Claudio Ranieri
Claudio Ranieri | AFP

Claudio Ranieri, l'improbable sacre de l’éternel perdant

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Le titre décroché à la surprise générale par Leicester en Premier League récompense le travail des joueurs, mais aussi et peut-être surtout celui de Claudio Ranieri, qui n’avait encore jamais eu le plaisir de goûter à la joie intense que procure un sacre. Absent des festivités et même introuvable à Leicester lundi, Claudio Ranieri voulait sans doute briser la malédiction qui l’a toujours poursuivi. Fin psychologue, adepte d’un jeu sans fioriture et des schémas classiques comme le 4-4-2, le tacticien italien a souvent été appelé à la rescousse pour relever des équipes en perdition, et souvent, il y parvenait.

Pompier de service

Lorsque le Napoli perd Maradona, c’est lui que l’on appelle pour maintenir le club en haut du tableau, et le club napolitain termine quatrième en 1991, restant Européen. Lorsque la Fiorentina est reléguée, c’est encore Ranieri qui se voit confier la mission de la remontée. Non seulement il remonte dès la première année, mais il remporte la Coupe d’Italie puis la Supercoupe face à Milan, la saison suivante. Et ses talents s’exportent. Après trois défaites d’affilée en début de saison, le FC Valence recrute l’Italien en 1997, et le club termine 9e, puis 4e l’année d’après. Après un échec à l’Atlético, le Romain se relance à Chelsea, alors club moyen de Premier League. 

Claudio Ranieri donne ses instructions devant Arsène Wenger, en quart de finale de C1 (2004)
Claudio Ranieri donne ses instructions devant Arsène Wenger, en quart de finale de C1 (2004)

Deuxième avec Chelsea, la Juve, la Roma et Monaco

Une fois encore, la magie opère, et les Blues terminent deuxièmes et accèdent au dernier carré de la Ligue des Champions en 2004. Il relance également Valence lors de son retour (2004-2005), réussit une nouvelle mission sauvetage à Parme en 2007, ou redonne des couleurs à la Juve, tout juste promue et avec laquelle il finit troisième (2008, puis deuxième de Serie A (2009). S’il réussit presque systématiquement ses objectifs de relance, il ne parvient jamais à atteindre la première place. Cette "malédiction" est encore plus flagrante avec la Roma, qu’il retrouve en septembre 2009, et avec laquelle il va se battre pour décrocher le Graal. Mais l’Inter rafle le Scudetto et bat la Roma en finale de la Coupe d’Italie… En signant à l’Inter en septembre 2011, il pense enfin avoir les moyens de remporter enfin ce titre de champion, mais en vain. L’aventure avec l’AS Monaco le mènera de la L2 à une …. deuxième place en L1, derrière l’intouchable PSG. 

Ranieri salué par ses joueurs à Monaco (2014)
Ranieri salué par ses joueurs à Monaco (2014)

Le sort s’envole à Leicester

Lorsqu’il prend en charge Leicester, après un échec à la tête de l’équipe nationale de Grèce, "le Raymond Poulidor des entraîneurs de football" est persuadé qu’il jouera au mieux les places pour la Ligue Europa, et encore… "Je ne m'attendais pas à cela quand je suis arrivé", a ainsi confié Ranieri après le titre des Foxes. "Je suis un homme pragmatique, je voulais juste gagner match après match et aider mes joueurs à progresser semaine après semaine. Je n'ai jamais trop pensé jusqu'où cela nous emmènerait". 

Claudio Ranieri dirige les Foxes (2016)
Claudio Ranieri dirige les Foxes (2016)

Si souvent passé à côté d’un triomphe, Ranieri a enfin pu découvrir la joie que procure une telle performance. "C'est une sensation tellement incroyable et je suis content pour tout le monde", a-t-il expliqué, mettant comme tout bon manager, ses joueurs en avant. "Les joueurs ont été fantastiques. Leur concentration, leur détermination, leur état d'esprit ont rendu cela possible. Ils se sont battus pour les autres lors de chaque rencontre et j'aime voir cela chez mes joueurs. Ils méritent d'être champions", a estimé l’homme de 64 ans. Comme quoi, la persévérance a du bon.

Romain Bonte