Coupés dans leur élan (2/3) : Liverpool, une parfaite reconquête privée d'extase

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Liverpool LDC 2019-2020 défaite vs Atlético au retour des 8e

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Courant après un titre de champion d’Angleterre depuis 30 ans, Liverpool avait tout mis en oeuvre cette saison pour mettre fin à l’anomalie. Rien ne semblait pouvoir arrêter les Reds de Jürgen Klopp en Premier League, auteurs jusqu’au mois de mars de la meilleure saison de l’histoire pour un club anglais en championnat. Mais, voilà, le Covid-19 en a décidé autrement en provoquant l’interruption des compétitions. A l’heure actuelle, la crainte d’une saison nulle n’est pas totalement évacuée.

Seul un cataclysme pouvait les arrêter, et il est arrivé. A seulement deux victoires de s’assurer le titre de champion d’Angleterre, les Reds ont été coupés dans leur élan par la pandémie de Covid-19. Jamais un leader du championnat d’Angleterre n’avait possédé autant d’avance sur son dauphin. Liverpool est aujourd’hui dans l’expectative, suspendu aux lèvres de la Fédération, qui a pour le moment prononcé un report des matches jusqu’au 30 avril. Un nouveau report est probable, et la menace d’une annulation pas encore écartée.

Nouvel épisode inédit dans une légende mouvementée

"Rien n’est comme ailleurs à Liverpool, il s’y passe toujours quelque chose”. Les mots sont de Gérard Houllier. Entraîneur du côté de la Mersey entre 1998 et 2004, celui qui a apporté 5 trophées aux Reds pendant son mandat n’a pas connu la joie d’un titre en championnat. Il n’est pas seul dans ce cas puisqu’aucun des 9 derniers entraîneurs passés sur le banc du club n’a remporté la Premier League. Le dernier titre de champion d’Angleterre de Liverpool remonte à la saison 1989-1990, soit une disette de 30 années.

C’est une vraie anomalie pour ce grand d’Europe, vainqueur de la Ligue des champions en 2019 et bien sûr en 2005, dont l’aura n’a jamais faibli. Le phénomène est d’autant plus remarquable que les Reds ont remporté 16 trophées sur les 30 dernières années, dans toutes les compétitions possibles, sauf une. Les Scousers l’ont pourtant souvent touché du doigt, à cinq reprises exactement. En 1991 sous les ordres de Graeme Souness, en 2002 avec Gérard Houllier, en 2009 avec Rafael Benitez, en 2014 avec Brendan Rodgers et en 2019 avec Jürgen Klopp.

L’année dernière, c’est quand même fou de ne pas être champion avec 97 points et une seule défaite, le tout avec un seul point de retard sur le champion”, insiste Gérard Houllier. En 2014, une défaite à domicile contre Chelsea à trois matches de la fin de la saison avait permis à Manchester City de prendre l’avantage. Ce qui était une disette étonnante pourrait se transformer en malédiction si jamais l’annulation de l’exercice 2019-2020 venait à être prononcée.

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"C'est vrai que l'attente est très forte. Alors que c'est 'a walk at the park', tout s'écroule au moment de passer la ligne d'arrivée (...). Mais, c'est quand même la bonne année", réagit Houllier. Celui qui a coaché les Reds pendant six saisons garde bon espoir. "Des échos que j'ai là-bas, la saison ne sera pas annulée. Ils sont confiants. A un moment donné, ça va repartir. Dans tous les cas, il y aura un consensus pour les déclarer vainqueurs, même s'il n'y a plus de football, comme ce serait le cas pour le PSG", analyse-t-il.

Une crainte infime qui change tout

Jeudi dernier pourtant, Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA, démentait l'idée selon laquelle Liverpool serait sacré champion d'Angleterre en cas d'annulation de la saison. Pour Houllier, le déplacement des dates des compétitions européennes n'a pas été fait en vain et il laissera assez de temps pour boucler la saison de Premier League. Mais du côté du club on ne prend aucun risque. Lee Richardson, un psychologue du sport a été appelé en renfort pour aider les joueurs et le staff à gérer l'anxiété de la situation. Ce dernier les encourage notamment à faire des exercices de respiration.

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Le doute a beau être infime, il n'en reste pas moins présent. En plus de la peur d'être infecté par le virus et de celle de voir ses proches en décéder, les hommes de Jürgen Klopp doivent se tenir prêts pour la reprise de la compétition. En Premier League, les Reds ont encore un déplacement à Manchester City et une réception de Chelsea à assurer. Il faudra rompre avec la dynamique négative née début mars de son élimination surprenante en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre l'Atlético de Madrid et d'une première défaite en Angleterre, cinglante, contre Watford (0-3).

La dernière impression laissée pourrait tacher une saison exceptionnelle. Avant de s'incliner pour la première fois en championnat après 28 matches, Liverpool avait remporté 26 victoires, pour un match nul et aucune défaite (dans la Ligue la plus relevée d'Europe). L'élan irrésistible des Reds est un des plus remarquables (si ce n'est le plus impressionnant) de l'histoire de la Premier League. Il restera, dans tous les cas, gravé dans les mémoires. Encore plus s'il aboutit un titre au crépuscule de l'été...