Manuel Pellegrini
Manuel Pellegrini (Manchester City). | PAUL ELLIS / AFP

City : Pellegrini, la rédemption

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Manchester City (1er) n’a besoin que d’un point contre West Ham (12ème) lors de cette dernière journée de la Premier League pour remporter le titre (16h). Liverpool (2ème à 2 points), qui reçoit Newcastle (9ème), est en embuscade en cas d’un faux pas improbable des Citizens, guidés par un Manuel Pellegrini enfin gagnant.

Onze longues années d’attente. En 2003, le manager chilien remportait le championnat argentin de Clôture avec River Plate. Et puis plus rien. Malgré une demi-finale de Ligue des champions en 2006 à la tête de Villareal, le palmarès de Manuel Pellegrini reste désespérément vierge. Nommé à la tête du Real Madrid en 2009 pour guider les stars achetées à prix d’or par Florentino Pérez (Cristiano Ronaldo, Kaka’, Karim Benzema, Xabi Alonso), il échoue face au Barça en Liga, malgré un total de 96 points, et en huitièmes de finale de C1 contre Lyon (0-1, 1-1). Après trois années à Malaga, City l’approche l’été dernier pour succéder à Roberto Mancini.

L’heure de la rédemption. Tout au long de la saison, les Mancuniens ont vu tour à tour Arsenal, Chelsea puis Liverpool dominer le championnat, avant de chuter. Les Sky Blues ont passé seulement onze jours en tête du championnat cette saison. City serait-il donc un champion par défaut, profitant d’une glissade malheureuse de Steven Gerrard ? Pas aussi simple que cela. Pellegrini a su rester calme et digne face aux critiques, qu’elles viennent de la presse, des consultants ou de Jose Mourinho. "Cette saison a été bizarre. Tout le monde faisait de nous le favori, mais nous comptions neuf points de retard sur Liverpool et huit sur Chelsea en mars, rappelle le Chilien en conférence de presse après le succès contre Aston Villa (4-0) mercredi dernier. Gagner le titre est très important mais la manière dont nous le remportons l’est tout autant."

Dzeko, la résurrection

Les statistiques lui donnent raison. Manchester City est seulement la deuxième équipe à inscrire plus de 100 buts en une saison, après le Chelsea de Carlo Ancelotti lors de la saison 2009-2010. "Nous avons un style de jeu attractif, poursuit le Chilien. Je suis très satisfait de remporter le titre de telle manière. L’équipe y a toujours cru." Car Pellegrini a su revitaliser ses joueurs, après la fin de règne tumultueuse de Roberto Mancini. Aleksandar Kolarov, à la peine la saison dernière, est de retour à son meilleur niveau et enchaîne les passes décisives. Il en est à sept, soit le meilleur total pour un défenseur, juste devant son coéquipier Pablo Zabaleta avec six. Et que dire de Yaya Touré. Milieu de terrain complet, l’homme à tout faire du club mancunien a inscrit vingt buts en championnat. Mais l’Ivoirien jouit d’une plus grande popularité dans le cœur des supporters qu’Edin Dzeko.

Arrivé pour 32 millions d’euros en provenance de Wolfsburg, le Bosnien endosse souvent le costume de Super Sub depuis 2011. Enfermé dans ce rôle ingrat, il pense même à partir. Encore plus quand Pellegrini lui préfère Alvaro Negredo, arrivé lui l’été dernier. L’Espagnol marque souvent, mais sa baisse de forme récente permet à Dzeko de retrouver une place de titulaire indiscutable. En 2014, il inscrit 12 buts en 16 titularisations. L’Inter et Dortmund seraient d’ailleurs revenus à la charge. Mais un second titre après celui acquis en 2012 lui tend les bras pour l’instant. Avant un retour de ses concurrents la saison prochaine. "Nous finirons devant City", annonce déjà Sir Bobby Charlton, légende du voisin de United. Pellegrini est prévenu.

Adrien Debargue