Kyle Walker et Ciro Immobile lors d'Angleterre - Italie en 2015

Angleterre - Italie, destins croisés

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L'Angleterre et l'Italie se défient ce soir à Wembley (21h) en amical. Si les deux nations sont dans des dynamiques différentes (7 matchs sans défaite pour les Anglais, 2 défaites en 3 matchs pour les Italiens), leurs profils n'en restent pas moins similaires sur certains points : sélectionneurs, jeunes joueurs, renouveau tactique... Des destins croisés à une petite différence près : seule l'Angleterre sera présente au Mondial cet été.

Cela faisait trois ans. Trois longues années que l'Angleterre et l'Italie ne s'étaient pas affrontées sur le pré. Leur dernier affrontement remonte à mars 2015 en amical. Un match soldé par un nul 1-1.

Auparavant, leurs trois dernières confrontations dégageaient une tendance : 0-0 lors d'un quart de finale de l'Euro 2012 (victoire des Italiens 4-2 aux tirs aux buts), victoire 2-1 de l'Angleterre en août 2012 lors d'un amical et succès des Azzurri pendant la phase de groupes du Mondial 2014 au Brésil (2-1)... Quand ça devient important, l'Angleterre perd pied. 

Si la formule est peut-être encore d'actualité, un élément majeur doit être pris en compte. Oui, lors de la Coupe du monde en Russie, une seule des deux nations sera au rendez-vous. Et ce n'est pas l'Italie...

Deux sélectionneurs "du cru"

Plaisanterie mise à part, les deux sélections connaissent actuellement des dynamiques différentes (7 matchs sans défaite pour les Anglais, 2 défaites en 3 matchs pour les Italiens) mais n'en demeurent pas moins similaires sur certains points. À commencer par les sélectionneurs. Tous deux issus du cru, Gareth Southgate et Luigi Di Biagio ont beaucoup en commun : quarantenaires, anciens pros... Et surtout un héritage national. L'ancien international anglais a coaché les espoirs (2013-2016) avant de prendre les rênes des Three Lions. Pas illogique donc de l'avoir vu donner sa chance à des joueurs qu'il a biberonnés, comme Jordan Pickford ou Joe Gomez.

Pour Di Biagio - sélectionneur "provisoire" de la Nazionale - le parcours est le même puisqu'il s'est occupé des moins de 20 ans (2012-2013) avant de prendre en charge les espoirs (depuis 2013) et les A.

Beaucoup de jeunes, peu de leaders

Southgate comme Di Biagio composent avec un vivier de jeunes joueurs et finalement très peu de cadres. Joe Hart et ses 75 capes font office de référence pour l'Angleterre. Pourtant, celui-ci est loin d'être assuré d'une place de titulaire au Mondial en raison de la concurrence de Jack Butland, Nick Pope et Jordan Pickford. En novembre 2017 contre l'Allemagne, le sélectionneur anglais avait aligné le 11 le moins expérimenté depuis 1976.

Di Biagio, lui, peut compter sur quelques anciens (Buffon, Bonucci, Parolo). Mais l'effectif demeure assez inexpérimenté et plusieurs jeunes (Donnarumma, Pellegrini, Cutrone) représentent déjà l'avenir de la Nazionale. L'équipe alignée ce soir par l'Italien devrait témoigner de cette cure de jouvence - révolution dans une équipe longtemps composée de vieux briscards.

Des enjeux différents pour les deux sélections

Reste la question de la temporalité. Gareth Southgate et les Three Lions préparent une Coupe du monde qu'ils abordent sans réelle garantie. Leur victoire vendredi contre les Pays-Bas (0-1) peut cependant les rassurer. Une statistique est aussi intéressante : malgré un flou artistique sur le portier titulaire, l'Angleterre a effectué six clean-sheet sur les sept derniers matchs. Forteresse.

Pour l'Italie, une défaite contre l'Angleterre serait significative d'une sortie du Top 20 au classement FIFA. Anecdotique mais symbolique. Sans Mondial à préparer, les Azzurri ont un peu plus de temps pour se reconstruire. L'objectif est désormais clair : l'Euro 2020. La défaite contre l'Argentine (2-0) n'a pas été mal vécue mais le manque de buts marqués (trois sur les sept derniers matchs) est une vraie problématique. Une problématique résolue dès ce soir ?