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Yaya Touré. | PAUL ELLIS / AFP

Depuis le Barça, Touré a changé

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Yaya Touré, qui affronte le FC Barcelone avec City ce mercredi soir en 8e de la C1, a bien changé depuis son départ de la Catalogne en 2010. Largement cantonné aux tâches défensives avec les blaugrana, l'Ivoirien est devenu chez les Citizens l'un des milieux de terrain les plus complets au monde.

Lorsque l'hymne de la ligue des champions retentira dans l'arène du Camp Nou, on imagine aisément Yaya Touré habité d'un sentiment de revanche. Avec le FC Barcelone, le triple ballon d'or africain a entretenu une relation quasi passionnelle pendant près de 3 ans (2007-2010), à ceci près qu'elle fût unilatérale. Une sorte d'énième remake de la maxime gainsbourienne :"je t'aime, moi non plus". Alors, en 2010, "Yaya" a décidé d'aller voir ailleurs. Acquis par Manchester City pour 32 millions d'euros, l'international ivoirien a noué avec les Citizens une relation moins forte, mais plus sincère et réciproque. Au sein du club le plus populaire de Manchester, le petit frère de Kolo a pris une dimension colossale. Un rôle prépondérant que le grand FC Barcelone n'a pas été capable de lui offrir.

Des basses oeuvres au spectacle

Pourtant, le Barça croyait en Yaya Touré. Acheté 12 millions d'euros en 2007 à l'AS Monaco, le natif de Bouaké (Côté d'Ivoire) débarquait en Catalogne avec le statut de titulaire en puissance, mais pas indéboulonnable. Pour sa première saison au sein du club catalan, le joueur formé à l'AEC Abidjan doit composer avec la concurrence de Thiago Motta et Edmilson, mais signe une année relativement complète (26 matches en Liga et 9 en C1). L'année suivante, Motta et Edmilson quittent le Barça, mais Seydou Keita, qui débarque du FC Séville, s'annonce comme un candidat sérieux au poste du milieu défensif. De même que Sergio Busquets, déjà à créditer de quelques apparitions dans le groupe pro. Jusqu'à son départ en 2010, Touré signe donc tranquillement sa petite trentaine de matches par saison. Alors, pourquoi y a t-il eu cassure entre l'Ivoirien et le club européen le plus titré du XXIe siècle ? Plus que le temps de jeu, c'est le registre dans lequel Touré évoluait qui est à la genèse de la rupture. Cantonné à un rôle de milieu purement défensif, l'Eléphant jouait le rôle ingrat de l'homme de l'ombre sans pouvoir se projeter allègrement vers l'avant, comme il se l'autorise à City. "Quand j’étais à Barcelone, j’étais surtout quelqu’un qui était là pour tenir le ballon, pour organiser, parce que tout tournait autour de la possession de balle", assurait t-il à la veille du match aller du 8e de C1 contre le Barça (0-2). "Ici (à City, ndlr) j’ai un rôle libre : je peux aller où je veux et faire ce que je veux".  Chez les Skyblues, d'abord sous la houlette de Mancini puis de Pellegrini, Yaya Touré a troqué le costume de "l'ouvrier" pour celui du créateur. Son physique inoxydable allié à ses qualités de passes et de frappes (13 buts en Premier League cette saison) en font un élément indispensable de l'organisation offensive de City. 

Toujours épris du Barça

Avec le recul, en voyant quel genre de monstre est devenu Yaya Touré, le FC Barcelone aurait-il agi différemment ? Probablement pas. En 2010, l'Ivoirien paye l'éclosion de Sergio Busquets, qui s'impose définitivement au poste de milieu défensif du Barça. "Sergio est une très bonne personne mais sans lui, je ne serais pas parti", a t-il admis quelques mois après son départ de Catalogne". L'international espagnol, pur produit de la Masia, colle de toute façon plus au Barça que Touré, lequel est sans doute plus puissant mais (un peu) moins fin techniquement. Et lorsque l'on voit à quel point l'ancien Monégasque a progressé chez les Skyblues, on se dit qu'il a bien fait de rallier la Premier League. 

Mais les premiers amours sont tenaces. "Je retournerai à Barcelone et je le ferai pour jouer, pas en tant que touriste. Partir du Barça a été le moment le plus difficile de ma vie". En attendant, ce mercredi soir, l'ancien Barcelonais aura l'opportunité de rendre jaloux son club de coeur. 

Jean Charbon