L'équipe de Liverpool qualifiée pour la finale de Ligue des champions et deuxième de Premier League
L'équipe de Liverpool qualifiée pour la finale de Ligue des champions et deuxième de Premier League | AFP

Argent et culture, les ingrédients de la réussite du foot anglais

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Sur les quatre clubs finalistes des coupes européennes, quatre viennent de Premier League. Reconnu depuis quelques années comme le meilleur du monde, le championnat d'Angleterre qui a couronné dimanche Manchester City, tire cette réussite de ses très fructueux droits, mais pas seulement.

Le football mondial génère de l'argent, beaucoup d'argent. Aujourd'hui, les titres se construisent à l'aide de centaines de millions d'euros. Lors de la période 2019 - 2022, les droits de la Premier League atteignent 4,6 milliards d'euros par saison. En France ou même en Espagne, c'est près de quatre fois moins. La saison passée, le Real Madrid a bien reçu le titre symbolique de club le plus riche du monde avec 750,9 millions d'euros de revenus en grande partie grâce à ses trois titres d'affilée en Ligue des champions. Le Paris Saint-Germain atteint la 6e place de ce classement (541,7) publié par le cabinet Deloitte en janvier. Mais dans le Top 10 des clubs les plus riches du monde, six sont anglais, deux sont espagnols (le Real et le Barça), un est allemand (le Bayern) et le PSG est le seul représentant français.

6 clubs anglais dans le Top 10

Longtemps considéré comme le N.1, Manchester United a généré moins de revenus (666 M€) en raison notamment de résultats sportifs décevants. Sacré depuis dimanche champion d'Angleterre, son voisin et néanmoins rival, Manchester City, occupait la 5e place de ce classement avec 568,4 M€. Liverpool, finaliste de C1 et qui a terminé à un petit point de City, se trouvait en 7e position (513,7 M€). L'autre finaliste de la très lucrative compétition, Tottenham, pointait déjà au 10e rang de ce classement avec 428,3 M€ de revenus, et il est fort à parier que les Spurs auront gagné quelques places lors du prochain décompte. Tous deux finalistes de la Ligue Europa, Chelsea et Arsenal se trouvent aux 8e et 9e rangs des clubs les plus riches du monde avec respectivement 505,7 et 439,2 M€ de revenus.

Ces revenus exorbitants permettent de recruter les joueurs et les entraîneurs les plus chers du marché. Pep Guardiola qui vient de soulever le 26e trophée de sa carrière d'entraîneur n'est pas arrivé Outre-Manche pour le climat… Le Catalan qui possède à présent le troisième palmarès des entraîneurs les plus titrés derrière Jock Stein (28) et Sir Alex Ferguson (49) bénéficie d'un salaire de 19 M de livres par saison (environ 22 M€) !

Des transferts records

L'Allemand Jürgen Klopp Liverpool), l'Argentin Mauricio Pochettino (Tottenham), l'Italien Maurizio Sarri (Chelsea), l'Espagnol Unai Emery (Arsenal), ou dans une autre mesure, le Norvégien Ole Gunnar Solskjaer (Manchester United), tous possèdent des salaires proportionnels à leur réputation. Il en est de même pour les joueurs, recrutés à prix d'or. Auteur d'un but décisif dimanche pour Manchester City, le Français Aymeric Laporte est arrivé en Angleterre pour 65 millions d'euros, faisant de lui le deuxième défenseur le plus cher de l'histoire derrière le Néerlandais Virgil Van Dijk qui avait rejoint… Liverpool pour 84 M€.

Aymeric Laporte champion d'Angleterre avec Manchester City
Aymeric Laporte champion d'Angleterre avec Manchester City © AFP

Tout s'achète donc, même le talent. Mais les supporters du PSG seront les premiers à rappeler qu'il n'y a que les résultats qui comptent. Il reste a encore une part d'incertitude dans le sport. Malgré ses moyens démesurés, le PSG a par exemple été éliminé par Guingamp –futur relégué en L2- en quarts de finale de Coupe de la Ligue. Et son parcours en Ligue des champions (sorti en 8e de finale par MU) a de nouveau déçu, au regard de ses ambitions. Depuis 1956, la Ligue des champions a toujours couronné un club dit "historique", avec une vraie identité et une culture des supporteurs ancrée depuis maintenant plus d'un siècle.

La culture de la gagne

Face à la très grande majorité pour ne pas dire l'intégralité des clubs anglais qui ont été fondés à la fin du XIXe ou au tout début du XXe siècle, le PSG (créé en 1970) fait office de jeunot. La réussite des clubs anglais s'explique aussi par la culture viscéralement ancrée dans le pays du football. Que son équipe évolue parmi l'élite ou dans des championnats régionaux, le supporteur anglais restera fidèle à son club.

Le joueur de West Ham Michail Antonio devant les fans des Hammers
Le joueur de West Ham Michail Antonio devant les fans des Hammers © AFP

Cette indéfectible fidélité a non seulement permis aux clubs d'assurer des revenus réguliers, mais elle a aussi et surtout développé chez les joueurs le sens d'une plus grande responsabilité vis-à-vis de leur club. L'argent explique donc beaucoup la réussite des clubs anglais, mais la culture du club et l'amour du football fait sûrement la différence.