels regrets pour l’Angleterre de Beckham et Gerrard

Publié le , modifié le

La retraite de Steven Gerrard clôt une période de 15 ans paradoxale pour la sélection anglaise. La génération dorée, incarnée par David Beckham, Gary Neville, Sol Campbell, Rio Ferdinand, Paul Scholes, Michael Owen, Ashley Cole, Joe Cole et John Terry (tous nés entre 1975 et 1981), n’aura rien gagné mais elle aura marqué l’histoire des Three Lions comme peu d’autres. L’absence de grand gardien, quelques blessures préjudiciables, un excès de nervosité et surtout un manque de réussite incroyable, expliquent cette absence de résultats probants.

Manque de réussite

Cette équipe d’Angleterre n’a pas été vernie par la chance, c’est le moins qu’on puisse écrire. En 1998, lors d’un huitième de finale splendide contre l’Argentine marqué notamment par le superbe but inscrit par Michael Owen (18 ans), l’Angleterre s’inclinera finalement aux tirs au but (2-2, 4-3 tab) alors qu’elle pouvait prétendre à beaucoup mieux. En 2004, les Three Lions s’inclinent en quarts aux tirs au but (6-5) contre le Portugal, pays hôte (avec un Ricardo sans gants qui stoppe les tirs de Beckham et Darius Vassell) . Durant ce match, un but est sévèrement refusé à Sol Campbell pour une charge sur le portier adverse. En 2006, la bête noire lusitanienne sort de nouveau l’Angleterre en quarts de finale (0-0, 3-1 tab), au Mondial allemand : avec ses gants cette fois, Ricardo arrête trois tirs (Lampard, Gerrard et Carragher). Et en 2010, Frank Lampard se voit refuser un but valable (le ballon avait entièrement franchi la ligne) et splendide qui aurait permis aux Anglais de revenir de 0-2 à 2-2 à la pause face à l’Allemagne, finalement victorieuse (4-1).

Excès de nervosité

Lors du fameux huitième de finale de la Coupe du monde 1998 disputé au stade Geoffroy-Guichard face à l’Argentine, les nerfs de David Beckham lâchent après une faute de Diego Simeone. La star anglaise est exclue pour avoir rétorqué par un petit coup de pied (pas violent pourtant) sur son agresseur sous les yeux de l’arbitre qui aurait pu sortir juste un carton jaune. Les Anglais vont jouer la seconde période et toute la prolongation en infériorité numérique, tenant la dragée haute aux Argentins (2-2, score final). Ils succombent seulement aux tirs au but, Paul Ince et David Batty manquant leur tentative. L’Angleterre récidive en 2006 lors d’un quart de finale mondial âpre (et perdu) devant le Portugal (0-0). En deuxième période, Wayne Rooney marche sur le bas-ventre de Ricardo Carvalho : Cristiano Ronaldo encourage l’arbitre à sortir le carton rouge direct à son coéquipier de Manchester United. L’Angleterre tiendra jusqu’aux tirs au but mais s’inclinera finalement 3-1.

Pas de grand gardien

Malheureusement pour elle, la sélection anglaise n’a jamais pu bénéficier de l’apport d’un grand gardien de but durant cette période bénie. David Seaman avait 38 ans en 2002 lorsqu’il a mal jugé le coup-franc de Ronaldinho qui donna la victoire au Brésil (2-1) en quarts de finale de la Coupe du monde. David (Calamity) James a manqué son rendez-vous avec l’histoire en quarts de finale de l’Euro 2004 face au Portugal lorsqu’il a fait moins bien que son alter ego Ricardo en n’arrêtant qu’un seul tir au but dans une série mémorable. Trop inexpérimenté, Paul Robinson n’a pas pesé assez en 2006, tout comme Joe Hart en 2012. Le portier de Manchester City n’a pas su se montrer décisif lors de la séance de tirs au but contre l’Italie en quarts de finale. 

Blessures préjudiciables

Dernier facteur expliquant les déboires de cette génération dorée du football anglais, les blessures. Juste avant la Coupe du monde 2002, Steven Gerrard, alors au top de sa forme, déclare forfait pour un problème à l’aine survenu lors de l’ultime match de la saison de Liverpool. Gary Neville doit également décliner le rendez-vous asiatique pour une blessure au métatarse. Dommage car cette équipe d’Angleterre avait terrassé l’Allemagne (5-1) à Munich quelques mois auparavant. Or la Mannschaft est allée jusqu’en finale du Mondial. Idem en 2004 avec la suspension de Rio Ferdinand, pilier de la défense anglaise, pour ne pas s’être soumis à temps à un contrôle anti-dopage. Le joueur de MU ratera également le Mondial 2010 (ligaments du genou gauche), comme David Beckham (rupture du tendon d’Achille). Frank Lampard manquera l’Euro 2012 pour une blessure à la cuisse.

Grégory Jouin @GregoryJouin