Amende pour le Rayo Vallecano dont les supporters ont traité Roman Zozulya de 'nazi'

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Roman Zozulya
Roman Zozulya sous les couleurs d'Albacete. | AFP

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Le Rayo Vallecano s'est vu infliger vendredi une amende de 18 000€ par la Fédération espagnole de football. En cause, des chants et insultes proférés à l'encontre du joueur d'Albacete, Roman Zozulya, lors d'un match de deuxième division du 15 décembre dernier. Traité notamment de "nazi", l'Ukrainien avait refusé de revenir sur la pelouse et le match avait été interrompu.

La Fédération espagnole de football a livré son verdict. Le Rayo Vallecano devra s'acquitter d'une amende de 18 000€ à cause de "chants et d'insultes répétés" d'une partie de ses supporters envers Roman Zozulya, attaquant d'Albacete. Le 15 décembre dernier, dans un match opposant les deux équipes de deuxième division, le joueur ukrainien avait notamment été traité de "nazi". La rencontre avait été interrompue à la pause quand les joueurs d'Albacete ont refusé de revenir sur la pelouse pour soutenir leur coéquipier. Cette seconde période se disputera à huis clos à une date ultérieure. C'est l'autre sanction prononcée par la Fédération. A noter que le Rayo devra également jouer deux autres matches à domicile avec une tribune vidée des Bukaneros, les ultras du club.

Maidan sème le brouillard

Dans cette affaire, il faut savoir qu'il y a un précédent entre Zozulya et le public du Nuevo Estadio de Vallecas. En 2017, l'attaquant ukrainien faisait son arrivée officielle en prêt, avant de renoncer quelques heures plus tard, après la mobilisation massive des supporters du Rayo Vallecano. Le même jour, le club accueillait un match de D2 contre Almeria et les tribunes ne chantaient que pour renvoyer la nouvelle recrue dans son ancien club. Les supporters lui reprochaient des liens avec des groupes néonazis en Ukraine, où il a financé "Narodna Armiya", une milice pendant Maidan. Sur ses réseaux sociaux, il avait publié des photos de lui kalachnikov en mains ou encore de Stepan Bandera, ex-dirigeant de l'armée insurrectionnelle ukrainienne et surtout collaborateur du régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Je préfère descendre en Segunda B (D3) plutôt que de voir Zozulya porter notre maillot", racontait à So Foot Angel Dominguez, chef de file des ultras. Le Rayo Vallecano est historiquement marqué par son engagement à gauche. En 2015, les maillots extérieur du club étaient barrés d'une diagonale arc-en-ciel en soutien au mouvement LGBT. Un an plus tôt, les joueurs et l'entraîneur s'étaient mobilisés pour reloger une octogénaire et lui payer son loyer. Mais lors du premier incident avec Zozulya, le président du club, Martin Presa, avait désavoué les actes des supporters. "Les principales valeurs du Rayo sont la tolérance et le respect. Ici, nous jouons au football, indépendamment de l’idéologie, de la religion, de l’orientation sexuelle ou de la couleur de la peau. Seules quelques personnes sont coupables de ce qu’il s’est passé mercredi et elles ne représentent pas les valeurs du Rayo. Ceci n’est pas le Rayo", avait-il dénoncé.

De son côté, Roman Zozulya a répété à plusieurs reprises qu'il n'avait aucun lien avec l'idéologie néonazie. A sa décharge, le mouvement insurrectionnel ukrainien (novembre 2013-octobre 2014) a régulièrement été pointé du doigt par le gouvernement russe depuis Moscou, pour discréditer la révolte. L'intéressé se décrit comme un patriote simplement engagé à "protéger son pays". Le 15 décembre dernier, il a été défendu par ses coéquipiers, qui ont refusé de revenir sur la pelouse (une action qu'on aurait aimé voir dans le cadre de cris racistes). L'international ukrainien, buteur contre la France lors des fameux barrages de novembre 2013, avait été accueilli à Albacete juste après son transfert avorté au Rayo en 2017. Depuis son arrivée au club, il a disputé 86 matches et inscrit 23 buts.