Klopp Mourinho
Jürgen Klopp et José Mourinho : comme on se retrouve !... | Javier Soriano - AFP

Chelsea-Liverpool, bancs incandescents

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A l'heure du dessert (13h45) ce samedi, en ouverture de la 11e journée de Premier League anglaise, les Blues londoniens accueillent les Reds de Liverpool. Si, en découvrant le classement, l'affiche n'a rien d'un choc entre leaders (le 15e contre le 9e), le centre d'intérêt portera certainement sur le comportement, en bord de touche, des deux entraîneurs. Sur la sellette, José Mourinho joue très gros ce week-end. Tout juste débarqué chez les Scousers, Jürgen Klopp observe. Pour autant, on ne devrait pas s'ennuyer du côté de Stamford Bridge.

A la recherche impérieuse de points, Chelsea et Liverpool n'ont pas trop le choix ce samedi. Faux pas interdit. A la dérive depuis le début de saison, les Blues ont déjà lâché deux défaites en cinq matches à domicile (contre Crystal Palace 1-2, puis Southampton 1-3), eux longtemps considérés comme imprenables dans leur temple clinquant. Le dérèglement climatique secoue un effectif noyé par les orages successifs et le "Monsieur Météo" de Chelsea, jusqu'alors maître absolu en matière de prévisions au-dessus du ciel londonien, paraît avoir la tête de plus en plus sous l'eau. Selon certains observateurs outre-Manche, José Mourinho est en passe de perdre son poste, en cas de nouveau camouflet contre les Reds. Alerte générale ! Pris à son propre jeu, "The Special One" pourrait servir de fusible. Si, de façade, les joueurs soutiennent toujours le technicien portugais, quelques fissures ont été, depuis cet été, constatées dans le bel édifice bleu. Exemple le plus flagrant : celui d'Eden Hazard, chouchou de Stamford Bridge, mais en pleine tempête actuellement. Au fil des semaines, son image s'est brouillée et le petit jeu de son coach, pompier pyromane à ses heures perdues, ne l'a guère aidé.

Préparez vos mouchoirs !

Critique pour un supposé égoïsme du stratège belge ("Ce n'est pas ce type de joueur prêt à se sacrifier pour l'équipe"), quelques jours plus tôt, le "Mou" a pris sa défense mardi soir, pourtant à l'issue d'une piteuse élimination à Stoke, en League Cup au terme de laquelle Hazard a loupé son tir au but. "Il est notre meilleur tireur de penalty. Le blâmer est bien la dernière chose que je ferais." Ben voyons... Faussement surpris devant la presse qui s'interrogeait sur l'adhésion du groupe à son discours, l'entraîneur a vivement réagi. Et José Mourinho a fait du José Mourinho : "Vous pensez réellement que les joueurs ne sont pas derrière moi ?" Ensuite, il fut parfait dans le rôle de la vierge effarouchée, avant de lâcher sur un ton grandiloquent : "Vous pensez qu'ils n'ont pas tout donné pour gagner la rencontre ? C'est vraiment moche de penser ça. Mais pas pour moi, c'est moche pour les joueurs." Vite, un mouchoir ! La veille du match, en conférence de presse, Klopp s'est fendu d'un commentaire complice concernant son homologue : "Mourinho peut être quelqu'un de très gentil, sauf si vous êtes arbitre ou journaliste !"' Comme un clin d'oeil.

"The Normal One" à Anfield

Tout aussi fondu quand il le veut, Jürgen Klopp est toutefois arrivé le 8 octobre dernier à Liverpool sur la pointe des pieds. Formidable meneur d'hommes, le technicien allemand a prouvé, durant sept saisons au Borussia Dortmund, qu'il pouvait exploiter au mieux le talent des joueurs. En Angleterre, l'ancien patron des Schwarz-Gelben s'est trouvé un surnom : "The Normal One". En totale opposition à son illustre collègue. C'est sympa, mais à peine crédible. Capable de coups de sang les plus déjantés, Klopp est un excellent client pour les tabloïds locaux. Seulement, le barbu se tient à carreau. Même le triste match nul récolté contre Tottenham (0-0) ne l'a pas fait sortir de ses gonds : "Je ne suis pas en colère. Ce n'est pas un résultat de rêve mais ça me va. Je suis même satisfait car j'ai vu beaucoup de bonnes choses. On était agressifs, bons au pressing et en contre-attaques." Une diplomatie de circonstance qui ne devrait pas durer. Même si le nouveau "big boss" des Reds se frotte les mains devant un effectif en devenir qu'il compte bien faire grandir. La "classe biberon", emmenée par Nathaniel Clyne, Jon Flanagan, Cameron Brannagan, Jordon Ibe ou encore le jeune Belge Divock Origi (ex-Lille), a de beaux jours devant elle. Croisera-t-elle de nouveau dans un futur plus ou moins proche José Mourinho ? D'aucuns en doutent...

Nicolas Gettliffe